Afx – « Chosen Lords »

Chosen Lords[Album]
12/04/2006
(Rephlex/La Baleine)

Bien qu’unanimement considéré comme un des personnages incontournables de la scène électronique mondiale, Aphex Twin aka Afx s’est plutôt fait oublier ces derniers temps. D’ailleurs, quand on regarde un peu en arrière, le bonhomme n’avait pas daigné nous gratifier d’un nouvel album depuis le décevant « Druqs » sorti en 2001, mais surtout de rien de vraiment excitant depuis presque dix ans. Quand même.Pourtant, il n’a pas chomé, notamment en travaillant sur sa longue série de Eps intitulée « Analord » se déclinant sur onze volumes pour une quarantaine de titres au total, uniquement sortis au format vinyl sur son propre label Rephlex fondé il y a maintenant treize ans, pour le plus grand bonheur de ses fans les plus férus, souvent mélomanes et accrocs du mange disque. Ce long travail n’aura d’ailleurs fait que renforcer son statut d’artiste avant-gardiste et pionnier de toute une génération qu’il souligne avec cette nouvelle galette

À la première écoute de ce « Chosen Lords », sélection choisie de la série, Afx ne procure pas la même impression que lors de ses précédents opus. Bien qu’on y trouve une certaine incohérence, comme si les titres avaient peu à voir les uns avec les autres, tous représentatifs des différentes périodes et sonorités de sa carrière longue d’aujourd’hui quinze ans: « Fenix Funk 5 » et « Reunion 2 » s’inscrivent clairement dans le registre Afx, « Boxing Day » et « Cilonen » rappellent les débuts d’Aphex Twin, tandis que « Pitcard » renvoie à Polygon Window, autre de ses projets sorti sur Warp dans les années 90. Ce n’est donc qu’en se plongeant pleinement dans cette dizaine de morceaux, en répétant les écoutes, que ce surdoué des machines parvient une nouvelle fois à bluffer son auditoire et rappeler qu’il est bel et bien toujours là, loin d’être largué. « Chosen Lords » apparaît alors comme une sorte de piqûre de rappel, comme un bilan, comme un revival du bon vieux temps, emmené par des mélodies toujours aussi complexes et imprévisibles mais définitivement efficaces et accrocheuses, et des beats taquinant le groove pour une ambiance générale que l’on qualifierait volontiers de post acid. Aphex Twin se fait incisif, cinglant, bruitiste, et multiplie les lignes de basse, sortes de bouées de sauvetage mal ancrées violemment remuées par des vagues sonores successives

Certes, « Chosen Lords » ne fera pas figure de surprise à proprement dit puisqu’il ne marque pas une véritable évolution par rapport aux multiples précédents efforts de son géniteur schizophrène. Il a pourtant l’énorme pouvoir de rassurer sur la forme créative et artistique de Richard D.James de son vrai nom qui, finalement, occupe toujours insolemment l’un des quelques rares trônes réservés aux grands de la musique électronique. Qui a dit d’ailleurs qu’il ne s’y passait plus rien?

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