31 Knots – « Worried Well »

Worried Well[Album]
25/06/2008
(Polyvinyl/La Baleine)

Bien lancé sur son rythme d’un album par an, 31 Knots revient nous faire sa piqûre annuelle alors qu’on se remet seulement maintenant de l’excellent « The Days & Nights Of Everything Anywhere« , aussi fort et atypique que Fugazi en des temps déjà trop éloignés. Normal, puisque comme le groupe de Washington DC, il a cette faculté à suivre son propre chemin sans se préoccuper des modes, ni se faire influencer par ce qui l’entoure, notamment cette scène rock indépendante déstabilisée depuis qu’on vient y piocher les dernières rock stars. Inévitablement, 31 Knots n’y a plus aucun équivalent, si tant est qu’il en ait déjà eu

« Worried Well », son nouvel album, prend d’ailleurs un malin plaisir à le rappeler en alignant une nouvelle fois douze titres intenses, appliqués, incroyablement variés, rythmés par de multiples rebondissements renforçant une inspiration que l’on savait déjà profonde. C’est d’ailleurs ce à quoi l’on assiste sur « Certificate » qui passe d’un redoublement des guitares à de simples notes de piano, ou sur l’excellent « Strange Kicks » alternant choeurs, riffs, claquements de mains, et piano maboule: deux exemples parmi tant d’autres (« Worried But Not Well ») ou le groupe s’amuse à marier diverses idées rythmiques et ambiances au sein d’un même morceau, sans jamais que le résultat ne sonne décousu. L’approche générale rappelle même les premiers pas du groupe, ceux de l’époque « Curse Of The Longest Day » en 2004, quand le groove arbitrait déjà par nécessité les contrastes et effaçait les longueurs. Ce qui ne veut pas dire que 31 Knots fait marche arrière ou a fait le tour de sa question. Bien au contraire puisque, conformément à ce qu’on pouvait attendre de lui, « Worried Well » a ce goût de nouveauté et d’intrigue amené par l’équation groove/complexité à multiples inconnues qui fait que l’imprévisible et l’incompréhensible deviennent finalement évidents (« The Breaks », « Opaque », « Upping The Mandate »)

Et que ceux qui concluraient trop rapidement à une redite du passé s’attendent aussi à l’apparition de quelques cuivres, à de légers soupçons électro pop (« Take Away This Landscape »). Une nouvelle fois, 31 Knots s’amuse donc avec une insolente facilité à mêler et démêler les ficelles du rock, à nous en faire la démonstration, sans pourtant daigner nous laisser le mode d’emploi. Celui-ci reste toujours enterré quelque part, certainement dans un jardin de la banlieue de Portland, ne laissant aucune chance pour qu’il soit dévoilé un jour… Comme tous les secrets de grands maîtres..

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