On y était! Red Kunz, rencontre à haute altitude de Red Fang et Kunz

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Photos: Stan of Persia

Entre Portland (Oregon) et La Chaux-de-Fonds (Suisse), quelques kilomètres. Un continent, et un océan qui n’ont pourtant pas empêché Aaron Beam et John Sherman de Red Fang, Luc Hess et Louis Jucker de Kunz, de monter ensemble un projet, enregistrer un disque et préparer un live. Avec les deux basses, les deux batteries, et les deux voix des bassistes, une moitié de Red Fang et la totalité de Kunz sont devenus Red Kunz.

Le groupe de stoner américain Red Fang s’est fait connaître par ses vidéos aux pitreries rythmées de batailles entre chevaliers, et d’explosions de gallons de lait, dans un décor ressemblant à des piscines de canettes de bière (quelques exemples ici). Sous couvert de courses poursuites, de rigolades et d’humour tranché, les quatre musiciens enchaînent riff rêches pour, à l’arrivée, jouer un rock à l’image de leurs clips: aussi attachant qu’addictif. Ecouter un de leurs disques, c’est vouloir connaître la suite des aventures d’un quatuor qui, en un an, a sorti son troisième disque ‘Whales and Leechees’ sur le label Relapse Records, et est passé chez David Letterman pour y être qualifié de ‘merveilleux groupe de Rock’n’roll’.

Kunz, quant à lui, est un duo de noise suisse apparu il y a une dizaine d’années, un electron libre composé de deux ex-membres de The Ocean Collective. Depuis, Luc Hess (batterie) et Louis Jucker (chant) officient aussi au sein du groupe de punk hardcore Coilguns.

Kunz n’a pas de publication, pas de biographie, pas de programme: ‘on enregistre que pour nous, peut-être qu’on sortira un disque un jour, mais on n’est pas pressés’ clament alors les deux intéressés. Aujourd’hui, le duo vit grâce à l’énergie débordante de ses deux auteurs, navigue autour de pleines étranges idées, prône l’improvisation et le hasard des rencontres en enregistrant entre deux concerts, en faisant un show dans des cages, ou en utilisant des instruments délaissés dans un bar pour interpréter ses nombreux titres qui n’attendent que d’être joués. Ainsi, les deux garçons s’insèrent dans les tournées de leurs autres projets, au gré de leurs humeurs. ‘On est un groupe qui n’existe pas, on ne joue que sur invitation’ précise t-il.

Deux ans après avoir sorti un disque avec Wellington Irish Black Warrior, Kunz – décrit par son batteur comme ‘une récréation, une succession de chateaux de sable sur lesquels on marche pour les refaire‘ – a donc ajouté cet été une nouvelle ligne à sa discographie en collaborant avec Red Fang, rencontré en tournée un peu plus tôt. Réunis un matin de janvier à l’aéroport de Genève, tous ont alors filé directement au Romandie pour une résidence d’une semaine dans ce  club de Lausanne, afin d’accoucher de Red Kunz, une franche histoire de camaraderie, une rencontre de deux continents, une collision de noise et de stoner.

Là, ils ont branché leurs basses, posé les batteries, divisé la scène en quatre, sont partis d’un riff pour esquisser des morceaux, et ont écrit des paroles en un après midi. C’est ainsi que tous ont fini par immortaliser, sur la scène de la salle de concert vide, un disque intitulé ‘Teeth, Hair & Skin’, sorti au mois d’août dernier sur les labels Hummus Records et Division Records: une nouvelle ‘récréation’ pour Luc Hess et Louis Jucker qui, en compagnie des américains, ont choisi de doubler leur son noisy et d’en faire un labyrinthe musical symétrique.

Des caves d’un manoir d’une ville du Valais à la scène de la neuvième édition du Rock Altitude Festival, lors de trois concerts parfaitement rodés auxquels on a pu assister, deux basses et deux batteries y ont entrechoqué des sons, aligné des accords indéniablement accrocheurs, pour créer une ambiance abstraite, aux humeurs nerveuses et impulsives, dont le public des montagnes suisses, comme du Jura, a inlassablement suivi les mouvements. Photos et vidéos à l’appui.

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