On y était! Retour sur le Primavera Sound 10…

On a sonné le printemps, et depuis dix ans déjà, la capitale catalane accueille le meilleur de l’indie/pop/rock/electro. Pour fêter dignement cet anniversaire, record d’assistance (100.000 personnes sur trois jours), et une programmation qui oscille elle-aussi entre reformations de (vieilles) gloires, indispensables de l’année, surprises à suivre, et bien plus si affinité. Tout ceci dans un cadre plus que confortable, avec la mer pour décor et le soleil comme compagnon permanent. Un festival de ville, où l’en rencontre des gens du monde entier, où règne une ambiance très bon enfant. Un festival de musique, plus qu’un regroupement de borrachos, chose plutôt agréable…

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Jeudi 27 Mai – Parc del Forum, Barcelone

HALF FOOT OUTSIDE – THE XX – TITUS ANDRONICUS – PAVEMENT

Après s’en être allé reconnaitre les lieux, et pour débuter ce Primavera Sound 10, on assiste à la fin du set de Half Foot Outside (photo), certainement un des meilleurs groupes indie de la péninsule ibérique. Récemment auteur d’un superbe « Heavenly« , le groupe donnait là son dernier concert après quatorze ans de bons et loyaux services, passés à prouver que l’Espagne pouvait elle aussi jouer des coudes avec les meilleures nations du rock.

prima2Bien qu’on ait juré de ne pas les revoir après leur grandiose et atypique performance au dernier SXSW, la tentation était trop belle et trop forte pour qu’on décline l’invitation de The XX. Impossible d’aller boire une bière et de faire la sourde oreille tant c’est toujours un énorme plaisir d’entendre les chansons qui ont fait du groupe ce qu’il est devenu en peu de temps. Mais après les avoir vus dans une église, difficile de retrouver ce même enthousiasme qui habitait cette fois la majorité du public du Primavera. The XX sur une (très) grande scène, pas forcement l’idéal pour laisser rayonner leur personnalité. Rassasiés pour autant, direction la scène Pitchfork et Titus Andronicus pour qui l’expression « tout donner » prend clairement tout son sens: l’énergie est débordante et contagieuse, les compositions incroyables, les hymnes récurrents, pour le plus grand bonheur d’un public en transe qui, en un rien de temps, a élevé justement le chanteur au rang de demi dieu.

prima3Après onze ans d’absence, et pour clôturer cette première soirée, se présente sur la grande scène l’un des quelques grands classiques indie américains présents au festival, j’ai nommé Pavement (photo). Stephen Malkmus manie sa guitare telle une mitraillette et tire des balles pleines de souvenirs vers ce public, un peu plus âgé, un peu plus connaisseur aussi de ce registre référence, et qui apprécie chaque note de tous les hymnes nineties que le groupe interprète avec un plaisir communicatif. « Gold Soundz », « Cut Your Hair », « Silence Kid » sont tous d’une fraicheur intacte, et presque mieux joués qu’à l’époque. Un rappel de longue durée vient clôturer presque deux heures de concerts, chose assez rare dans le cadre d’un festival. Du plaisir pur, et enfin une croix à côté du nom Pavement sur la liste de concerts vus.

Vendredi 28 Mai – Parc del Forum, Barcelone

OWEN PALETT – HOPE SANDOVAL – BEACH HOUSE – COCOROSIE – PIXIES – BLOODY BEETROOTS

Pour se préserver, on décide de se caler dans un fauteuil confortable de l’Auditori del Forum pour profiter de quelques prestations de haute volées, dont celle d’Owen Palett (Final Fantasy) (photo) qui, à notre arrivée, interprète la dernière chanson de son set comme pour nous rappeler que 16h a beau être un horaire presque matinal en Espagne, le réveil aurait du sonner plus tôt. Alors qu’une partie du public, convaincue, quitte la salle en quête d’autres sensations, nous restons pour assister au retour scénique de Hope Sandoval (photo), grande dame à la voix reconnaissable entre mille. Des projections vidéo envoutantes contribuent elles-aussi à ce grand moment de musique.

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On suit alors la marée humaine se dirigeant vers la scène All Tomorrow Partie’s pour Beach House que nous attendons avec une impatience débordante. Un vrai bonheur d’entendre enfin « Zebra », et « Norway » chantés de vive voix par Victoria Legrand et ces deux comparses, mais on ne sautera malgré tout pas de joie durant ce concert programmé sur l’une des plus petites scènes alors qu’il aura attiré des milliers de personnes. Alors que la nuit tombe, on peut entendre au loin une musique venue d’ailleurs, celle de Cocorosie. Jeu de lumière travaillé, voix magique, une vraie personnalité, les deux demoiselles auraient mérité que l’on s’éclipse doucement de Beach House pour pouvoir en profiter plus longuement.

prima5Mais le plat principal de ce soir, sur la grande scène, n’est autre que Pixies (photo), ceux qui crient tout haut ne faire ça que pour l’argent avec finalement rien d’autre à offrir que beaucoup de kilos en plus pour chacun des musiciens, et surtout un plaisir absolument jubilatoire d’entendre une fois de plus les « Debaser », « Gouge Away », « Here Comes Your Man » ou autre « Where Is My Mind? ». Le groupe fait seulement le job, mais l’audience réagit vivement à toutes les chansons interprétées en spanglish, et tout le monde s’en va sourire aux lèvres. Reste The Bloody Beetroots, duo italien de punk/rock/electro/dance affublé de masques de catcheurs, la curiosité de cette soirée qui aura retenu l’attention de tout ceux arrivés trop tard pour le show de Yeasayer.

Samedi 29 Mai – Parc del Forum, Barcelone

CLARE & THE REASONS – VAN DYKE PARKS – GRIZZLY BEAR – THE CHARLATANS – PET SHOP BOYS – LEE SCRATCH PERRY

Direction l’Auditori pour Clare & The Reasons et Van Dyke Parks. Dans des conditions optimales, et une salle à la sonorisation excellente, Clare débarque accompagnée des ses Reasons pour délivrer un set de pop orchestrale pointue durant lequel les excellents et minutieux musiciens s’échangent les instruments. Le grand Van Dyke Parks – compositeur, arrangeur, historien de la musique, connu pour sa participation à la genèse du « Smile » de Brian Wilson – vient les rejoindre sur scène pour une dernière chanson. A 67 ans, ce petit papi nous donne une leçon de générosité musicale, interprétant des chansons historiques au piano, instrument qu’il maitrise majestueusement. Le Monsieur pourrait se vanter d’avoir travaillé aux côtés de Grace Kelly, des Beach Boys et des Byrds, mais il préfère nous raconter ses petites histoires qu’il a converties en chansons au court du siècle dernier. Plein de bonheur et de gratitude, il s’émerveille de voir tant de jeunes venus l’écouter.

prima7Mais c’est surtout Grizzly Bear (photo) qu’on attend, même si leur concert a lieu au même moment que celui des hyp-is The Drums. Rapidement, on sent que le groupe signé chez Warp est d’un niveau supérieur à beaucoup de formations croisées durant cette édition du Primavera Sound. Une chorale rock avec ses harmonies haut-perchées, un public attentif et très respectueux, jusqu’à ce que le groupe interprète son tube « Two Weeks » et que la suite du concert prenne une autre tournure. Le public a eu ce qu’il voulait, reste présent mais passe à autre chose, comme indifférent à la fin du set interprété dans un brouhaha insupportable. Dommage.

Cette année, The Charlatans (photo) propose de célébrer les 20 ans de son premier album « Some Friendly » en l’interprétant entièrement sur scène. Beau cadeau, encore plus puisque Tim Burgess, malgré son allure de gamin, fête ce jour là ses 43 ans. Coiffure. Et quel grand disque que ce « Some Friendly »: « The Only One I Know », « Opportunity », « Then », tout y passe, et tout est bon. Tim Burgess a beau se remuer comme Ian Brown et Richard Aschcroft, ses compagnons d’époque, la présence scénique n’est pas leur fort, mais le groupe joue vraiment très bien, justifiant sa présence sur la grande scène.

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Pour clôturer le festival, tout le monde veut finir ce week-end en compagnie des Pet Shop Boys qui, à la grande surprise, offrent le concert de cette édition. Une mise en scène géniale, une musique qui accompagne une vraie pièce de théâtre, la voix de Neil Tenant n’a pas changé en 30 ans de carrière, et leur reprise du « Always On My Mind » d’un certain Elvis restera définitivement la chanson dont tout le monde se souviendra en pensant au Primavera Sound 2010. Passé un coup de mou, on se laisse guider par l’odeur de weed qui s’échappe de la scène Pitchfork occupée par Lee « Scratch » Perry. Comme souvent en reggae, bonne section rythmique mais comme dans trop de concerts reggae, le guitariste s’emporte dans des démonstrations inutiles tout juste bonnes pour Guitar Hero. On clôt la messe rastafari sur un « Exodus » surpuissant alors que, là bas, les Pet Shop Boys jouent encore, dans une mise en scène et une décoration surprenante. Un vrai show.

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5 réponses à On y était! Retour sur le Primavera Sound 10…

  1. Jo 7 juin 2010 à 20 h 32 min #

    Salut,
    j’ai également participé cette année encore au festival.
    J’ai évidement adoré, mais depuis, je deviens fou. Peut-être pourrais-tu m’aider: connais tu la liste des morceaux qu’ils passaient sur la scène Vice entre deux concerts. Il y’en a une que je n’arrive pas à retrouver. Le refrain faisait un truc comme « Ohh He’s the one he’s the one he’s the one… » Elle passait juste après une chanson des King Khan, entre chaque concerts.
    Si tu pouvais m’aider ce serait génial.
    Merci de ton aide!
    Jo.

    • Max Dodinet 24 juin 2010 à 8 h 44 min #

      Salut Jo!
      désolé pour le retard dans la réponse! Après investigation impossible pour le moment de retrouver quellle est cette chanson! :/ as tu trouvé depuis?
      Max

      • Jo 27 juin 2010 à 20 h 30 min #

        Non malheureusement:
        ça me rend fou, j’ai envoyé un mail, resté sans réponse, sur le site de Primavera et j’ai téléphoné à la rédaction de VICE, pensant qu’en tant que sponsor officiel et principal de cette scène ils choisissaient les morceaux ou au moins auraient la réponse, mais je me suis fourvoyé..
        Donc si par bonheur tu en viens à savoir qui joue cette chanson (une voix juvénile, un ton enjoué et une musique « rock-garage-classic » et qui passait juste après Ten Of Hearts de Mark Sultan -et non pas de King Khan comme j’ai pu le dire- je te serais éternellement reconnaissant de me le faire savoir.
        Ne va pas croire que cette chanson m’a transcendé, seulement elle m’est resté dans la tête et ma persévérance maladive pour ce genre de quêtes me pousse à m’obstiner.
        Merci encore!
        Jo.

  2. colombo 10 juin 2010 à 2 h 24 min #

    je crois que c’est jean-pierre U2 …… mais pas certain

    • Jo 10 juin 2010 à 16 h 38 min #

      Mais de quoi parles-tu?

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