Al Haca – « Family Business »

Family Business[Album]
07/07/2007
(Metapolyp/Digital)

La nature est quand même bien faite. Il y a quelques mois, on vous disait qu’on aimerait bien en savoir davantage sur le rappeur RQM dont les apparitions suffisaient à illuminer l’album des Allemands de Tolcha. Et voilà qu’on reçoit le nouvel effort du collectif Al Haca dont fait activement partie le MC polonais

Formé autour de Lukasz Polowczyk (a.k.a RQM) et du producteur Daniel Krämer (a.k.a Cee, ou Rasda lorsqu’il joue dans Tolcha), Al Haca démarra sous la forme d’un sound system pour abreuver les villes d’Allemagne en dub, hip hop, soul et dancehall, à l’image du Wild Bunch de Bristol qui donna naissance à Massive Attack. Difficile d’ailleurs de ne pas comparer les deux formations à l’écoute de ce mini LP qui rappelle plus d’une fois le fameux « Blues Lines » du posse anglais

Le morceau/titre démarre les hostilités avec un hip hop poppy collégial qui ne dépareillerait pas dans un show des Puppetmastaz. Al Haca y a en effet convié des membres qui participent de près ou de loin au sound system à pousser la chansonnette à leurs côtés. Seul le producteur Stereotyp (au catalogue de labels comme G-Stone ou Klein) risque d’avoir croisé le chemin de vos esgourdes, mais les noms de MC Coppa, Sandra Kurzweil, Hubert Tubbs (autrefois membre du mythique funk band américain Tower Of Power) ou Vera Böhnisch a.k.a L’Enfant Terrible sont tous de respectables piliers de l’underground viennois et berlinois. Ca nous donne donc un morceau hybride, efficace et finalement assez grand public. Pas le meilleur de l’album pour autant..

On lui préfère le coquin « Banana Split (feat. Coppa et FEFE) » et son refrain ultra sexy en espagnol. Ce hip hop booty sérieusement ralenti à la ganja trouvera assurément sa place sur les dance floors les plus moites de la planète. Un morceau à jouer très fort si vous voulez donner des idées à la voisine du dessus… Surtout que la suite de l’album ne vous laisse pas en plan avec le funky « Baby Blue (feat. Oliver Grimball) » digne d’un Tricky en chaleur… Aïe, aïe, aïe

RQM calme les ardeurs seul au micro sur un « Earth » écologique qui sonne un peu comme du Sensational allégé, et donc en conséquence plus abordable. Que ceux qui aimeront ce titre fassent ensuite l’effort d’écouter les albums du New-yorkais, certes plus rugueux, mais absolument indispensables

« Citrus (feat Oliver Grimball) » et « Dial Zero (feat. Oliver Grimball, Sandra Kurzweil, Hubert Tubbs & Patrizia Ferrara) adoucissent le tempo et partent dans une soul dubbée pas désagréable mais pas révolutionnaire non plus pour qui a suivi l’évolution de la scène autrichienne (Kruder & Co)

On termine avec le spoken dub langoureux de « Cryptonite (feat. Cesar Sampson) », là encore quelque part entre Tricky et les expérimentations sonores de Spectre et Sensational

Déjà repéré par Coldcut ou Gilles Peterson, Al Haca a clairement le potentiel pour s’imposer comme un acteur majeur de la scène internationale indépendante. On espère néanmoins qu’ils creuseront surtout les pistes les plus remuantes de leur musique, pour lesquelles ils semblent les plus inspirés. On attend la suite avec impatience, notamment un album solo de RQM, annoncé pour l’année à venir..

NB : Ce mini-LP n’est disponible que sur les plateformes de téléchargement légal. Seul « Citrus (feat Oliver Grimball) » bénéficiera d’une sortie physique limitée à un 7 » sur le label Traktor/Soul Seduction

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