69 – « Novo Rock »

69180Album
(Idwet)
03/03/2010
Pop insolite

Pour celles et ceux qui se souviennent de Sloy – trio incontournable de la scène indie française des années 90 – la voix fantasque, le jeu de guitare charismatique d’Armand Gonzales et la basse de Virginie Peitavi résonnent encore dans les têtes. De retour sous le nom de 69, c’est ensemble qu’ils évoluent pour réinventer un rock synthétique et analogique qu’ils rodent quelques temps sur scène jusqu’à le fixer sur « Novo Rock »: un ovni inclassable et inventif entre pop, garage et expérimentations sonores. A coups de boites à rythmes vintages, de sonorités de guitares originales, appuyées par un travail de voix aussi exaltantes que fortes de propositions, « Novo Rock » nous propose un univers minimal qui, passé le cap de la surprise, nous fait lever nos fesses et dépoussiérer la boule a facettes. En effet, bien que souffrant parfois d’un côté linéaire, les titres de ce premier album parviennent à surprendre (la chorale d’enfants sur le titre d’ouverture), se révèlent souvent très efficaces (« Rock’n’ Latex », « Dominatrix », « No More Musix ») grâce aux multiples trouvailles musicales, aux arrangements bien sentis, ou aux mélodies imparables soulignées par le duo. Et même si l’on y reconnaît parfois ce qui faisait l’originalité de Sloy, que les influences de Devo, Talking Heads et The Cramps se font sentir, les deux protagonistes ne tombent pas dans le piège de la répétition ou du mimétisme, mais utilisent plutôt au mieux leur potentiel créatif singulier et sans limites, déjà largement prouvé autrefois, et ici mis en relief par la production de Teo Mannani. Ainsi, « Novo Rock » n’est pas un disque que l’on qualifiera de « facile » mais mérite que l’on s’y attarde tant 69 joue sur le déséquilibre, et défriche avec brio un territoire d’innovations sans concessions. Que ce soit sur scène ou sur disque, ces deux là n’ont certainement pas fini de nous retourner avec leur pop insolite et drôlement tordue.

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