Action Dead Mouse – « Revenge Of Doormats & Coasters »

action180Album
(Greed)
14/09/2009

Actuellement, la mafia noise spaghetti est une des plus réjouissantes, et les sorties retentissantes des albums de Three Second Kiss, Aucan ou autres Io Monade Stanca en attestent largement. Un autre groupe italien s’inscrit dans la lignée de ses glorieux prédécesseurs: Action Dead Mouse, trio de Bologne ayant soudoyé le violoniste de My Awesome Mixtape pour donner plus d’ampleur à ses compositions tumultueuses. Tumultueuses, c’est aussi de cette manière que nous pourrions qualifier les références généreusement attribuées par leur label Greed Recordings, de Battles à Foals, en passant par Shellac ou encore Do Make Say Think. Rien que ça. La question étant donc de savoir si ce deuxième album valait autant de louanges… Plusieurs écoutes plus tard, la sanction tombe: assurément, l’ouvrage fait d’ADM un groupe à suivre. Au-delà de la précision des arrangements (son côté redondant), Action Dead Mouse convainc par la spontaneité de ses compositions. La batterie virevolte du premier temps au dernier morceau et porte à elle-seule un maëlstrom de sonorités, largement fournies par un violon hystérique alternant incisions au scalpel et envolées atmosphériques, une guitare souvent usée pour ses boucles haletantes, une basse discrète mais solide, sans oublier les trompettes, paradoxalement salvatrices par leur légèreté. Les douze chapitres de ce deuxième tome surprennent même par la large palette des directions explorées, et il n’est pas rare que des hurlements saignants soient suivis d’instants d’un calme inquiétant. La curiosité des italiens déborde également du simple domaine musical puisqu’on note quelques attirances pour l’art contemporain et le cinéma: le nom du groupe vient de la théorie de l’infini renouvellement de l’art de Joseph Beuys, tandis que l’album s’ouvre par « Tom Cruise Told Me Dan Savio Is Not Dead » – Dan Savio étant un des nombreux pseudonymes d’Ennio Morricone, éminent compositeur italien. Peu étonnant au regard des chemins cinématographiques que peut parfois prendre le son d’Action Dead Mouse, plus proche de nos groupes hexagonaux que les références d’outre-Atlantique déjà citées. C’est ainsi que reviennent certaines voix de Fordamage, certaines fêlures de Room 204 (vive Nantes, décidément) et certaines envolées ambitieuses de DLGZ: des comparaisons peut-être moins glorieuses que celles servies par le label, mais plus spontanées, humaines et sincères. « Revenge Of Doormats And Coasters » est donc un album certes difficilement appréciable à la première écoute mais qui, une fois bien assimilé, laisse éclater quelques pépites sonores et soniques. A mettre dans toutes les mains.

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