Alt-J (∆) – « An Awesome Wave »

alt180Album
(Infectious/Pias)
28/05/2012
Avantpoptronica

Il faut remonter en 2007, à Leeds en Angleterre, pour retrouver trace des origines de Alt-J (∆), quand Joe Newman (guitare/chant) jouait ses morceaux à Gwil Stainsbury (guitare/basse) qui les enregistrait, puis que Thom Green (batterie) et Gus Unger-Hamilton (claviers) se sont immédiatement laissés convaincre de rejoindre l’aventure. D’abord connus sous le nom de Films avant que les punks californiens de The Films leur mettent le grappin dessus, ils ont alors opté pour Alt-J, appellation qui leur convient mieux du fait qu’il soit la clé Mac du signe Delta, lui même équation signifiant le changement.

Si cela parait quelque peu compliqué sur le papier, tout ne manque pas de s’éclaircir dès que tourne sur la platine ce fameux « An Awesome Wave », premier album à la fois très accessible, sophistiqué, original et personnel. Une autre équation qui, vous en conviendrez, se fait rare à l’étape du premier opus, et qui permet à Alt-J (∆) de voir son nom rattaché à ceux de Radiohead, The XX ou Anthony & The Johsons chez quelques uns des critiques touchés par tant de talent.

Logique tant ce qui frappe à l’écoute de « An Awesome Wave » est la juste mesure et l’infinie délicatesse avec lesquelles ces anglais convoquent mélodies, groove, et expérimentations pour donner naissance à un registre avant pop et folktronica (« MS »), lorgnant parfois vers le trip hop (« Intro »), draguant ici ou là les sonorités world (« Dissolve Me », « Taro »), et aux allures familières sans vraiment s’enticher de comparaisons évidentes. C’est incontestablement de cette mixture aussi riche que personnelle que le quatuor tire toute sa fraicheur, marquante de bout en bout de l’album, flagrante sur les véritables prouesses que sont « Tessellate », « Breezeblocks » et « Something Good ».

Et pour parfaire sa réussite, jamais Alt-J (∆) ne tombe dans cette foutue surenchère parfois rencontrée chez de jeunes groupes désireux d’en mettre plein la vue, de se démarquer à tout prix. Non, ici, entre deux perles et sans jamais égratigner la cohérence de l’album, les Anglais se fendent de magnifiques accalmies, touchantes dans leur plus simple appareil (« Matilda »), qui finissent de compléter une palette musicale définitivement aguicheuse et prometteuse. Si Alt-J (∆) voulait marquer 2012, il a bien réussi son coup.

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