On y était! Retour sur Death Grips au Riddim Collision le 10 novembre 2012

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Death Grips, d’un simple tweet, avait annulé l’intégralité de sa précédente tournée européenne. Après être passés pour d’immenses perdants auprès de leur public, les trois devaient se rattraper: gros buzz suite à leur simili-clash avec Epic, les foules s’excitent, le trio réussit une nouvelle fois à susciter l’espoir. On les attendait donc de pied ferme au Club Transbo, pour la soirée de clôture du festival Riddim Collision.

Et la sentence aura été sans appel. Death Grips mitraille, sans ménagements, sans laisser une seconde de répit aux jeunes besogneux venus recevoir la suprême gifle. Les morceaux sont enchaînés et fondus les uns aux autres, MC Ride harangue la foule sans relâche, dispose d’un charisme vengeur, du type de celui qui porte un micro pour la dernière nuit. Torse nu, il crache chacun de ses mots, charge une telle tension à la musique de groupe qu’il est difficile de ne pas décoller les yeux de cet espèce de longiligne sorcier vaudou prêt à écraser la foule sous le poids de ses maléfiques incantations.

death1Zach Hill, de côté, envoie ses coups de semonces en tapant, fidèle à sa réputation, comme si le destin n’allait pas l’épargner à sa sortie de scène. Son drumkit est minimal (une maigre grosse caisse tendue comme une balle de ping-pong, une caisse claire et un tom basse) mais il crée pourtant mille fois plus que n’importe quel batteur, insufflant toute son énergie dans un jeu tendu à l’extrême, sur le fil. Hill s’adapte aux lourdes basses de Death Grips, n’en pose pas partout comme au temps de Hella, mais rajoute un groove primitif et essentiel à l’ensemble.

Le tout se révèle profondément viscéral, rugueux, noir. Les sens sont poussés à fond, il fait nuit, comme se sentir traqué par un gang de junkies prêts à te dépouiller pour obtenir leur dose. Alors qu’on pouvait s’attendre à la présence d’un troisième homme (Flatlander aux machines), il n’en est rien. MC Ride et Zach Hill n’auront de toute façon aucun mal à asséner un rapide taquet derrière la nuque à chaque personne présente dans la salle.

Ceci dit, le cap du concert de l’année n’a pas été franchi, faute de plusieurs éléments essentiels manquant à l’appel. Pour un groupe qui fout – terme communément employé pour ce genre de cas – le zbeul, Death Grips a joué trop longtemps. 50 minutes pour un show aussi tendu, on frise vite la crise d’apoplexie. La mornifle aurait été bien plus sévère et claquante en seulement trente minutes de pilonnage intensif. Deuxième point légèrement trouble mais somme toute irréaliste: un concert de Death Grips prendrait une envergure démesurée dans une cave exiguë, glauque et à l’insoutenable humidité. Là, la scène du Club Transbo faisait presque trop prestige pour un groupe comme celui-ci. Quoi qu’il en soit, Death Grips aura livré une impressionnante prestation, laissant derrière lui une salle exsangue, toute prête à se faire achever par The Bug qui débutait son set dans la salle adjacente.

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