Aghostino – « Collarbones Full Of Cocoons »

Collarbones Full Of Cocoons[Album]
01/10/2007
(Les Disques Du Hangar 221/Autoproduit)

Non, ne partez pas, le mauvais goût d’Aghostino s’arrête seulement à la pochette de son premier album. Pas à dire, les lorrains ont fait fort et il aura fallu un certain flair pour que ce disque ne se retrouve pas cruellement dernier de la pile. Car on aurait manqué quelque chose, ce qui sera sûrement une des plus belles découvertes que la scène (très) indé française aura proposé cette année. Il faut dire que ces quatre garçons très inspirés ne sont pas les premiers venus, leurs expériences passées au sein de Capseed, Beeswax et Drain Pump Booster semblant clairement porter leurs fruits. De là, les rockeurs ayant souvent ratissé la scène noise française d’il y a une poignée d’années devineront sans doute de quel univers Aghostino défend les couleurs. Que les autres sachent qu’il leur faudra porter une certaine affection pour les Fugazi, Shellac, Girls Against Boys, June Of 44, At The Drive In, Shipping News ou Quicksand s’ils veulent que ce « Collarbones Full Of Cocoon » laisse échapper toute sa saveur. En effet, deux basses, une guitare, une batterie et deux voix alignent les mélodies dans un registre rock, à la fois tendu et noisy, pour un résultat dont la comparaison avec quelques grands pontes du genre ne devra pas faire rougir le combo. Car le moins que l’on puisse dire est qu’Aghostino frappe avec une précision chirurgicale, gratte sans retenu et chante, en lead comme en choeur, le plus justement et harmonieusement possible. Et cela tout au long de titres qui n’hésitent pas à traîner sur la longueur.Pour preuve, les quarante minutes de cet opus se répartissent sur six titres seulement, mais avec tellement de rebondissements que l’écoute n’en est que plus passionnante. Si le tracklisting est beaucoup plus court que les influences qui l’ont fait naître, on ne dégagera volontairement aucun morceau tant ce « Collarbones Full Of Cocoons » sonne très homogène bien qu’il pioche autant dans la noise que le post hardcore, le punk ou l’émo. L’expérience paye, et c’est ainsi plus qu’un groupe, mais toute une scène, qui se retrouve soudainement à gravir une marche. Chapeau bas et foutue pochette

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