On y était! Retour sur la Route du Rock été 2014

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Voilà un an que nous avions quitté le Fort de Saint-Père, usés mais fort réjouis par une édition 2013 de haute volée. Chaque année, le constat est le même: la fin d’une Route du Rock rend inconsolable, tandis que l’attente d’une nouvelle est insoutenable, jusqu’à obséder littéralement. À l’instar de ses aînées, cette édition n’a pas manqué le coche, bien au contraire.

Avec ce festival, il faut toujours se souvenir de deux protagonistes importants: la flotte et la fête. La flotte car le ciel qui tombe sur la tête est l’élément déclencheur, à l’origine de la majorité des péripéties comme des conversations à base de jugements qualitatifs sur les bottes. La fête, car c’est le fil rouge d’un événement qui devrait commencer à s’interroger sur l’éventualité d’un cachet artistique destiné à son public, tant ce dernier n’a pas son pareil pour y aller de ses pas de danse, tout sourire sous des trombes d’eau. Une fois ces deux éléments intégrés, n’importe qui peut être apte à apprécier comme il se doit le plus beaux des rendez-vous de l’été. Dans le cas contraire, cela donne de malheureux malentendus comme celui-ci.

Cependant, qu’on ne s’y trompe pas, la fête en continue n’est jamais sans complications collatérales, notamment lorsqu’il s’agit de devoir la détailler quelques jours plus tard. On ne va donc pas se mentir: c’est mort, les souvenirs sont très flous. Mais très honnêtement, nous ne sommes pas les seuls à souffrir d’amnésie. D’ailleurs la plupart des bilans de cette édition que vous lirez seront souvent complètement fictifs, et nous en avons pour preuve que la majorité des auteurs des-dites oeuvres ont fréquenté autant que nous les comptoirs.

Mais qu’importe, là n’est pas l’important. À travers les images embrumées qu’il nous reste, on peut écrire en toute intégrité que Mac DeMarco est un dieu vivant, capable de déclencher le décollage de deux montgolfières par de simples – mais exquises – mélopées. À 20h15, le Canadien avait déjà achevé le meilleur concert du festival, un titre certes subjectif mais difficilement contestable.

Que dire aussi de Liars dont l’impressionnante prestation confirma – si besoin en était – que le trio est un monstre de scène, hydre sulfureuse dont les oeuvres justifient à elles seules l’existence et l’utilisation (sur recommandation médicale) de psychotropes. Citons aussi Caribou, l’équivalent 2014 des acidulés Hot Chip de 2013. Si nous n’avions aucun doute sur le potentiel dansant du producteur canadien, l’écoute de ‘Our Love’ (sortie en octobre, bientôt dans nos pages) nous avait laissé dans l’expectative. Au final, le trio a déroulé ses tubes dans la liesse

générale et surtout, une ampleur sonore retrouvée, le point faible de la première soirée au Fort. Accordons-nous qu’à ce stade, une liste exhaustive serait particulièrement usante. Attardons-nous plutôt sur d’autres acteurs importants du festival.

Évidemment, le public mérite toutes nos louanges: entre les trublions déterminés à déguiser leur pass festival par un accès VIP avec de la glue et des ciseaux, et ceux qui finirent par danser seuls, jusqu’au-boutistes, les yeux vitreux, dans des mouvements évoquant la fin de l’humanité, le niveau était bien là. Entre les deux extrêmes, LA chenille (finalement démultipliée) générée par des festivaliers désorganisés mais ô combien exaltés par la perspective de s’étreindre sur Bob Sinclar. La définition d’un festival à son apogée. À ce titre, saluons aussi les Magnetic Friends, DJ de fêtes à la scène, curateurs à la ville, dont les sélections réhabilitent à elles seules la notion d’interlude. Ils ont démontré ainsi l’aptitude de la foule à danser sur Future Islands (même diffusé en mp3) ou encore que le catalogue d’Alpage Records mérite d’être bien plus connu.

Évidemment, il faudrait aussi évoquer aussi Portishead (mais l’intégrité m’oblige à avouer mon départ lors du set), Slowdive qui a pu souffler toute sa puissance de feu, Metz, feu Darkside (ça, c’est vraiment triste) et l’élégance d’un Jamie XX, toujours propre, concis et délicieux. On regrettera certaines déceptions, Kurt Vile et Thee Oh Sees en tête. Le premier car son set s’est déroulé sans la moindre aspérité alors que sa discographie est une des plus belles que nous puissions écouter; quant à Thee Oh Sees, la version en trio démontre bien que les habituels comparses de John Dwyer ne sont pas pour rien dans le génie du groupe. Jeudi dernier, le groupe avait sensiblement perdu de sa substance. Chagrin. Quant à la Nouvelle Vague et aux plagistes, nous confessons notre absence, bien que nous pensons tout le bien de tous les intéressés (surtout toi, Johnny Hawaii).

À nouveau cette année, nous n’avons pas été parfaits (loin de là), souvent dispersés par les appels, les accolades et les pertes répétées d’effets personnels. Cela s’explique aussi par le fait que le Fort de Saint-Père est si accueillant qu’il est difficile de ne pas s’y sentir chez soi, presque trop à l’aise, et ce malgré le corps noyé dans la boue. À nouveau cette année, la Route du Rock s’est montrée radieuse et fascinante. À nouveau cette année, on en a gros sur la patate d’avoir dû la quitter. Heureusement, on la retrouvera bientôt pour sa 25ème édition. D’ici là, nous aurons entamé une nouvelle année et pris nos bonnes résolutions: promis, la prochaine fois, on se souviendra de tout.

Crédit photo homepage: Nicolas Joubart

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4 réponses à On y était! Retour sur la Route du Rock été 2014

  1. manu chaput 3 septembre 2014 à 16 h 52 min #

    Liars = caca
    Peut être le plus mauvais et d’un des groupes les plus attendus. Chant faux, attitude teenage façon skate punk californien 90’s. La plus grosse déception depuis longtemps…

  2. manu chaput 3 septembre 2014 à 16 h 56 min #

    Je viens de mater le concert de Liars en vidéo… je modifie mon point de vue … c’était encore plus mauvais que ce que je pensais !!! Pas glop du tout

  3. Elyn 7 septembre 2014 à 20 h 53 min #

    Je confirme Liars à la route du rock c’était juste inécoutable, grosse déception

  4. yoshi 11 septembre 2014 à 10 h 57 min #

    Un bide total Liars ! Le public n’a pas eu l’air de comprendre ce qu’il se passait, surtout après des concerts de grande qualité tel que Portishead.
    Dommage car musicalement ça aurait pu donner quelque chose mais dès que le chanteur prenait le micro : catastrophe !

    Résultat je n’ai pas eu la force d’attendre Moderat…

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