On y était! Retour sur Microfilm à Glazart (Paris) le 27 septembre 2012

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Au fil des ans, Microfilm est devenu un fleuron du post rock français. Le type de groupe auquel on pense instantanément lorsqu’on se pose la question de la pertinence d’un tel style aujourd’hui. D’album en album, les poitevins n’ont eu cesse de creuser leur sillon, de laisser leur empreinte, de marquer un genre qui se mord la queue depuis longtemps. S’il reste classique dans la forme, le combo n’en est pas moins magnifique dans l’exécution. C’est là toute sa finesse: savoir jouer avec précision des montées et descentes qui font les caractéristiques du genre, tout en évitant de tomber dans l’écueil propre à ces vendeurs de chagrin, faciles et désolants, qu’on ramasse aujourd’hui à la pelle.

Triste mais réservé, mélancolique mais classe, sensible mais distant, Microfilm joue une musique digne, garde la tête haute, et ne verse jamais dans les excès. Pas de larmoyances, de cris inutiles, de laides gesticulations, juste une musique fluide et évidente, simple en apparence bien qu’elle se place totalement en opposition d’une certaine facilité. Irradiante de lumière, elle transperce, met à nu des émotions d’autant plus renforcées par ce qui fait l’identité du groupe: ces samples de films qui se posent sur ses longues tirades. Pourtant, si cela fait mouche sur disque, on regrettera parfois leur manque de discernement sur scène ou, même s’ils sont soutenus par des vidéos projetées derrière les musiciens, ils sont couverts par les instruments. Néanmoins, Microfilm se révèle resplendissant, joue de sa puissance poussant le plus souvent les amplis dans le rouge. Avec deux guitaristes sur les ailes, un bassiste en avant-centre, le batteur sur la base défensive, et un type au violoncelle/synthé, le set pue la classe et la maîtrise. Seul véritable regret, l’absence sur la set list de morceaux extraits de « Stereodrama », superbe album paru en 2007 mis de côté au profit des deux plus récents, « The Bay of Future Passed » et « AF127« . Après une prestation de quasiment une heure, Microfilm reviendra sur scène pour interpréter un vieux titre issu de son premier album, et achever un concert qui les posera encore une fois comme les défenseurs d’une musique intelligente, fine, tout simplement magnifique.

Avant lui, trois groupes s’étaient relayés. Le concert commençant à 19h30 – horaire absolument inconcevable pour tout amateur de transpiration inter-moshpit et de headbang professionnel – nous ne verrons pas Lost In Kiev. On se lance donc avec Robot Orchestra, duo guitare/batterie de La Rochelle envoyant un noise rock bien gaulé, les deux types n’hésitant pas à donner clairement de leur personne sur scène. Il n’en faut parfois pas plus pour passer un agréable moment, même si, à trop piocher à droite à gauche, leur registre manque un brin d’identité. Il y eut Tang ensuite, groupe d’emocore actif depuis presque dix ans sur la scène française, revenu récemment avec « Dynamite Drug Diamond« , un nouvel album qui mettait fin à six ans d’absence. Y revenir tant de temps après m’y être totalement investi a une saveur un peu étrange: celle de revenir à quelque chose que l’on aimait passionnément à une certaine époque, dans un certain contexte, au sein d’un certain environnement, pour finalement s’apercevoir que l’on a changé, et qu’on est passé à autre chose. Tang reste dans sa lignée de toujours, agressive et tendue; sa musique est belle, plaisante à écouter car empreinte de nostalgie, mais finalement trop répétitive pour véritablement capter l’attention. Néanmoins, sur scène, les gars se défendent bien, donnent tout ce qu’ils ont pour finalement signer un bon concert et séduire la foule.

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