Allo Darlin – « Allo Darlin »

allo180Album
(Fortuna Pop)
07/06/2010
Twee-pop

Le retour de la Twee-pop? Encore un vieux fantasme de scribouillard histoire de pondre un dossier 90′s? Pourtant, avec l’émergence de nombre de formations désireuses de tâter du tambourin et la (relative) exposition d’un groupe tel The Pain Of Being Pure At Heart, il semblerait qu’il se repasse enfin quelque chose au pays de Belle and Sebastian. Oh, rien de grave, que du léger et du sucré, tellement inoffensif même de prime abord, que cela peut friser en apparence l’inconsistant: c’est ce premier constat que l’on pourrait faire à l’écoute distancée de cet introductif album éponyme, après une série de eps plaisants. En dépit de cela, comme chez Camera Obscura ou, sur un mode plus mineur, Bishop Allen, il faut faire confiance à la force de ces mélodies fines comme des brindilles mais résistantes comme des roseaux, pliant sans jamais se casser. Ainsi, la séduction se fait sur la durée, dans la découverte d’une densité invisible au simple coup d’œil. Persévérance semble donc être le leitmotiv qui guidera notre écoute, faisant fi de « Dreaming », mise-en-bouche peu rassurante sous la forme d’un duo mixte entre Elizabeth Morris, petite souris poppy en provenance d’Australie et d’un certain Monster Bobby, apprenti crooner à l’inquiétant timbre vocal, rappelant celui peu supportable de Mathias Malzieu. Dire que les choses commencent mal résume assez bien l’affaire, pour tout dire. À choisir, autant craquer sur l’autre (pour le coup magnifique) duo clôturant le disque « What Will Be Will Be » et son clin d’œil à la chanteuse Doris. Passé ce premier contact un peu maladroit, l’album prend son rythme de croisière: soit celui d’un voilier plus que d’un hors-bord, naviguant tout en douceur au gré des vents, prenant régulièrement le temps de faire certaines escales au sein d’îlots ensoleillés baignant dans des humeurs tout droit héritées des 60′s (« Kiss Your Lips »). Si l’omniprésence du ukulélé accentue cette impression de farniente caraïbéenne à la sauce british (« Hearbeat Chilli »), la rondeur des mélodies développées par la section rythmique rappelle l’époque de quelques girls-groups montés de toute pièce par des blancs désireux de sonner comme des noirs, le sexe en moins, la bienséance en plus, et amenant ponctuellement Allo Darlin’ sur le terrain de la blue-eyed soul, en atteste le charmant « If Loneliness Was Art ». Sans conséquence mais éminemment sympathique le tracklisting file avec malice, les chansons s’imbriquant les unes aux autres avec une belle fluidité, occasionnant à l’album une bienvenue homogénéité. À cela, s’ajoute aux rayons des atouts un sens de la formule et du bon mot renforçant encore plus l’impression de fraîcheur se dégageant de chacune de ces mignardises musicales. Ayant malgré cela, sans doute peu de chance de se retrouver au sein de top de fin d’année, il convient de saluer honnêtement la réussite de cet album au final plus enthousiasmant qu’il ne le laissait augurer au départ. Nous pensions être dans l’anecdotique, et nous voilà dans l’additif. Une jolie surprise donc.

Disponible sur
itunes13

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