Adam Kesher – « Challenging Nature »

Adam Kesher – « Challenging Nature »

adam180Album
(Disque Primeur)
30/08/2010
Post punk disco

L’été 2010 marque le retour d’Adam Kesher, combo bordelais auteur il y a deux ans du prometteur « Heading for the Hills« . Il était évident que, depuis ce premier album, le groupe prolongerait la résurrection de l’electro-pop nourrie aux synthétiseurs vieux de deux décennies. Le nouveau né,  »Challenging Nature », confirme que les tribulations acidulées n’ont pas été mises au placard.

Dès les premières secondes de « Hundred Years Later », les dés sont jetés: l’album réactualisera les 80’s et sera dancefloor. Le problème est qu’Adam Kesher joue le pastiche parfois jusqu’au bout, et se contente de remettre au goût du jour les poncifs de l’époque, à coups de refrains assurés sur des beats frénétiques, et des basses rondes et groovies. Si nous avions encore le souvenir d’un groupe lorgnant vers le post-punk, il s’avère que les bordelais semblent avoir ici ou là choisi le revers disco de la médaille. Dans le lot, « Gravy Train » s’en sort en revanche particulièrement bien, remémorant certaines pépites oubliées des studios Compass Point. Entêtant, entrainant et irrésistible, ce titre fera probablement un malheur, même chez les plus déprimés. Sauf que la suite ne sera pas du même acabit: Adam Kesher y met de côté ce renouveau post-punk caribéen pour renouer avec une pop FM qui, sans plaisanterie de mauvais goût, n’est pas sans rappeler Talk Talk.

Ainsi, difficile de ne pas ressentir un peu de déception à l’écoute de ce nouvel album. Plus encore quand on a gardé en mémoire l’énergie rock et le bouillonnement brouillon du premier opus qui laissait augurer d’une suite explosive, entre incantations shoegaze, gimmicks post-punk et clash électroniques. Il n’en sera rien, Adam Kesher ayant visiblement privilégié une route vers des horizons dansants (et commerciaux?) plutôt que la poursuite de leurs velléités brutes de décoffrage initiales. Mais, avant de rendre un jugement définitif et trop brutal, attendons de croiser le groupe sur scène: l’overdose synthétique pourrait bien se transformer en machine à danser, laissant ce nouveau virage trouver sa justification.

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itunes17