On y était! Retour sur le festival Inrocks Black XS 2011 à Lille…

Toi, mélomane à temps plein, qui passe ton temps sur les blogs musicaux. Toi qui ne peux t’amuser qu’en écoutant un bon vieux disque de rock. Toi, fille ou garçon, qui évite de perdre sa dignité en accompagnant son ami(e) à un concert de Zaz. Toi, justement, qui sors quasiment tous les soirs dans des salles obscures pour admirer cette voix qui te fait tant rêver sur cd. Pour toi, lui, elle, on a trouvé la solution. Merci qui? Certainement au festival des Inrocks. Enfin, les remerciements pourraient être plus sincères si chaque ville de province bénéficiait de la même set-list que la capitale. Mais bon, ne faisons pas la fine bouche non plus, les deux dates à l’Aéronef de Lille étaient pour le coup éclectiques, si ce n’est plus.

inrocks

Jeudi 3 novembre 2011
LA FEMME – CULTS – LAURA MARLING – JAMES BLAKE

Dès le premier soir, l’affiche est alléchante. Et c’est La Femme qui lance les hostilités. Avec un show très beau visuellement, sur lequel on ne s’attardera pas, les français font leur job sans parvenir à révolutionner comme ils le voudraient la musique de demain. La musique du futur, les américains de Cults (photo ci-dessous) n’en ont cure. Au contraire, le temps de quarante-cinq minutes efficaces, ils tapent respectueusement à la porte d’une pop purement sixties. Il peut tout tenter, frôler le mur du son, se vouloir parfois plus glacial (leur entrée sur la B.O de Twins Peaks est là pour le rappeler), le duo restera toujours plus gentil qu’un ours en peluche. « Go Outside », « You Know What I Mean », leur deux tubes, sont déjà en passe de devenir Cult(e)s.

cults

Autre style, même esprit. D’une voix grave, capable de faire corps avec l’altitude, le son de Laura Marling (ci-dessous) est comme un prolongement à celui de Cults. Pas dans les intentions, oh non, mais dans l’époque qu’ils revisitent. Fan de Steinbeck, inspirée par la folk de Joni Mitchell, la jeune Laura a beau être introvertie, elle communique parfaitement avec nous grâce à une musique à la fois puissante et bercée par le doux idéalisme des années 60’s. Dommage que ses compositions soient si peu dissemblables.

laura

Pendant plus de deux heures d’un concert sans répit, où musiciens et invités se croiseront au rythme des chansons, il est temps d’entendre la tête d’affiche de cette première soirée: James Blake. Jamais futile, toujours poétique, le répertoire de l’anglais est fait d’horizons troubles. Ici, on ne danse pas, le corps tremble, les infrabasses transcendent et traversent notre cerveau, à croire qu’on est entrain de se noyer avec brio dans la schizophrénie. En quittant la salle, il fait bon, le ciel est dégagé, on se dit alors que la performance de James Blake se marie parfaitement avec les couleurs de la lune.

Vendredi 4 novembre 2011
MORNING PARADE – FOSTER THE PEOPLE – MILES KANE – FRIENDLY FIRES

Deuxième soir. Alors que, parce qu’on ne pouvait plus s’en passer, James Blake a tourné toute la journée dans notre mp3, il est déjà l’heure de laisser tout savoir de côté pour appréhender une deuxième soirée qui s’annonce nettement plus rock. Premiers de la liste: Morning Parade et leur rock à la fois lyrique et dansant. Très à l’aise sur scène, le groupe semble être déjà prêt pour les stades. Attention toutefois au syndrome U2. Même constat pour Foster The People venu répandre la joie à coup d’hymnes et de refrains allègres qui rappellent que le groupe  ne squatte pas le haut des charts pour rien. Leur sunshine-pop ne demande qu’à devenir phénomène.

miles

S’il faut en croire cette douce nuit , le rock bouge encore. Depuis son premier album solo « Colour Of The Trap », Miles Kane (photo ci-dessus) jouit d’une réputation qui ne se dément pas.  Ou plutôt, qui ne se dément plus. Il hurle, sourire aux lèvres, même chose pour nous. Et pas une seconde d’ennui. Classieux, confiant et hédoniste, il enchaine les titres avec une décontraction et un talent qui fait plaisir à voir. Le public ne s’y trompe pas, « Come Closer », « Rearrange » et « Counting Down The Days » sont des leçons de rock et d’efficacité made in England.

toffosterDans la fureur absolue de la fin de semaine, on gambade allégrement des années soixante aux années deux mille, en passant par les éternelles années quatre-vingt. Avec Friendly Fires (photo ci-contre), ce sont les trois dernières décennies qui prennent sens à travers leur électro-pop gonflée aux hormones. Bains de foules, pogos, t-shirt mouillé, les anglais ne font pas que clôturer la soirée, ils offrent une porte de sortie parfaite pour s’extasier au rythme d’une pop en forme de sucrerie hautement énergétique. En somme, une définition possible du bonheur.

Crédit photo: Tiffaine Blanquart

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