A Place To Bury Strangers – ‘Transfixiation’

Album / Dead Oceans / 16.02.2015
Mur du son shoegaze

Le rock’n’roll, ce n’est pas sorcier. Il faut que ça reste simple et que ça balance grave!‘. Bien que naïve, la pensée philosophique du jour, offerte par le bassiste de A Place To Bury Strangers, Dion Lunadon, résume à merveille la démarche des New-Yorkais pour mettre en boîte ce quatrième album. Après deux années passées à tourner dans tous les sens (suite à la sortie de ‘Worship’ en 2012) et un split évité de justesse lors du retour au bercail suite à la grosse fatigue de leur songwriter, Oliver Ackerman, le groupe a ressenti ce besoin vital de revenir à l’essentiel. Plus question de se noyer dans des détails de production, fini de se faire chier à triturer des potards pendant 15 jours pour trouver le bon son de reverb’!

Pour mettre en place les pièces du puzzle ‘Transfixiation’, APTBS a donc décidé de se laisser guider par la spontanéité, l’énergie et l’instinct. Résultat: un album brut, au son poisseux, également marqué par une volonté de recherche poussée jusqu’à l’expérimental. D’un côté, cette démarche directe et entière met à nu des compositions très post-punk, au son caverneux, sous influence cold-wave (‘Supermaster’, ‘What We Don’t See’,‘Now It’s Over’). De l’autre, elle permet au groupe, lors de ses envolées shoegaze, d’ériger à coups de pédales d’effets sur-trafiquées d’incroyables murs du son ultra-cradingues. Et d’ouvrir grand les portes de l’enfer noise. Si au 21e siècle, Television avait enregistré un album expérimental au fond d’un tunnel désaffecté du métro de la Big Apple, avec un ingénieur du son mutant shooté au crack, je me dis que ça aurait pu ressembler à ça.

A mi-parcours, sur le lent et monumental ‘Deeper’, APTBS ose même une incursion en territoire indus. Quant à l’ultime bourre-pif qui vient clore l’album, l’incompréhensible ‘I Will Die’, on se demande si cette bouillie post-garage au son lo-fi poussée à l’extrême (pire qu’un vinyle rayé diffusé via un transistor mal réglé) ne traduirait pas une pulsion de mort inconsciente ou un penchant certain pour l’auto-destruction… A moins que, lassé de traîner la réputation de groupe rock le plus bruyant de New-York, A Place To Bury Strangers ait simplement décidé de devenir le groupe rock le plus bruitiste de la ville?

‘Straight’, ‘Deeper’, ‘Fill The Void’

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