Discodeine – ‘Swimmer’

Album / D-i-r-t-y / 21.10.2013
Pop cocktail

Quoiqu’il ait été dit ou écrit au moment de sa sortie, le premier Discodéine est un classique. Loin d’être anachronique deux ans après, son écoute reste euphorique. Projet hédoniste, machine à danser, mariage idoine entre l’italo-disco, computer funk et pop, le duo décline musicalement toutes les sensations liées à la fête, de l’emphase à la redescente du petit matin. Surtout, Pilooski et Pentile sont d’incroyables producteurs dont les compositions s’assimilent à de vrais travaux d’architecture. Les deux français peaufinent chaque détail avec zèle et quelle que soit la pièce – instrumentale, informatique ou vocale – sa place se définit au millimètre près.

‘Swimmer’ poursuit le chantier amorcé par son prédécesseur. D’ailleurs, dès les premières pulsations de ‘Seabox’, la patte du duo est immédiatement reconnaissable. Sa fascination pour les textures reste intacte. De l’appréhension du beat à l’introduction des voix, l’association avec le premier opus est limpide, d’autant que les tubes ne sont pas absents, comme l’atteste ‘Aydin’ taillé autour de la voix de Kevin Parker. Les réminiscences sont telles que Discodeine semble parfois citer ses propres thèmes (‘Sip Sow’). Néanmoins, sa facette club se ressent moins sur cette nouvelle proposition. Plus subtil, cet album joue volontairement sur la progression mélodique, sans tomber dans la surenchère de l’explosion rythmique.

Par ailleurs, le tandem poursuit sa quête de l’épure. Parfois limité à quelques éléments, les compositions gagnent en espace, en ampleur et paradoxalement, en densité. Dans ce profond dépouillement, Discodeine touche d’autres émotions, mouvant dans une direction clairement plus mélancolique. Obnubilé par les images, le binôme tend à certains moments vers une écriture picturale (‘Hydraa’, ‘Shades of Cyan’). L’autre différence majeure réside dans la narration de l’album. Alors que ‘Discodeine’ accumulait les invités, ‘Swimmer’ se restreint aux seuls Mark Kerr et Parker. Le résultat se traduit par un opus moins morcelé, plus homogène et mieux écrit.

‘Aydin’, ‘Hydraa’, ‘Plum Blossom’

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