On y était! Justice à Lille (Aeronef, 31 janvier 2012)

justice

Ce soir, après Clermont-Ferrand et Toulouse, Lille remplace Nazareth sur la mappemonde. En homme bien élevé que je suis, je fais mon signe de croix avant d’entrer dans l’Aéronef où se produit Justice, qui aurait pu se payer un Zénith étant donné la vitesse à laquelle sont partis les billets. Le concert étant complet depuis trois mois, pas étonnant qu’à 20h, un public relativement jeune et plus ou moins chevelu soit déjà en train de sauter sur le set de Pedro Winter prêchant pour sa paroisse en enchaînant quelques tubes EdBanger, des classiques comme « Nightcall » de Kavinsky au « Da Funk » de qui-vous-savez, avant de passer au dubstep pour mieux terminer sur un petit quart d’heure rock reposant, où Yes flirte avec Queen, Gun’s ‘n Roses et AC/DC. Même si ces tubes sont plus vieux que la moyenne d’âge de la salle, l’ambiance est chaude, les fans sont là, impatients.

Ce mardi soir à 21h ressemble à un samedi en boîte de nuit, et je redoute le mouvement de foule quand les silhouettes du duo apparaîtront devant l’énorme rideau d’ampoules, entre ces murs de faux amplis Marshall, derrière ce pupitre en forme de grosse machine pleine de boutons. Gagné. Lorsque les premières notes de « Genesis » sont envoyées et que la croix s’allume, tout le monde parle la même langue en se mettant à gueuler. Un bon beat bien carré et une croix lumineuse suffisent, rendez-vous compte, à mettre 2000 personnes dans sa poche en moins d’une minute. Sûrement ce qu’on appelle l’efficacité. Rien à dire, le sound system est bon, et le duo vêtu de cuir s’en sert pour envoyer le meilleur de ses deux albums dans un mashup où chaque morceau est retravaillé pour le live. Le show paraît millimétré, les lights sont rythmées par la musique et vice-versa.

Bonne surprise quand même d’entendre des morceaux repensés comme « Civilization » déclinés à toutes les sauces, où de voir Gaspard offrir un solo de synthé sur un « D.A.N.C.E. » d’abord docile, puis carrément massif. Tout cela est bon esprit, même si nos deux ambassadeurs électro du XXIème siècle donnent parfois l’impression de s’ennuyer ferme derrière leurs machines, levant un bras de temps à autre pendant les breaks pour assurer un minimum leur fonction « entertainer ». Visiblement, la communication avec le public n’est pas leur truc, mais le son se suffit à lui même à en croire l’agitation qui règne dans la fosse. Ça danse, crie, saute, slamme, se recoiffe, sourit, connaît les paroles, et apparemment, ça suffit pour passer un agréable moment. D’autant plus qu’avec ce show lumineux valant son pesant d’actions chez EDF, les yeux en prennent aussi pour leur grade. Des éléments de décor – une espèce d’orgue lumineux – illuminent « Audio, Video, Disco » et à ces quelques dernières sucreries electropop moins coriaces succède le tant attendu « Stress » qui fait naturellement des ravages. Après un timide rappel, on se dit qu’on reviendra faire un tour à l’Aéro le 23 février prochain, date à laquelle le crew EdBanger revient en famille (Breakbot, Krazy Baldhead, SebastiAn, Mickey Moonlight…) pour y fêter son neuvième anniversaire. Sacrée French Touch…

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