And So I Watch You From Afar – ‘Heirs’

Album / Sargent House / 04.05.2015
Math rock

Le math rock protéiné, si cher à And So I Watch You From Afar, est chasse gardée. Ses concitoyens de Adebisi Shank en savent quelque chose, eux qui ont bien tenté de l’égaler (copier?) en vain sur leur troisième album, avant de finalement jeter l’éponge l’an dernier. Au sein de la Perfide Albion, pas question donc pour le combo irlandais de céder son trône, même si l’inégal ‘All Hail Bright Futures’ – accouché alors que les obstacles se succédaient – voyait perler autant d’espoir que de doutes. Mais deux ans sont passés, et les choses sont manifestement rentrées dans l’ordre: avec un second guitariste retrouvé en la personne de Nial Kennedy, Heirs’ renoue avec un savoir faire inchangé qui, d’un coup de baguette magique, gomme systématiquement son côté prévisible par une énorme efficacité sans cesse soulignée par une production au poil. Sûr de ses acquis (‘People Not Sleeping’, ‘A Beacon, A Compass, An Anchor’), plus à l’aise avec ses récentes envies d’incorporer chant/choeurs et nouvelles sonorités à sa musique (‘Run Home’, ‘Animal Ghosts’), plus confiant dans la nouvelle direction qu’il s’est fixée (‘Wasps’), And So I Watch You From Afar ne laisse plus apparaitre autant de failles qu’en 2013. Ainsi, quand il drague la pop sur un ‘Redesign a Million Times’ chanté et tubesque, ou qu’il opte pour les terrains accidentés du post rock (‘Heirs’), le combo garde le cap, touche du doigt une diversité qu’il devra encore améliorer à l’avenir, tout en soignant l’identité qu’il s’est forgée jusqu’à ce quatrième album jamais hors sujet. Alors, quand ces irlandais décident aussi, avec ‘These Secret Kings I Know’ et ‘Fucking Lifer’, de sonner l’heure d’une bonne bamboule électrique, on ne peut que les encourager à creuser encore un peu plus le sillon qu’ils ont en grande partie tracé.

‘Run Home’, ‘Wasps’, ‘Redesign a Million Times’, ‘Animal Ghosts’

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