AG – « Get Dirty Radio »

Get Dirty Radio[Album]
31/10/2006
(Groove Attack/2 Good)

Il doit y avoir des gens inadaptés au succès. C’est en tout cas ce qu’on pourrait penser lorsqu’on voit avec quelle détermination la reconnaissance commerciale s’entête parfois à bouder certains artistes

Prenez A.G, rappeur depuis le début des 90’s. Ce type a bossé avec le gratin du hip hop US depuis 15 ans, que ce soit au sein du duo qu’il formait avec Show(biz), avec son crew Diggin’ In The Crates (D.I.T.C), ou lors de featurings divers. Diamond D, Big Pun, KRS One, Dilated Peoples, Handsome Boy Modeling School, Ghostface Killah, Dj Premier, Method Man, Roc Raida ou Fat Joe, parmi d’autres, ont tous travaillé avec le rappeur du Bronx. La presse a d’ailleurs été plutôt enthousiaste à l’égard de ses disques, et pourtant, bizarrement, Andre The Giant, comme il se fait aussi appeler, n’a jamais vraiment connu le statut de star de ses pairs. Niveau ventes de disques, on imagine que A.G n’a jamais non plus trop fait péter les scores..

C’est donc d’autant plus remarquable de sa part de revenir ainsi à la charge, sans rien sacrifier à la qualité de son travail. Beaucoup auraient simplement ramolli les beats, invité une simili chanteuse à poser un refrain caoutchouteux, et se seraient assis sur une étique vieille de 15 ans. Ca serait mal connaître A.G qui préfère suivre sa voie et faire ce qu’il maîtrise le mieux : bouffer le micro sur des productions exigeantes

Il a donc demandé à ses potes de toujours, Lord Finesse et Show, de lui pondre quelques beats bien fat à l’ancienne (« We Don’t Care », « The Struggle »). Mais il a aussi convié le nec plus ultra des producteurs du hip hop indépendant d’aujourd’hui, dont l’incontournable Madlib et son frangin Oh No, le regretté J-Dilla, Dj Design et Jake One. Le micro passe aussi entre les mains du jeune prodige de Stones Throw, Aloe Blacc, ainsi que l’impressionnant Party Arty (Ghetto Dwellas) et la toute jeune Lil’Roze

Je vous vois venir. Vous allez me dire qu’avec une telle compagnie, même moi, j’aurais pu enregistrer un album correct. Je suis flatté, mais c’est peut-être un peu me surestimer. Je le prends quand même comme un compliment, allez! Mais avouons que A.G s’y prend beaucoup mieux que vous ou moi (enfin, vous, je sais pas, mais moi, c’est sûr!) pour glisser ses lyrics sur les prods de ses potes, qu’elles soient jazzy (« Who Dat ? »), funky (« Frozen »), west coast (« If I Wanna Die »), soulful (« Love ») ou oppressantes (« Hip Hop Quotable »)

Peut-être pas non plus du grand art révolutionnaire, mais de l’artisanat fait avec amour et savoir-faire. On ne voit par conséquent pas pourquoi A.G vendrait plus de « Get Dirty Radio » que de ses autres albums. S’il suffisait de faire un bon album pour en vendre, ça se saurait. Maintenant, si vous n’avez rien contre un bon disque de rap ricain, faut pas non plus vous priver..

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