Hop Pop Hop 2018, on y était !

Hop Pop Hop 2018, on y était !

Jouons franc-jeu. Comme vous, je déteste les comptes-rendus de festival. Pas autant, que les pizzas hawaïennes ou les disques d’électro-world, mais avouons que de sérieuses questions se posent quant à l’utilité de l’exercice. Alors pourquoi me forcer à vous en livrer un ? D’une part, pour justifier mon invitation au festival Hop Pop Hop à Orléans les 14 et 15 septembre dernier, d’autre part pour vous parler de groupes que vous ne connaissez pas encore mais qui, on le sent, ne vont pas tarder à squatter vos playlists. Pas de blabla inutile, donc. On revient juste sur les artistes vus cette année pendant ce petit festival défricheur qui lui aussi, risque bien de s’imposer comme l’événement de la rentrée avec sa prog’ variée et garantie sans noms tapageurs.

VENDREDI 14 SEPTEMBRE

Blu Samu
Projet de la Belgo-Portugaise Salomé Dos Santos, c’est Blu Samu qui ouvre le festival. D’abord down-tempo, son hip-hop aux influences soul et R’n’B gagne en intensité au fur-et-à-mesure du set, et parvient à conquérir une audience jusqu’ici très timorée. Avec son sourire généreux et la voix délicieusement éraillée, la rappeuse a les arguments pour fédérer. Un premier album est dans les tuyaux, qui succédera à un EP et une poignée de singles déjà convaincants.

Laake
Tristesse ensuite, au moment d’apprendre que d’autres Belges, ceux de Phoenician Drive, ont annulé leur concert à la dernière minute alors qu’on attendait avec beaucoup d’impatience leur premier album de kautrock oriental sur scène. A la place, on s’ennuie ferme devant LAAKE – qui les remplace au pied levé – et ses boucles de piano portées par des rythmes techno mollassons. Les fans de Nils Frahm seront probablement conquis mais comme on n’est déjà pas fan de la soupe de l’Allemand…

Aaron Cohen
Changement sec d’ambiance avec Aaron Cohen, rappeur new-yorkais bien décidé à secouer les kids d’Orléans. De facture très classique – flow nerveux, instrus old-school – sa musique tourne à l’énergie et soyons honnête, ça fonctionne très bien comme ça. Pas sûr qu’on se rue pour réécouter sa musique dans les semaines qui viennent mais le mec assure sur scène. Ca, ça ne fait aucun doute.

Oktober Lieber
Ça vaut parfois le coup de se fier à la hype. Plusieurs semaines qu’on entend revenir avec insistance le nom d’Oktober Lieber, duo techno/cold wave parisien qui fera lui aussi vriller les têtes dans un autre registre. Voix d’outre-tombe, synthés stroboscopiques, beats lourd : la recette ne pardonne pas et nous envoie valser loin dans un état d’ivresse et d’hébétude. On a très hâte d’écouter là encore leur premier album.

Rendez-vous
Toujours dans le registre ‘perfecto et bagarres au cran d’arrêt dans les rues de Berlin’, Rendez-Vous fait montre d’une précision et d’une rigueur à l’hostilité louable. On était jusqu’ici plutôt sceptique devant la musique du groupe parisien et ses ficelles trop visibles, mais force est de constater que son propos s’est étoffé et qu’il roule à présent façon panzer sur scène. Du post-punk indéniablement efficace.

Bad Breeding
Sauvagerie punk-hardcore pour terminer avec Bad Breeding (photo ci-dessous). On ne sait pas grand-chose de ces Anglais-là, si ce n’est que la déconne, ce n’est pas trop leur truc. Pas un mot, ni un sourire pour le public pendant le concert mais des cris et du bruit, beaucoup de bruit. Un show aux allures de gros coup de boule dont il reste difficile de porter un jugement ou de se remémorer un morceau. Mais l’essentiel se cache peut-être ailleurs, dans ce gros défouloir bruitiste.

SAMEDI 15 SEPTEMBRE

Cockpit
La faute à l’heure (17h45) sûrement, mais aussi à notre légère gueule de bois qui prend du temps à s’effacer, on reste de marbre devant le garage branleur mais féroce de Cockpit. Pourtant les Bordelais, auteurs cette année d’un bon second album, peuvent se targuer de savoir écrire des morceaux – ce qui n’est pas à la portée du tout-venant garage-rock – mais peinent à vraiment emballer. Manque encore un peu de fraîcheur ou d’originalité pour marquer les esprits.

Marc Melia
Voilà qui convient plus à un début de journée de festival. Dans la belle enceinte de l’auditorium du conservatoire (enfin, c’est ce qu’on a cru comprendre), le claviériste Marc Melia délivre un set tout en douceur avec son synthé fétiche, le Prophet. Les boucles se superposent dans un trip ambient paisible, seulement troublé par sa voix vocodée. Un voyage surprenant qui a le mérite supplémentaire de nous remettre d’aplomb.

Flamingods
Mélange de gammes orientales, d’orgues népalais, de cithare, de saturation rock… La liste est longue mais une chose est sûre : Flamingods (photo ci-dessus) a bien décidé d’exploser les frontières de la musique telle qu’on la connaît. Ses quatre membres – partagés entre Londres et Dubaï – jouent leurs morceaux comme un long jam sous acide en plein désert. Forcément surprenant quand on ne s’y attend pas, et plein de trouvailles sonores emballantes. Pour tous ceux qui se déclarent épuisés du psyché.

Bad Nerves
Les Ramones, c’est vachement bien. Et je suis sûr que vous pensez la même chose. TOUT LE MONDE aime les Ramones. Est-ce une raison suffisante pour reprendre leur musique au gimmick près ? Évidemment, non. Alors forcément, voir des petits mecs de Londres rejouer les mêmes riffs, les mêmes rictus vocaux et la même dégaine – à part dans un groupe de lycée –, on ne voit pas l’intérêt. Dans deux semaines c’est oublié.

Flohio
Peut-être la révélation de ce festival. Flohio vient du Sud de Londres et incarne l’une des voix les plus probantes de cette deuxième vague du grime qui rend fou les kids brittons. Flow ultra nerveux, débit explosif, beats industriels en soutien… En 45 minutes, la jeune femme met tout le monde d’accord, et nous rend impatient d’écouter son premier EP officiel, prévu en octobre.

La Jungle
On aurait beaucoup aimé voir La Jungle. Problème : le groupe jouait en salle et à cause d’une trop forte influence, on se retrouve recalé à l’entrée. Épreuve qui ne manque pas de ressasser quelques douloureux souvenirs d’entrée de boîte et de puberté. Message à l’organisation : faites quelque chose pour éviter de laisser toute une partie du public sur le trottoir l’année prochaine. En attendant, un petit souvenir de la dernière Mind Your Head.

Youth Avoiders
‘En dessous de 210 bpm, on ne joue pas’. La phrase lâchée par Christopher Gaultier, chanteur des inusables Youth Avoiders, résume à peu près la stratégie du groupe : jouer vite et fort des tubes punk-hardcore qui vous donneront forcément envie d’en découdre. Toujours aussi bon et efficace sur scène pour peu qu’on ait un jour aimé Minor Threat. Leur deuxième album ‘Relentless’ est sorti cette année et porte les mêmes mérites.

Not Waving
Ex-moitié du duo Walls et Italien depuis émigré à Londres, Alessio Natalizia est OK pour faire danser mais pas sans quelques dommages collatéraux. Avec son projet Not Waving, il construit par blocs une techno franche du collier, mais parée d’atours industriels anguleux. De la transe pleine de tracas comme en témoignent les visuels projetés derrière lui, des visages de femme remodelés par des mains pas très délicates. Dérangeant et addictif.


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