Anthony Joseph & The Spasm Band – « Rubber Orchestras »

antho180Album
(Heavenly Sweetness)
29/08/2011
Soul afrobeat

Le « Bird Head Son » est de retour! Ce surnom, qui collait à la peau d’Anthony Joseph étant gamin, fut aussi le titre de ce disque sorti en 2009, représentant le courant voodoo-funk dans ses meilleures effluves. Ce poète et musicien né en 1966 grandit entre conteurs de légende et carnavals, avant de migrer il y a vingt ans en Grande-Bretagne, terre promise sur laquelle il aura rapidement percé. « Rubber Orchestras » signe une rentrée placée sous une étoile funky et spirituelle.

Pour mieux diffuser sa magie blanche, Anthony Joseph s’y entoure toujours du Spasm Band, un orchestre à géométrie variable qui voit arriver deux nouveaux membres dans ses rangs. Ainsi, le batteur Michel Castellanos et le joueur de congas Oscar Martinez rejoignent les saxophoniste, bassiste et guitariste d’origine, apportant une grosse influence sur la rythmique, cubanisée sur des morceaux comme le carnavalesque « Started Off As A Dancer ». Par comparaison avec l’album précédent, l’artiste prêche plus qu’il ne chante, des paroles inspirées des vers du poète surréaliste Ted Joans, véritable révélation stylistique pour lui. Les instruments se rendent alors service mutuellement pour construire au fur et à mesure une transe shamanique qui prend tout son sens sur scène.

Ainsi, sur « She Is The Sea », les cuivres semblent se lâcher telles le colon d’un pendu, et on sent déjà une liberté évidente chez chaque musicien, décuplant par la même occasion le charisme de son leader dont le phrasé prend du relief sur un « Cobra » évoluant dans la jungle, ou sur un « Griot » très Tony Allen, où les percus occupent une bonne partie de l’espace sonore. Si « Tanty Lynn » est le premier morceau véritablement dansant, cette courte cure afrobeat laisse vite son siège à la soul du langoureux « Bullet In The Rocks » pour viser une fin d’album variée, de la reverb reggae de « Damballah » à « Generations », poème à réciter au coin du feu. Du coup, même si Anthony Joseph impressionne moins que sur « Bird Head Son », l’envie de le voir en live ne descend pas d’un étage durant les 75 minutes de cette nouvelle livraison…

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