Amon Tobin – « Taxidermia »

Taxidermia[EP]
01/01/2008
(Autoproduit/Digital)

A film barré, glauque, trash, extrême et répugnant, bande originale sombre et complexe. Le premier d’abord, qui retrace la vie de trois personnages issus de trois générations et époques différentes: un grand père, un père et un fils, parmi lesquels un officier coureur de jupons, un sportif de premier plan en quête de succès, et un obsédé de l’immortalité, maître en taxidermie, cet art qui consiste à empailler les animaux.

Le décor de Taxidermia bien planté, quel autre petit génie qu’Amon Tobin pouvait coller à telle ambiance? Aucun, d’autant plus que le canadien n’avait déjà pas manqué de souligner ses dons d’illustrateur sonore avec « Splinter Cell Chaos Theory« , bande originale du célèbre jeu console. C’est donc avec succès qu’il réédite ici, d’autant plus qu’un tel choix musical aux consonances futuristes ne promettait aucune garantie à une équipe réalisatrice usant de cette approche cinématographique quelque peu vieille école, consistant à jouer sur la récurrence des thèmes dans des contextes guidés par le narrateur. L’osmose se fait pourtant et, seul, extirpé des images, ce mini album (neuf titres pour vingt minutes), né pendant la session d’enregistrement du dernier et excellent « Foley Room« , s’écoute plutôt bien et sonnera familier aux oreilles des éternels adeptes d’Amon Tobin, habitués à ces profondeurs oppressantes à la froideur métallique (« Taxidermia »). On reconnaîtra d’ailleurs quelques points communs avec l’album (notamment sur « Bath Scene », version longue de « Here Comes The Moon Man » paru sur le Ep « Bloodstone »), bien planqués au sein de quelques titres inédits et composés tout spécialement pour le film (« Blood, Sweat & More Blood », l’excellent « Run »). Un petit bonus croustillant pour compléter une discographie déjà très passionnante.

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