disques

Various Artists - “Kingston Love 2″

Kingston Love 2[Album]
02/05/2006
(Discograph/Discograph)

Depuis quelques années maintenant, la maison Discograph développe avec un certain talent un catalogue reggae de qualité, dont les labels Makasound et Soul Jazz sont les principales sources. Deux ans après un premier volume retenu pour la qualité de son tracklisting, “Kingston Love” devient désormais une série épiée, encore plus avec la sortie de ce deuxième volet qui ne ternit pas une image aujourd’hui solidement acquise

Depuis le premier volume sorti en 2004, on a assisté à l’éclosion de pas mal d’artistes intéressants, à des confirmations qui le sont toutes autant, et à la réédition d’albums passés de la poussière à la meilleure place de notre discothèque. C’est un peu tout cela qu’on retrouve sur ce “Kingston Love 2″. Ici, on brasse les diverses branches du reggae, en allant du reggae roots de Leroy Brown, Bim Sherman, Willi Williams, African Brothers, ou Horace Andy, au dub electro de Rythm & Sound en passant par le dancehall (Gentleman, Turbulence) ou un penchant plus contemporain du genre (Fat Freddy’s Drop, Winston McAnuff & The Baz Baz Orchestra, Manjul)

“Kingston Love 2″, ponctuée de quatre titres exclusifs, est donc aussi indispensable que sa grande soeur de deux ans son aînée. Ici, on parcoure trente-cinq ans d’un reggae issu de divers continents, et pas un seul titre ne dénote du reste pour une cohérence qui saura séduire un public pas forcément initié, habitué à seulement survoler l’actualité reggae

TracklistingLeroy Brown – Money Barrier (Skully Version)Gentleman – Dem GoneWilli Williams – Why 2 KFat Freddy’s Drop – Roady*Bim Sherman – Mighty RulerWinston Mc Anuff & The Bazbaz Orchestra – Reggae On Broadway*Spectacular – High Grade feat. Turbulence*Horace Andy – Do You Love My MusicDoniki – Poor Man feat. Kulcha KnoxThe Viceroys – Love Is A KeyAfrican Brothers – Hey GirlManjul – Fanga Den feat. Tiken Jah FakolyRhythm & Sound – See Mi Yah / Dem Never Know**exclusif

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Arctic Monkeys - “Who The Fuck Are Arctic Monkeys?”

Who The Fuck Are Arctic Monkeys?[Maxi]
28/04/2006
(Domino/Pias)

Les Arctic Monkeys sont de jeunes chiens fous. Peu de temps après la sortie de leur premier album souligné comme l’évènement de ce début d’année, revoilà le combo de Sheffield avec un nouveau maxi comprenant cinq titres dont quatre inédits qui feront le bonheur de leurs fans comme de leur maison de disques. Ça marche donc on exploite, même si on n’a pas là un contenu à l’envergure de l’album. Seul titre déjà connu, “The View From The Afternoon” est dans les starting blocks pour passer le relais à quatre morceaux assez inégaux. “Cigarette Smoker Fiona”, énergique et mélodique, fait bonne figure dans la lignée de l’album, tout comme “Who The Fuck Are Arctic Monkeys”, plus posé mais tout aussi efficace. Malheureusement, entre temps, “No Buses”, purement british, et surtout “Despair In The Departure Lounge” n’auront pas procuré grand chose au point de faire quasiment office de remplissage pour un maxi, du coup, plus attrayant. Voilà en tous cas quelques titres sortis d’usine qui éviteront aux anglais de ne donner que des sets secs, et au public de repartir sur sa faim…

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Fink - “Biscuits For Breakfast”

Biscuits For Breakfast[Album]
24/04/2006
(Ninja Tune/Pias)

Même si la sortie d’un disque Folk ne peut être considéré comme un évènement des plus originaux en ces temps où ils font même la couverture de Télérama, en voilà pourtant un qui surprend et surprendra tout son monde. Plus tout jeune, loin d’être vieux, mister Fink entame une seconde carrière avant même d’avoir connu l’échec dans sa première. En effet, pour sortir en cette fin de mois d’avril un superbe album, “Biscuits For Breakfast”, Fink a dû passer par bien des étapes. De fait, il prend à contre-pied tous ceux qui l’avaient apprécié pour ses compositions électros, celles là même qui avaient convaincu Ninja Tune de l’intégrer à son fameux catalogue Lire la suite…

Sleeppers - “Signals From Elements”

Signals From Elements[Album]
24/04/2006
(At(h)ome/Wagram)

“Interaction”, dernier album en date des Sleeppers sorti il y a maintenant trois ans, est de ceux dont aime encore se délecter. “15.597_Making Noises”, excellent DVD datant d’il y a quelques mois, aimait rappeler que les bordelais forment une machine de guerre imparable sur scène, mais préparait aussi doucement le terrain de ce “Signals From Elements”, nouvel opus encore une fois bluffant. Rasez les murs, le rouleau compresseur est de nouveau de sortie et va encore laisser de sérieuses traces dans les esprits des mélomanes éduqués aux Neurosis et Unsane..

Alors que le précédent opus laissait autant apparaître une production plus léchée que les influences mélodiques de leur nouveau guitariste, celui-ci semble s’être définitivement intégré au groupe qui, en plus de s’enrichir, opère un léger retour en arrière en lorgnant discrètement vers la période “Cut Off”. “Signals From Elements” revient à un son moins compact, plus rock, aux ambiances sombres et on ne peut plus tendues ou quelques riffs parviennent à se faire une place dans cette mer déchaînée de rythmiques machinales et d’accords puissants déferlant par vagues successives (”Blacklisted”). Tourner en rond est un piège qui pourrait alors tendre les bras aux Sleeppers si ceux-ci n’étaient pas détenteurs d’une technique sans faille, celle qui permet aux guitares de se compléter habilement, voire de converser (”Darwin 5.4″, “Monkey Decision”), d’hypnotiser l’auditeur en le soulevant vers des sphères de plus en plus hautes, mais aussi d’apporter assez de relief (”Slaves”) pour parfois aussi laisser s’installer un chant plus mélodique et planant (”Undone”). Les Sleeppers jouent d’insolence, pondent des titres paradoxalement violents, brutaux et séduisants, comme cet excellentissime “Thrill”, sorte de montée de marches royale vers le palais des esprits possédés, ou le plus tribal “Ruines” (feat Reuno de Lofofora) qui pousse l’auditeur vers une violence addictive accrue au fur et à mesure qu’il s’enfonce dans ce disque (”Don’t”, “Recycle V2.0″). Fort heureusement, la redescente s’opère en douceur avec un long “Landscapes” marquant une surprenante collaboration avec Rageous Gratoons, et un “Tokio 3127″ aux consonances electro assez proche de Trigger, projet electro dub des bordelais

“Signals From Elements” est incontestablement le meilleur disque des Sleeppers. Sous ces treize pavés, une rage débordante et positive, marque indélébile d’un groupe qui sait utiliser à bon escient une expérience longue de maintenant dix-sept ans. Dix sept ans au service d’une noise hardcore qui a su fédérer un public constamment demandeur, qui plus que jamais prend plaisir à se taper la tête contre les murs, à se faire cisailler la tronche, à entrer en transe dès que raisonnent de pareilles “berceuses”. Les Sleeppers sont grands, et il va enfin falloir que ça se sache…

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Soul Position - “Things Go Better With RJ And Al”

Things Go Better With RJ And Al[Album]
04/04/2006
(Rhymesayers/2 Good)

Un premier Ep qui fleurait bon la collaboration explosive, un album inégal arrivé ensuite qui avait pris son temps pour confirmer, sans compter sur le récent opus solo de Blueprint passé presque inaperçu, et la collaboration décevante entre RJD2 et Aceyalone… Que d’éléments qui ne laissaient rien prévoir quant à ce nouveau disque de Soul Position. Pourtant, les deux compères semblent en avoir gardé sous la semelle, avoir laissé la priorité à ce “Things Go Better With RJ And Al” tant celui-ci fait l’effet d’une petite bombe à l’heure ou l’actualité hip hop est bien trop pauvre pour déchaîner les passions. Ça va changer..

Blueprint n’a plus à confirmer son talent de Mc, encore plus au sein de Soul Position. Non, si doute il pouvait y avoir, il serait venu plus certainement de Rjd2 qui nous a toujours habitué à des productions assez différentes, voire en demi-teinte parfois. C’était notamment le cas avec le récent “Magnificient City” qu’il offrait à Aceyalone. Car ce qu’on aime chez le new yorkais, c’est ce mélange détonant de hip hop et de chaudes sonorités soul/funk issues de l’utilisation parcimonieuse de cuivres et de claviers. Quand ce “Things Go Better With Rj & Al” débarque, on espère alors qu’une chose: retrouver cette patte très personnelle qui arrose le public hip hop de vibrations positives.Si elle revient plutôt timidement sur un “No Gimmicks” d’ouverture néanmoins de qualité (tout comme plus tard sur “The Extra Mile”), elle devient clairement explosive sur “Hand Me Downs” avec ses cuivres pêchus et son beat affirmé, et reste tout aussi efficace sur le plus minimal “Blame It On The Jager” et le bouncy “I Need My Minutes”.Mais c’est surtout sur “Keep It Hot For Daddy”, “I’m Free”, “The Cool Thing To Do”, et “Priceless”, tous les quatre invitations à taper des mains, ainsi que le “Keys” plus posé, ou le plus rock “Drugs Sex Alcohol Rock n’Roll” que le duo Soul Position laisse entrevoir une osmose artistique indéniable

Soyons clairs. “Things Go Better With RJ And Al”, bien plus cohérent que son prédécesseur, porte définitivement bien son titre et affirme la collaboration RJD2/Blueprint comme une des plus efficaces du marché. Il rayonne de cet album une ambiance telle, qu’on imagine déjà un public réchauffé et fédéré par les mélodies accrocheuses qu’il contient. Il ne serait même pas exagéré de le retrouver dans le top 5 des albums 2006. Si, si..

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Cougar - “Law”

Law[Album]
23/01/2006
(Layered/Import)

La vie est faite de belles découvertes. C’est sans aucun doute ce qu’on se dit à l’écoute de “Law”, premier album de Cougar, groupe issu du collectif Layered comprenant notamment Young Blood Brass Band. Pourtant, le quintet n’a musicalement rien à voir avec cette fanfare hip hop un temps signée chez Ozone (Mike Ladd, Sonic Sum,…), mais se fait un malin plaisir à naviguer dans les eaux communes de l’indie, du post rock et du downtempo, celles ou Tortoise, Fourtet, Cinematic Orchestra, Telefon Tel Aviv, ou Fugazi tiennent la barre. Mais, dresser une liste d’influences n’aurait ici pas de sens tant Cougar est un combo original de par son approche unique, et dont les deux chevaux de bataille sont la richesse rythmique et la beauté des notes

Ces deux éléments totalement maitrisés, “Law”, produit par John McEntire (Tortoise), pouvait sans crainte s’ajouter à la longue liste des albums instrumentaux. Mais là ou la majorité peine à captiver l’auditeur sur toute la longueur de son oeuvre, Cougar est de ceux vers qui on revient systématiquement et dont on aime se délecter. Ses guitares laissent échapper quelques mélodies séduisantes qui, sures d’elles, viennent caresser nos oreilles avec une douceur insolente; les rythmiques qui les encadrent sont ultra-efficaces, d’une richesse rare et contribuent au groove permanent de cet opus. Incontestablement, “Atlatl”, titre d’ouverture complet et évolutif, est une introduction rêvée, une mise en bouche parfaite pour afficher l’univers musical de Cougar. Plus loin, “Strict Mutiny” est du même acabit, possède les mêmes atouts mais adopte une rythmique plus chaude et voit un violoncelle lui offrir encore plus de profondeur. Mais la force de Cougar est de donner beaucoup de relief à son répertoire, en mettant la guitare à l’honneur (”Interracial Dating”), en optant pour un registre plus electro (”Two”), puis pour un rock intense (”Your Excellency”). Mais l’apogée de cet album est sans aucun doute ce “Pulse Conditioner” conjuguant arpèges de guitare frissonnants, rythmique chaleureuse et à tendance downtempo, percussions sans concession, rebondissements, et groove imparable

Difficile de trouver les bons mots au sujet de ce “Law”, né de la porte ouverte laissée à l’imagination de ses géniteurs. Bien qu’à mi-chemin entre rock et downtempo, il ne part jamais dans tous les sens, affiche plutôt une cohérence et une homogénéité rarement entendues au sein d’un disque si original, bien qu’à la méthode des plus conventionnelles. Ici, Cougar va de la berceuse lancinante aux envolées électriques sans jamais déboussoler l’auditeur. On n’arrive pas à un tel résultat sans une personnalité bien affirmée et une parfaite maîtrise de son instrument. Voilà qui sera incontestablement dans la liste des meilleurs albums de l’année. En attendant, y jeter une oreille relève de l’obligation

E-N-O-R-M-E

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Houston Swing Engine - “The Tiger Flamboyant”

The Tiger Flamboyant[Album]
01/01/2006
(At(h)ome/Wagram)

Il est rare que la Suisse tremble. Mais quand Houston Swing Engine redéboule dans les bacs, armés d’un nouvel opus sous le bras, on ne peut s’attendre chez les helvètes qu’à quelques avalanches. “The Smell Of Horses”, leur précédent disque, avait rallié sous la même bannière les amateurs de hardcore, de stoner, du punk et tout simplement de rock n’roll. “The Tiger Flamboyant” est donc la suite logique dans la discographie des suisses. “Instrument.1″, morceau instrumental d’ouverture, jette les dés et nous revoilà partis dans un tourbillon de saturation dont nous aurons encore beaucoup de mal à nous remettre. Elevés avec Queens Of The Stone Age, Refused, Fu Manchu, The Stooges et Quicksand dans le casque, ces quatre couillus pondent onze titres tous aussi bons les uns que les autres. Chose rare au sein de ce genre de disque facilitant la faute de goût, les longueurs et les répétitions. Non, ici c’est un mur qu’on se prend à chaque fois dans la gueule, les riffs inspirés des années 70 nous giflent, la rythmique est lourde et sans concession, la voix chantée ou hurlée. “On The Road”, “Good Boy”, “Leather Boots Blues” ou “The One Who Follows” illustrent à merveille la puissance d’exécution de ces anciens Shovel, Eastwood et Unfold. “The Tiger Flamboyant” transpire la rock n’roll attitude, ne vous laisse aucun répit, vous tend des pièges pour mieux vous retourner la cervelle dans la seconde. Ce combo suisse, en trois quarts d’heure de temps, a gagné l’étage des grands groupes de rock européens. Indispensable

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Burning Heads / UMFM - “Incredible Rock Machine”

Incredible Rock Machine[Album]
20/10/2005
(Opposite/Codaex)

Burning Heads et Uncommonmenfrommars, deux groupes pour qui ces derniers mois ont été synonymes de changement, se retrouvent sur une même galette concrétisant une belle aventure commune. En effet, les seconds se sépareraient de leur label, tandis que les premiers, rassasiés des changements de maisons de disque et de leur parcours en semi-major chez Yelen (qui n’existe d’ailleurs plus), ont décidé de monter leur propre structure afin de sortir leurs disques sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit… C’est donc sur Opposite Records que sort ce split proposant une reprise et quatre inédits par groupe, dont un chanté par l’autre. Tout un programme..

C’est le combo d’Orléans qui lance les hostilités dans une veine punk rock speedé, un brin old school, qui s’inscrit nettement dans la continuité de ses derniers opus. Pourtant, hors mis “Freedom Tower” plutôt réussi, des titres comme “STFU” ou plus nettement “Beware” sonnent comme du déjà entendu, pour ne pas dire du coupé/collé, et laisseraient même penser à un léger manque d’inspiration. Et ce n’est pas vraiment “Paranoia”, chanté par les Unco, ou leur reprise de Youth Brigade (”Did You Wanna Die”) qui viendront redorer leur prestation. Du coup, les Unco, nos Nofx nationaux, seraient presque les plus convaincants de l’histoire (”Everyone’s Against Me”, “Plastic Guns”) malgré un “Attitude Problem” en demi teinte, ainsi qu’un “X4″ chanté par les Burning Heads et une reprise de DI (”Johnny’s Got a Problem”), tous deux sans véritable intérêt. On se rabattra donc volontiers sur les bonus vidéo, toujours intéressants, notamment sur ce “documentaire” de 25 minutes retraçant la session studio

La dernière seconde de ce disque atteinte, on reste donc sur notre faim, déçu de la prestation de ces deux groupes nous ayant clairement habitué à mieux. Mais ce qui nous inquiète surtout, c’est la production, qui bien que satisfaisante, n’atteint pas le niveau des derniers albums (des Burning notamment). L’autoproduction, incombant des moyens plus modestes, peut certes être synonyme de crédibilité, bien que les orléanais n’en manquent pas, mais il serait vraiment dommage que cela se répercute sur la qualité de leurs disques. C’est un peu l’impression qui se dégage ici. Mais le nouvel album des Burning Heads étant actuellement en chantier, on attendra sa sortie, aussi attendue que les précédentes, pour définitivement savoir si le groupe a préféré l’indépendance au risque de se saborder et de redevenir plus confidentiel… En attendant, 60 dates communes sont prévues et, elles, ne décevront pas.

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31 Knots - “Talk Like Blood”

Talk Like Blood[Album]
11/10/2005
(Own Records/Cod&s)

Le récent maxi de 31 Knots, “The Curse Of The Longest Day”, a laissé assez de traces dans nos mémoires de bouffeurs de rock pour qu’on accueille avec enthousiasme le nouvel album de ce groupe désormais signé chez Polyvinyl aux USA. D’une richesse musicale rarement entendue, le combo ne se prive pas d’évoluer à chaque disque, et “Talk Like Blood” en est la preuve parfaite en évoluant peu à peu vers ce qu’on pourrait qualifier de renouveau prog rock Lire la suite…

…Trail Of Dead - “Worlds Apart”

Worlds Apart[Album]
25/01/2005
(Interscope/Universal)

Des groupes de rock excitants et imprévisibles, avouons qu’il y en a peu. Mais And You Will Know Us By The Trail Of Dead en fait partie haut la main et déboule en ce mois de janvier dans les bacs avec un troisième album qui, une fois encore, marque une évolution certaine par rapport aux précédents travaux des texans. “Worlds Apart” est plus osé, plus posé et faussement plus accessible. Le groupe explose les formats radio et réussit le difficile pari de jouer sur la variété des influences sans pour autant nuire à son homogénéité. Vous l’aurez compris, la carte de la facilité ne fait pas partie du jeu des Trail Of Dead. Ceci acquis, plus d’étonnement à l’écoute d’une introduction lyrique qui ouvre les hostilités de ce “Worlds Apart”. Le groupe plante le décor à force de riffs tournants et de rythmique renversante, parfois un peu à la manière d’un Fugazi (”Caterwaul”). Les plans s’enchaînent avec surprise et insolente fluidité comme sur le long “Will You Smile Again”, le groupe se veut fédérateur et communicatif au point de froler le tube avec les sing along “Worlds Apart”, “Rest Will Follow” et “Let It Dive”, l’exercice piano voix est même récurrent (”Summer 91″, “All White” lorgnant même vers les Beatles) et celui de la production bien senti. Pourtant, les texans gardent sous jacente cette hargne et cette tension qui les caractérisaient sur les précédents disques (”Classic Art Showcase”). And You Will Know Us By The Trail Of Dead reste donc ce groupe imprévisible et renversant, imperméable aux influences extérieures, qui n’accouche de musique qu’à condition d’y trouver un enrichissement certain. Voilà une démarche qui devrait en inspirer beaucoup.

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