Akrobatik – « Absolute Value »

Absolute Value[Album]
18/02/2008
(Fat Beats/Import)

Si la notoriété d’Akrobatik a connu un indéniable bond en avant avec la sortie, en 2000 chez Rawkus, du remarqué « Internet Mc’s », on aurait tort de résumer à ce maxi la carrière déjà conséquente d’un pilier de la scène indépendante bostonienne. En effet, celui qui parvint à faire rimer « legs » et « .jpeg’s » a plus d’une corde à son arc: d’abord réputé pour ses prestations en battles, cet animateur radio qui tourna un temps en première partie d’Eminem et de A Tribe Called Quest est l’auteur d’une flopée de maxis restés plus ou moins confidentiels et d’un premier album, « Balance », sorti en 2000 sur son ancien label Coup d’Etat. Après un an de travail, une récente signature sur Fat Beats Records et la commercialisation du premier long format de son groupe The Perceptionists (aux côtés de dj Fakts One et de l’emblématique Mr Lif), Jared Bridgeman est donc de retour avec ce « Absolute Value », un deuxième album un tantinet scolaire et qui, comme le précédent, fait la part belle aux productions en tout genre

Le temps d’un tracklisting aux antipodes des clichés que s’évertuent à perpétuer une bonne partie de ses condisciples, Akro poursuit sa route dans une démarche presque désuète où conscience politique et valeurs positives trouvent encore à s’exprimer. Pas de quoi s’étonner, donc, de retrouver le vétéran Chuck D s’exprimer à propos des conséquences de l’esclavage et de l’ouragan Katrina (« Kindred »), pas plus que de la présence d’un Talib Kweli visiblement inspiré par la production du regretté J Dilla (« Put Ya Stamp On It »). Mais passés les textes, l’impact de la voix puissante, et le flow du bien nommé Akrobatik, ce sont les productions qui retiennent immédiatement l’attention. Etonnant par la cohérence qui s’en dégage, malgré la présence de neuf producteurs pour quatorze morceaux, l’album alterne entre les beats d’un classicisme parfois ennuyeux (« Absolute Value » et sa boucle de piano qui n’en finit plus de tourner) et des prises de risques plus salutaires à mettre au crédit des nouvelles têtes. Particulièrement réussis, les morceaux « Black Hell Breaks Loose » de Therapy et « Step It Up » de Hezekiah convoquent orgues et clarinettes en comparaison desquels les basses timorées d’un 9th Wonder en service minimum peinent à exister (« Be Prepared » feat. Little Brother). Et si la vaine tentative de Fakts One sur Beast Mode (feat. Mr Lif) rappelle un peu trop le minimalisme d’un mauvais Neptunes, on se consolera avec des titres comme « Rain » dans un registre soul ou encore « A To The K », du même Illmind, qui bénéficie de la présence furtive mais toujours agréable de B-Real

Ajoutez à ça une pincée de beatbox (« AK B. Nimble ») et des riffs de guitare sèche qui pourraient valoir à Akro une plainte pour plagiat (s’il n’était l’auteur du « Remind My Soul » sorti cinq ans plus tôt) et vous obtenez, malgré tout, un album agréable à écouter. Ni révolutionnaire, ni entièrement tourné vers le passé, « Absolute Value » brasse les genres et les influences avec plus ou moins de succès mais sans jamais relâcher l’attention de son auditeur. Une homogénéité et une technique de MCing qu’il convient de saluer, tout comme la démarche du bonhomme

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