Aesop Rock – « Music For Earthworms »

Music For Earthworms[Album]
01/01/1997
(Autoproduit/Autoproduit)

Bien avant qu’Aesop Rock ne squatte au plus haut les charts du hip hop indépendant et l’estime de ses adeptes, il a donné naissance à quelques productions autoproduites qui l’ont mené jusqu’à son rang actuel. « Music For Earthworms » est une de celles là. Simple Cdr, cet opus nous éclaire un peu plus sur les origines artistiques de ce Mc hors du commun et nous fait comprendre tout l’intérêt que des labels comme Def Jux ou Mush lui ont porté ou lui portent aujourd’hui

« Abandon All Hope » ouvre cet album sur sa voix déjà nasillarde. Certes le beat et la qualité de la version n’ont plus grand chose à voir avec ses productions actuelles mais on ressent déjà cette volonté de se démarquer et cette vision d’un hip hop différent. Les ambiances sont sombres et déprimantes, limite glaciales. Le beat reste l’élément le plus important et le reste n’est que petit plus. Le manque de maturité logique se fait ressentir sur la version de « The Substance » tandis que le flow possède toujours autant d’intérêt, « Merit » marque un rejet quasi total des clichés du hip hop de l’époque (Aesop donne naissance ici à une version sans véritable repère rythmique et très épurée). C’est véritablement à l’écoute de « 88.9 FM Nightrain » que l’on ressent l’évident talent du Mc qui ne demande qu’à s’exprimer. La version toujours minimaliste est d’une qualité indéniable tout comme le chant qui s’y colle merveilleusement. Plus tard, « Coward Of The Year » (feat Percee-P) est du même acabit et se voit même enrichi d’un refrain au chant féminin apportant un minimum vital d’humanité au sein de cet univers froid et mâle. Sur la fin, nous retiendrons « Plastic Soldiers » à la musicalité plus fournie que ses prédécesseurs ainsi que le sublime assaut final qu’est « Troubled Water », annonciateur d’une suite qui ne pouvait décevoir

Une production qui bien que très difficile à obtenir, reste une étape sûrement indispensable à l’évolution artistique d’Aesop Rock. Alors qu’en cette année 1997, nous étions loin d’imaginer ce que le hip hop pouvait nous réserver comme surprise, l’homme chauffait déjà le mic avec un hip hop en marge sans réelle différence d’approche par rapport à ce qui peut nous faire vibrer aujourd’hui. Même si nous n’en doutions pas, ce « Music For Earthworms » ne fait que prouver que l’ami Aesop a pris l’anticonformisme hip hop à sa source..

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