Aiwa – « Remixed Volume One »

Remixed Volume One[Album]
01/05/2007
(Wikkid/Fairplay/Sed)

Ils sont playlistés sur la BBC, chroniqués dans la presse « sérieuse » d’Outre-manche (The Guardian, The Independant, Observer Music Monthly…), signés sur un label canadien depuis 2002 (Wikkid Records), distribués dans une vingtaine de pays, ont accueilli Tricky ou Jamalski (moins exceptionnel, déjà…) sur un titre et sont… français

Pourtant, Aïwa n’a guère fait de vague par ici. On a bien déjà lu le nom de ce collectif rennais par ci par là sur des affiches de festivals, entendu leurs disques à droite à gauche, on les a même vus sur scène à leurs débuts, mais on était loin de soupçonner leur vitalité internationale. Nul n’est prophète en son pays, c’est connu

Au mieux, les plus attentifs auront remarqué que Loon, leur chanteuse à la jolie voix nasillarde (façon chanteuse de Lamb), avait fait des apparitions sur disque ou sur scène aux cotés de Sayag Jazz Machine et Idem. Mais sinon, il faut bien dire que beaucoup considéraient jusque-là Aïwa comme une sorte de Asian Dub Foundation local. Ou du moins appartenant à la nébuleuse « Asian Beat » dans laquelle on englobait un peu abusivement tous les groupes qui mélangeaient musique électronique et influences orientales (au sens large), et qui sonnaient donc exotiques à nos oreilles occidentales. C’est d’ailleurs somme toute assez irrespectueux pour les différences fondamentales qui doivent exister entre les musiques traditionnelles du Pakistan, de l’Inde, du Moyen-Orient ou du Maghreb… Je ne suis pas certain que tout le monde apprécierait si un journaleux à 3000 km d’ici « créait » un mouvement musical qui ne ferait aucune distinction entre bourrée auvergnate, chant tyrolien et polyphonies corses. Bref, je m’égare

Sans être un parfait inconnu non plus, Aïwa surprend donc tout de même son monde en annonçant la sortie de deux disques de remixes de « Elnar », son second album paru l’an dernier. Les groupes se livrant à ce genre d’exercices se débrouillent généralement pour avoir quelques grosses pointures dans les rangs des remixeurs. Ce n’est même pas vraiment le cas ici, en tout cas pas pour ce premier volume. Hormis Transglobal Underground, qui fut le précurseur de cette tendance Asian Beat aux côtés des furieux de Fun Da Mental, et le Dj Cheb I Sabbah (qui fut entre autres collaborateur du jazzman Don Cherry), les autres praticiens sont tous issus du cercle des intimes du groupe ou au catalogue du label canadien Winnipeg Balanced. Remarquez bien qu’ils n’en sont pas moins bons pour autant. Au contraire, on est même assez déçu de la relecture de Transglobal Underground, assez plate, ou du moins très loin de ce qu’ils ont pu faire par le passé. Cheb I Sabbah s’en sort un peu mieux. Sa relecture de « Dioud » devrait faire danser les ventres sur tout bon dancefloor qui se respecte..

On accroche pas mal à la version bien frappée de « Entronic » du rennais Dj Marrrtin, à la bonne humeur contagieuse qu’apporte Solidaze à « Madness (feat. Jamalski) » ou à l’illbient de « Pharagonescia » par Rise Ashen qui nous rappelle un peu les angoisses de Badawi. Dans l’ensemble, pas de mauvais titres, mais pas de tueries renversantes non plus. Il faut dire qu’on a un peu fait le tour de la question depuis une petite dizaine d’années maintenant..

A l’heure d’une crise du disque sans précédent, on peut s’interroger sur la pertinence (économique) de sortir deux disques de remixes d’un groupe pas très connu, par des groupes souvent encore moins réputés, dans un style légèrement passé de mode… Qui a dit « pessimiste »? Faîtes-moi plutôt mentir!

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