Adebisi Shank – ‘This Is The Third Album Of a Band Called Adebisi Shank’

Album / Sargent House / 11.08.2014
Math rock electro

Deux premiers albums avaient suffi à Adebisi Shank pour signifier sa montée en puissance. Désormais parmi les plus dignes représentants du math rock européen, les irlandais passent un nouveau cap en se logeant sous la coupe de l’influent Sargent House qui lui va finalement parfaitement au teint, le label comptant déjà dans ses rangs Tera Melos, Fang Island, ou And So I Watch You From Afar, tous trois grands adeptes du chaos musical parfaitement contrôlé. Orné d’un titre des plus prévisibles au regard de sa discographie, ce nouvel album voit le trio faire, au mieux un pas en avant, au pire un pas sur le côté.

En effet, toujours bien boulonné sur une base euphorique et robotique au fort pouvoir dansant, Adebisi Shank déballe encore plus sa grande maîtrise technique, et l’affuble – à tort comme à raison suivant les morceaux – d’épais arrangements de synthés, comme d’effets guitaristiques pouvant parfois gâcher la fête. C’est ce qui ressort des premières écoutes de cette nouvelle salve s’inscrivant néanmoins dans la suite logique des précédents efforts: la voix vocodée apparaît désormais plus régulièrement, les compositions se font plus denses, plus électroniques encore, poussent parfois jusqu’à l’extase lorsqu’elles s’appuient sur des refrains fédérateurs, tandis que le groupe ne rechigne toujours pas à libérer l’énergie qu’il sait si bien communiquer en live.

Mais, alors que le tout fonctionne parfaitement à diverses reprises (‘World In Harmony’, ‘Big Unit’, et ‘Voodoo Vision’, sans conteste les trois plus belles réussites de ce disque), Adebisi Shank ne peut éviter de tomber dans son propre piège en s’aventurant sur des chemins boueux, là où il use et abuse de ses nouveaux jouets. Pourtant porté par sa jolie mélodie, ‘Turnaround’ cède sous le poids de ses sonorités rappelant l’époque Game Boy, les cuivres jazz-funk finissent de faire déborder ‘Mazel Tov’ de mauvais goût, alors que ‘Sensation’ et ‘Chaos Emeralds’ flirtent définitivement plus avec la dance des années 90 qu’avec le rock gentiment cérébral que le trio avait l’habitude de nous servir. Certes, Adebisi Shank dégueule d’inspiration, exécute parfaitement un registre très personnel qu’il entérine ici pour de bon. Néanmoins, cette troisième performance – parce que c’en est une – pourrait vite se révéler plus indigeste que les précédentes.

aecouterenpriorite

‘World In Harmony’, ‘Big Unit’, ‘Voodoo Vision’

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