Anderson .Paak – ‘Malibu’

Album / Steel Wool – OBE – Art Club / 15.01.2016
Rap – RnB deluxe

Si le retour aux affaires de Dr. Dre l’année dernière avec ‘Compton’ ne restera pas dans les annales, il aura au moins eu le mérite de révéler Anderson .Paak à la face du monde. Et pour ça, on ne remerciera jamais assez le producteur californien. Car Anderson .Paak est désormais un nom avec lequel il faudra compter. Deux albums sous le patronyme Breezy Lovejoy en 2012, un premier disque en tant qu’Anderson .Paak en 2014 (‘Venice’), et aujourd’hui ce ‘Malibu’ parfaitement dosé, qui surfe sur les collaborations et les succès engrangés l’année dernière par le chanteur, rappeur, batteur et producteur. Une réputation qui lui a permis de s’entourer de musiciens et beatmakers de renom pour cet album d’ores et déjà promis à un avenir radieux. Jugez plutôt : Pino Palladino à la basse, Robert Glasper au clavier, Madlib, DJ Khalil, 9th Wonder, Hi-Tek ou encore Kaytranada. Et que dire des featurings, savamment distillés (seulement six invités sur seize titres) parmi lesquels The Game, Schoolboy Q et Talib Kweli… Aucun doute, Anderson .Paak est un homme de goût et un artiste avec un grand A.

‘Malibu’ est ainsi un formidable voyage au cœur de la ‘great black music’, un melting-pot génial de soul, de R’n’B, de funk, de jazz et de rap, et rappelle par moments l’immense ‘To Pimp A Butterfly‘ sorti par Kendrick Lamar l’année dernière. A la manière de Frank Ocean, mais avec un timbre plus proche de celui de James Brown, .Paak chante souvent (belle entrée en matière que ‘The Bird’), même s’il fait parler plus d’une fois son excellent flow sur l’album. Et alors qu’on évolue plutôt ici entre nu soul inspirée de D’Angelo, Maxwell ou Bilal, et soul à l’ancienne façon Raphael Saadiq (‘Put Me Thru’, ‘Celebrate’), .Paak se montre également à l’aise quand il s’agit d’enflammer le dancefloor (‘Am I Wrong’ et la production ultra cool du Canadien Pomo, ‘Lite Weight’). Les love songs sensuelles dans la plus pure tradition nu soul sont également de la partie et menée avec l’aisance d’un vieux briscard du circuit (‘Water Fall’, ‘Silicon Valley’). Enfin les morceaux de bravoure sont légion, dans la veine jazz rap (‘Heart Don’t Stand A Chance’, ‘Room In Here’ avec un couplet inspiré de The Game) ou en mode diptyque aventureux (‘The Season/Carry Me’). C’est sur un ultime chant d’espoir sans doute inspiré de son parcours tortueux et semé d’embûches (‘Dreamer’, efficace avec son message universel) qu’Anderson .Paak referme ‘Malibu’, sorti en ce début d’année comme une belle promesse de joie, d’ivresse et d’amour. Et à moins que Kendrick Lamar dégaine un album surprise ou que Frank Ocean publie enfin le successeur de ‘Channel Orange’, on tient là ni plus ni moins que l’album rap/R’n’B de l’année.

‘The Bird’, ‘The Season/Carry Me’, ‘Am I Wrong’, ‘Room In Here’

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