Allah-Las – « Allah-Las »

allah180Album
(Innovative Leisure)
29/10/2012
Garage pop

Il arrive à chacun d’entre nous de revivre une scène, ou plutôt d’avoir l’impression de l’avoir déjà vécue. Cette sensation que nous nommons communément « déjà vu » prend alors corps avec notre esprit: est-ce un passé qui revient ou un futur qui s’entreprend? Cette question, c’est un peu celle que pose Allah-Las.

Ces quatre jeunes gens se sont rencontrés dans un disquaire de L.A, le célèbre Amoeba Music. Très vite, la guitare les démange. Alors ils grattent un petit peu, beaucoup, jusqu’à se former au son d’une époque. Plus qu’une simple coquetterie, le lieu de leur de rencontre a son importance. Car c’est sans doute dans les recoins étroits de ce disquaire, dans les rayons « rock sixties », qu’il faut chercher l’explication à leur musique. A n’en pas douter, il y a du Kinks et du Byrds dans cette manière unique de faire rimer l’été avec la mélancolie.

Il faut dire que leur premier album, sobrement intitulé « Allah-Las », possède déjà l’ambition et la majesté pour transformer les mauvaises brumes automnales en jolies plages ensoleillées. Comme si le monde moderne n’avait su les apprivoiser. Comme s’il était encore possible, dans un monde en crise, de s’éloigner des terres torturées pour réenchanter l’ordinaire. Et ce n’est pas la production rétro de Nick Waterhouse qui dira le contraire: ce premier opus est un voyage gracieux en terres pop, de 1962 à nos jours.

Se gardant constamment de toute mièvrerie, Allah-Las s’autorise même par instants (« Sacred Sands » et « Ela Navega ») des envolées lyriques où les mots se substituent aux guitares cristallines. Focalisé sur l’essentiel, on reconnaît, parfois de loin, cet amour qu’on les Strange Boys pour ces rythmes à la fougue adolescente, ceux qui tabassent autant qu’ils caressent. De fait, sous ses aspects inoffensifs, le disque cache une véritable sauvagerie, un côté urbain très spontané et, en même temps, très réfléchi. Où comment éviter de prendre la légèreté à la légère.

A entendre ce premier album, on est d’emblée émerveillé par la splendeur lyrique de cette garage-pop, née sous le soleil californien mais rêvée dans ses caves crades et humides. Sans jamais l’avoir aperçu, seulement écouté, on peut d’ores et déjà affirmer qu’Allah-Las va devenir un de ces groupes avec lesquels il faudra compter.

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