And So I Watch You From Afar – « All Hail Bright Futures »

andso180Album
(Sargent House)
18/03/2013
Math pop métallique

Des centaines de concerts donnés à travers le Monde depuis huit ans, Tony Wright parti pour mener son aventure en solo, un label qui ferme ses portes, et voilà qu’on croyait les Irlandais de And So I Watch You From Afar condamnés. Que dalle! Comme imperturbables, c’est à trois qu’ils se sont attelés à l’enregistrement de « All Hail Bright Futures », premier album pour le compte de Sargent House, maison plutôt familière pour qui affectionne l’indie rock d’ordinaire capilo-tracté.

Malgré ce que les premières écoutes de cette première salve pourraient laisser penser, autant de changements ont quand même peut être un peu ébranlé l’édifice. Parce que si ce troisième opus, frappé d’une production rouleau-compresseur, fait tout de suite forte impression, il est bien aidé par ses titres les plus efficaces minutieusement placés en début de course. Pas bêtes les mecs, sauf que le procédé est du genre grillé. Ainsi, l’intro « Eunoia » vite zappée, And So I Watch You From Afar déballe généreusement des arguments fonctionnant à merveille. Bien posé sur une rythmique en béton, des riffs supersoniques, et un refrain chanté d’une redoutable efficacité, « Big Thinks Do Remarkable » se dresse alors tel un hymne indiquant la voie à suivre.

Pourtant, seule la cavalcade math rock « Like a Mouse » et plus tard « Rats On Rock » – tous deux dans un genre bien différent – prendront finalement le relais. Quant au reste, rien y fera: ni une instrumentation enrichie (la trompette de « Ambulance », le xylophone du titre éponyme, le mélodica de « Mend And Make Safe »…), ni quelques incursions électroniques. « All Hail Bright Futures » s’enfonce alors dans la volonté du groupe d’afficher un visage plus lumineux et festif (les funky « Ka Ba Ta Bo Da Ka ») qu’il s’en va chercher jusque dans des tournures pop et des influences lointaines, comme en attestent la couleur tropicale dominante de « Rats On Rock » ainsi que « The Stay Golden » orné de cuivres et de sonorités latines.

Plutôt que de mettre de l’eau dans son vin, And So I Watch You From Afar a donc carrément opté pour le rhum. Chaleur, bonne humeur et convivialité règnent donc logiquement tout au long de ce nouvel album puissamment mélodique qui, s’il ouvre indéniablement de nouvelles perspectives aux Irlandais, risque de sérieusement décontenancer ceux qui ne juraient que par « Gangs » ou le premier opus éponyme. Pari risqué, mais pari pris pour ouvrir une nouvelle ère.

itunes26

En écoute intégrale

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire