On y était! Retour sur le SXSW 2010…

South by SouthWest – SXSW pour faire plus court – certainement le festival le plus important de musique alternative au niveau mondial. Un seul chiffre pour mettre tout le monde d’accord: plus de 1 800 concerts programmés en 5 jours. Comment est-ce faisable? Chaque troisième semaine de mars depuis 24 ans, Austin, la capitale du Texas, se transforme en une gigantesque scène, où tous les styles sont les bienvenus.

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L’une des artères principales de la ville, la sixième avenue (légendaire Sixth Street), ne compte pas moins de 80 bars capables d’accueillir de la musique en direct. On peut ainsi écouter du rock garage au Dirty Dogs, du hip hop au Mohawk, mais également écouter un songwriter folk au dernier étage de l’hôtel Hilton Garden Inn, ou encore retrouver le meilleur de la musique latina alternative à La Cantina. Il y en a pour tous les goûts, et tout ce monde se mélange parfaitement. Et pour cause, une seule croyance guide ceux qui ont la chance d’assister au SXSW: la Musique.

cita12J’assistais donc au SXSW du 17 au 21 mars, et ce pour la deuxième année consécutive. Toujours pas remis de ma participation de l’an dernier dont de nombreuses anecdotes me reviennent constamment en tête depuis (Jarvis Cocker dans mon avion de Chicago, Nick Oliveri à mon hôtel, rencontre avec Ben Harper ou Quincy Jones…), j’ai déjà hâte d’avoir la Bible de l’évènement entre mes mains. Le programme officiel, compagnon indispensable pendant les 5 jours du festivals, mais aussi la chose qui peut vous donner un mal de crâne terrible vu la difficulté qui s’impose à vous quand il faut choisir d’aller voir un concert plutôt qu’un autre. Jeudi 18 mars à 1h du matin par exemple:  dans cinq salles différentes, cinq concerts immanquables donnés par Evan Dando, The Xx, The BellRays, Midlake, et Steve Aoki, autant d’artistes incontournables. Comment faire son choix? En prévoyant déjà d’aller en voir un plutôt qu’un autre qui repassera un autre soir de la semaine, et plus généralement en se fixant des priorités, au risque de finir très vite frustré en énumérant progressivement tous les groupes qu’on a pu rater au cours du festival. Voici donc, sans parler des concerts manqués – j’en ai encore les boules – un petit tour d’ensemble des meilleurs que j’ai pu voir durant cette édition…

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Jeudi 18 mars – Stubb’s – Austin

BAND OF HORSES

L’un des groupes les plus attendus de cette semaine. Ils donneront trois concerts durant le SXSW. Après trois bon quart d’heure d’attente, on entre au Stubb’s, l’une des plus grande scène du festival, en plein air. À peine rentré, Band of Horses entame son concert avec le superbe « Is There a Ghost? », et tous les grands moments de ses deux premiers disques y passent (« Great Salt Lake », « No One’s Gonna Love You », « Funeral »). Le public a même eu la primeur d’entendre plusieurs titres de leur nouvel album à sortir en mai prochain. Mais c’est sur une reprise des grands Yo La Tengo, « Sugarcube » (voir le clip ici), que se terminait cette grande soirée en compagnie du groupe de Seattle.

Après une mise en bouche pareille, on décide d’aller voir The Xx au Mohawk. Erreur… qui sera plus que largement rattrapée par la suite. En effet, après une longue attente à l’extérieur au son de GZA du Wu- Tang qui précède l’un des groupes révélation de l’année 2009, on se dit qu’on a peut être attendu trop longtemps ce soir, pour pas grand chose: salle bondée et son catastrophique auront eu raison de nous qui, du coup, avons manqué la reformation des Stone Temple Pilots et l’un des concerts de The Soft Pack

Vendredi 19 mars – Wave Roof – Austin

PAPIER TIGRE

Les Nantais ont l’honneur d’ouvrir la soirée du French Bureau Export au Wave, plus précisément sur son toit. Il est 20h, encore tôt à Austin. La soirée sera longue, mais l’opportunité d’un tel échauffement ne se refuse pas. Les trois Papier Tigre tabassent le plancher et tout ce qui va avec,  donnent le meilleur d’eux-mêmes pour faire du lieu l’épicentre d’un vrai tremblement de terre. La barre est alors bien haute, et la soirée risque d’être difficile pour ceux qui suivront. Car, du début à la fin, les chansons de leur deuxième album « The Beginning And End Of Now » renversent le bar, tout y passe (« Indoor Islands », « A Killer Gets Ready »), rasé par leur vague surpuissante. Le set s’achève alors qu’on n’a pas vu le temps passer, Éric passe une petite annonce (« groupe cherche gigs et encore gigs à Austin« ), puis le trio remballe le matériel et s’en va se fondre dans la foule laissant le plancher encore fumant.

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Vendredi 19 mars – Galaxy Room Backyard – Austin

LOCAL NATIVES

Un groupe qui a beaucoup fait parler ces dernières semaines. Programmés neuf fois en quatre jours, les Local Natives donnent le sixième acte de leur marathon à l’arrière de la superbe salle Galaxy, là où l’on avait pu apercevoir Fanfarlo la veille. L’intégralité du premier album « Gorilla Manor » y passe magnifiquement, le public connait déjà toutes les chansons, le groupe dégage une fraicheur et une envie de jouer énorme, comme s’il s’agissait là de son tout premier show. Mais le grand moment de ce concert arrive avec « Warning Sign », une reprise des Talking Heads présente au tracklisting du disque, et durant laquelle s’invitent deux musiciens de Fool’s Gold pour une fin de concert presque tribale. Mais pas le temps de souffler, direction un autre lieu. Sacré, celui-ci.

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Vendredi 19 mars – Central Presbyterian Church – Austin

JJ – THE XX

Eh oui, un concert rock dans un église. Du jamais vu pour ma part, et le programme de cette soirée est plus qu’alléchant: Band Of Horses, JJ, Holly Miranda, et The Xx. Etant donné l’impossibilité de se dédoubler, on arrive à la toute fin du set de Band Of Horses. Et vu l’enthousiasme des gens présents dans l’église, difficile d’occulter l’impact émotionnel de la prestation. On se console en repensant au show de la veille, comme à celui des Local Natives dont on se remet tout juste. Cette église offrant une sonorité parfaitement adaptée à la musique, on reste stupéfait devant la prestation de JJ, chanteuse suédoise dont les deux derniers disques sont d’ailleurs très recommandables (« Nº1 » et « Nº2 »). Le seul problème est que l’on ne sait pas si la demoiselle s’ennuie royalement pendant sa prestation ou s’il en est ainsi à chaque concert. La projection vidéo est très bien préparée, elle chante les deux premières chansons accompagnée de sa guitare, le reste est envoyé par bande, l’important restant la voix, son véritable instrument. Aussi surprenant que cela puisse paraître, JJ rendra même hommage à Zlatan Ibrahimovitch,  son compatriote Footballeur pour qui elle semble avoir beaucoup d’admiration puisqu’elle lui dédie pas moins de 2 chansons (« In The Light » et « Voi Parlate, Io Gioco »).

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Mais le clou de cette soirée à l’église était sans contestation le sixième et dernier concert en 3 jours pour The Xx. Pour beaucoup de gens présents, ce sera le plus beau du SXSW 2010. Imaginez ce gigantesque crucifix, les deux X ornant les amplis du groupe, une ambiance sombre, un silence religieux, une audience très respectueuse et un son des plus propres. Dans ce décor particulier, The Xx réussit à mettre en avant chaque chanson de son album éponyme, créant une ambiance envoutante et subjuguante. Là, Romy Madley Croft (bassiste), tel un véritable animal de par ses poses et sa façon de manier son instrument, étale sa surprenante présence sur scène. Ainsi, The Xx est encore plus beau en vrai et nous laisse avec autant de certitudes – on ne pourra plus jamais écouter ce premier disque de la même manière – que d’interrogations – quel orientation musicale empruntera le groupe dans le futur? Ce soir, The Xx est un grand groupe.

cita21Motorhead, Muse (en concert surprise), Hole (Courtney Love aperçue de très loin), Sharon Jones & The Dapkings, Stone Temple Pilots, The Soft Pack, The Jim Jones Revue, et milles autres… Parmi la programmation de ce festival, se détache un concert que personne ne verra finalement: Alex Chilton, chanteur de Big Star, décède la veille de sa venue à Austin. Ce seront finalement Sondre Lerche, Evan Dando des Lemonheads, et Mike Mills de R.E.M. qui monteront sur scène pour lui rendre un dernier hommage.

Le SXSW fini, Austin redevient cette paisible ville texane qui, tous les ans, vit un boom immobilier une fois que le festival s’éteint. En effet, charmés par cet endroit qui semble avoir été créé pour eux, et que l’on qualifie de « capitale de la musique live », beaucoup de musiciens venus des quatre coins des Etats Unis s’y installent définitivement, et se laissent séduire par cette ville ou tout semble être fait pour qu’on y pense que musique. Pas étonnant donc qu’on ne soit plus vraiment le même en revenant…

Photos de Maxime Dodinet

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