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Exit Music - “Songs With Radio Heads”

Songs With Radio Heads[Album]
03/04/2006
(BBE/Pias)

C’est à ce genre de disque qu’on reconnaît les grands groupes. Ceux capables d’inspirer des artistes d’horizons divers pour un résultat toujours intéressant. Inutile de le préciser, Radiohead est de ceux-là tant il repousse constamment les limites de sa créativité. C’est donc à l’initiative de BBE qu’une dizaine de musiciens reprennent quelques standards des anglais pour un tribute surprenant mais incroyablement qualitatif et convaincant

Shawn Lee ouvre le bal en reprenant “No Surprises” dans une version assez proche de l’original. Puis les choses sérieuses commencent. Mark Ronson, épaulé par Alex Greenwald, transforme “Just” en un véritable hymne funky pop ou le groove et les cuivres font tout leur effet. Certainement la meilleure reprise de ce tribute. RJD2 enchaîne ensuite avec “Airbag”, cover instrumentale marquée par la patte ambiante et légère du bonhomme, mêlant habilement les lignes de Rhodes et quelques traitements sonores bien sentis. C’est alors qu’on rentre dans un moment plus pointu du tracklisting avec l’imprévisible Matthew Herbert accompagné de Mara Carlyle pour un “Nice Dreams” chaleureux et planant, avec The Randy Watson Experience pour un “Morning Bell” teinté electro jazz, puis Sa-Ra electronisant “In Limbo” tout comme le fera plus tard Onsulade & Erro pour “Everything In Its Right Place”. Retour sur terre ensuite avec Pete Kuzma et Bilal reprenant de manière très convaincante un “High & Dry” façon soul, avant que le jazz ne soit à l’honneur avec le “Karma Police” de The Bad Plus et un piano en guise de ligne de chant, et le “Exit Music (For a Film)” cuivré de Cinematic Orchestra

Divers styles musicaux se côtoyant ici, ce tribute à Radiohead ne fera peut-être pas l’unanimité chez tout le monde, la question de goût repointant inévitablement le bout du nez. Quoi qu’il en soit, personne ne pourra minimiser l’originalité et la qualité de ces reprises qui nous permettent ainsi d’écouter du Radiohead comme il ne nous a jamais été permis de l’entendre jusqu’à maintenant. Fans du groupe, c’est pour vous… Les autres, cet autre contexte pourrait bien vous y mettre définitivement

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DFA - “The DFA Remixes”

The DFA Remixes[Album]
24/03/2006
(DFA/Emi)

Si beaucoup de Dj s’adonnent à l’exercice du remix, peu peuvent se vanter d’imprégner les originaux d’une patte vraiment reconnaissable entre mille. James Murphy et l’équipe du label DFA sont de ceux qui se le permettent grâce à cette couleur musicale oscillant entre punk, funk et disco capable de transformer un tube en gros tube sans pourtant trop le dénaturer. C’est un peu ce qui ressort de cette compilation, série de remixes tous aussi bons formant une cohérence digne d’un véritable album. Il faut dire que les revisites du Blues Explosion (”Mars, Arizona”), de Soulwax (”Another Excuse”), de Metro Area (”Orange Alert”), celle plus lente de The Chemical Brothers (”The Boxer”), l’efficace “Deceptacon” du Tigre, ou l’excellent relifting de Gorillaz (”Dare”), maxi plutôt couru ces derniers temps, vont clairement dans ce sens. Et la fine équipe sait aussi faire durer le plaisir, laisser les morceaux monter doucement en intensité, au point d’atteindre quasiment le quart d’heure comme c’est le cas pour ce dernier, laissant son auditeur se prendre au jeu et s’imprégner doucement de sa musique. Pour ce premier volume, on regrettera seulement les très moyens “Dance To The Underground” de Radio 4, et “Just Like We Breakdown” de Hot Chip. Un deuxième volume devrait très rapidement emboîter le pas. Espérons donc juste que DFA n’ait pas usé là de ses meilleures cartouches. Réponse d’ici quelques semaines..

TracklistingLe Tigre - DeceptaconBlues Explosion - Mars, ArizonaThe Chemical Brothers - The BoxerSoulwax - Another ExcuseRadio 4 - Dance To The UndergroundFischerspooner - EmergeGorillaz - DareMetro Area - Orange AlertHot Chip - (Just Like We) Breakdown

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Various Artists - “Dave Chappelle’s Block Party”

Dave Chappelle's Block Party[Album]
14/03/2006
(Geffen/Import)

Il y a des disques que seule l’Amérique peut nous offrir. Celui-là en est un. Et pour cause. A la base, “Dave Chappelle’s Block Party” est un film de Michel Gondry, réalisateur reconnu de longs-métrages et de clips, à l’initiative de Dave Chappelle, ce comique américain possédant sa propre émission de télévision outre-atlantique. L’idée est bonne: celui ci décide durant l’été 2004 d’organiser lui même un énorme évènement top secret à Brooklyn, sur le modèle des block parties qui pouvaient avoir lieu il y a quelques années maintenant, en y conviant entre autres un public qui n’a jamais écouté un disque de hip hop auparavant. Il rassemble donc la crème du genre, à savoir Mos Def, Talib Kweli, Dead Prez, Kanye West, Common, Erykah Badu, Jill Scott, Cody Chesnutt, John Legend, The Roots et les Fugees fraîchement réunis. Vous avez pigé, le film est l’éternel témoignage de ce concert de rêve, qui est finalement au hip hop ce que le “A Great Day In Harlem” est au jazz, ou le “Woodstock” au rock. Pour le coup, une spontanéité et une amitié admirables transpirent de cette douzaine de titres parfaitement produits. Que demander de plus pour vibrer sur le “Definition” de Blackstar, ou les incontournables “Hip Hop” de Dead Prez et “Umi Says” de Mos Def. Dommage quand même que ce disque ne contienne pas, sûrement pour des raisons contractuelles, les apparitions de Kanye West, John Legend, Cody Chesnutt ou des Fugees. On se consolera cependant sans souci avec les prestations chaleureusement soul des Dames, nommées Jill Scott et Erykah Badu, présentes sur les versions surprises de “You Got Me” des Roots et ralongées de “The Light” du grand Common. C’est une fois ces titres bien calés sur les oreilles, et les yeux fermés, qu’on se rend alors compte de la grandeur de l’événement: certainement aujourd’hui le meilleur concert sur bandes. On aurait payé cher pour y être…

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Big Apple Rappin - “The Early Years”

The Early Years[Album]
27/02/2006
(Soul Jazz/Discograph)

Inutile de douter de la qualité d’un disque provenant du label Soul Jazz Records, qui nous a habitué depuis quelques années à quelques documentaires audios de très haute facture. D’abord connu pour ses rétrospectives reggae, soul/funk, ou jazz, la structure anglaise, devenue un véritable gage de qualité, s’est depuis attaquée à la scène p-funk et à la acid house, avant de se pencher (enfin) sérieusement sur le hip hop old school avec la sortie imminente de “Big Apple Rappin”. Aussi complète que ses prédécesseurs, cette nouvelle référence couvre en deux CDs les premières apparitions du hip hop à New York, en compilant certains des premiers titres du genre sortis sur divers labels indépendants entre 1979 et 1982, et en proposant un livret de 64 pages comprenant quelques flyers d’époque signés Buddy Esquire, des photos exclusives de Joe Conzo et quelques interviews.

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Various Artists - “Cuts Of Culture”

Cuts Of Culture[Album]
13/02/2006
(Amalgam/Nocturne)

Si le turntablism est une discipline phare du mouvement hip hop, peu nombreuses sont les compilations à répertorier les meilleurs talents, confirmés et en devenir, de la discipline. C’est ce qu’ont essayé de corriger Electric Break et Turntable Radio: regrouper sur un même CD les djs les plus doués du monde entier, éparpillés entre huit pays et deux continents. Tel est le concept de “Cuts Of Culture”. Avec patience, la plus grande volonté, et une ouverture d’esprit sans précédent, les deux structures ont réuni un grand nombre de morceaux soulignant la diversité, le potentiel de la discipline et les ont laissés entre les mains de 2 Tall pour un mix devenu, du coup, encore plus attrayant. Et ce n’est pas la présence des Dstyles, Damented, Grazzhoppa, C2C feat Hocus Pocus, ATrak, Morse ou Troubl qui risque de vous freiner. Une initiative sympathique à condition, tout simplement, d’être assez familier avec le turntablism pour s’en payer une tranche d’une heure..

Tracklisting1 - 2tall - Intro 2 - Mista Ed - Unfinished Business 3 - Noisy Stylus - Summertime 4 - D-Styles - No Warning 5 - Damented feat Renegade - Killa Tactics (Organic Rescratch) 6 - Daredevil - What’s His Name? 7 - Grazzhoppa - Back with Venom 8 - Kypski & Lah - Don’t We 9 - Lamont - Whole Beat 10 - C2C feat Hocus Pocus - Feel Good 11 - Beatwars feat 2tall - Press Rewind 12 - Atrak feat Dipset - Don’t fool with the Dips 13 - Ricci Rucker feat Jihad from Third Sight and Dstyles - The People vs The Fake 14 - Excess - Fast Asleep 15 - Troubl - Peep Durdle 16 - Tayone - Do You Know? 17 - Kodh - Infil(e)trate 18 - Morse - Looking for the Unperfect Beat 19 - 2tall feat Muzzel, Tigerstyle, Grazzhoppa, Rafik, Damented, Whut!, Kodh, Daredevil and Square One - Operation Interference

Sound Dimension - “Jamaica Soul Shake Vol1″

Jamaica Soul Shake Vol1[Album]
06/02/2006
(Soul Jazz/Discograph)

Prenant son nom du système d’écho permettant aux musiciens de répéter leurs notes, The Sound Dimension, l’orchestre maison le plus populaire de Studio One après les légendaires Skatalites se fait connaître dans les années 60 par ses fameux instrumentaux funky-reggae qui ont donné naissance à une bonne centaine de hits, désormais internationalement connus (”Ram Jam”, “Who Dun It”, “Girl, I’ve Got a Date”), pour le compte des Alton Ellis, John Holt, Cornell Campbell, Dennis Brown, Horace Andy, Freddie McGregor et j’en passe. Pourtant, question renommée, les membres de ce groupe capable de pondre jusqu’à cinq hits par semaine à l’époque, ne sont pas en reste, The Sound Dimension comptant dans ses rangs les Jackie Mittoo, Cedric Brooks, Vin Gordon, Ernest Ranglin, Leroy Wallace ou Roland Alphonso parmi quelques autres

L’acquisition par Coxsone Dodd de cette fameuse boîte à effets, lors de la tournée anglaise de Jackie Mittoo en 1967, va donc à jamais changer la face du reggae. À son retour en Jamaïque, il renomme son groupe de studio du nom de ce système d’écho analogique qui va radicalement faire évoluer le genre, le rocksteady laissant alors peu à peu la place au reggae, ce même reggae qui, dans les années 80, allait ressurgir comme base de centaines de titres dancehall. Autre preuve de l’engouement pour cette machine, base parfaite pour les expérimentations dub: pas un seul disque Studio One de la fin des années 60 et des années 70 ne comporte pas à en face B une version dub

Mais The Sound Dimension, le groupe, n’a pas toujours été qu’un backing band pour artistes en verve. Quand il ne les accompagnait pas, ce all star band de l’époque composait pour son propre compte, donnait naissance à quelques titres instrumentaux à la couleur clairement funkie, ou les cuivres occupaient pleinement la place laissée vacante par les vocaux. Conscient du patrimoine musical que peut représenter The Sound Dimension, Soul Jazz sort en ce début d’année “Jamaica Soul Shake Vol 1″, une compilation de classiques et de titres inédits du plus grand groupe de Studio One. Une pièce maîtresse du genre qui manquait aux bacs des disquaires et qui, de par le fait, s’impose désormais comme un indispensable de la discothèque de tous les amateurs de reggae

Ecoutez un extrait sur le site Soul Jazz

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Various Artists - “Audioactivism”

Audioactivism[Album]
23/01/2006
(Jarring Effects/Pias)

Si Jarring Effects est arrivé à autant peser sur le paysage musical français, c’est parce qu’il a toujours allié la qualité et la découverte. Alors, forcément, quand il sort une compilation, on s’attend toujours à y trouver quelques nouveaux artistes au talent évident. “How Do You Sleep?”, premier exercice du genre en 2002, le confirmait plutôt bien. Avec “Audioactivism”, le dub a cette fois laissé tomber ses couleurs jungle ou drum n’bass, au profit du hip hop, influence évidente à l’écoute des dernières productions du label. “Le côté sombre de la musique électronique”, c’est la ligne directrice de ce disque, auquel au concept de compilation, s’ajoute aussi celui de thématique, en l’occurrence la phrase universelle de Gil Scott Heron, “The revolution will not be televised”

Plutôt adéquat comme sample de base, ici obligatoire, pour toute une troupe dénonçant l’uniformisation des cultures. Chacun y va donc de son inédit, beaucoup confirment leur talent, d’autres déçoivent un peu, pendant que certains font figure de véritable révélation. C’est le propre de la compilation. L’Oeuf Raide, Dj Twelve (High Tone), et My Dog Is Gay (Abstrackt Keal Agram) ouvrent tour à tour le bal et s’inscrivent dans la suite logique de leurs récents et beaux efforts. Malheureusement, l’enthousiasme retomberait presque au fur et à mesure que Grosso Gadgetto, Reverse Engineering (dernière signature Jarring au hip hop minimal et glacial peut être difficilement digeste sur la longueur, à voir…), Akufen (guitariste de High Tone accompagné du piètre Lee Harvey Asphalte au chant), ou Interlope prennent le relais. Mais ce serait quand même sans compter sur les fougueux Red Bong qui, bien qu’inspirés Assassin, rejoignent ici le clan des plus efficaces. Tout comme les excellentes surprises que sont R-Zatz/Fisto, technicienne du studio Jarring accompagnée du Mc de la 5ème Colonne et du bassiste de High Tone pour un titre très inspiré, Uzul Prod, composé de membres de Kaly Live Dub et Picore, ou Feedle Grind, projet solo de l’homme derrière les machines d’Ez3kiel

Du beau monde donc sur ce “Audioactivism”. Pourtant, il nous vient à regretter que Jarring Effects n’ait pas dépassé les frontières de son propre entourage. Ce disque n’aurait que gagné en constance et donc en qualité, car il y a en France, d’autres artistes de ce genre qui, tout en étant meilleurs que d’autres ici présents, auraient complètement collé au projet. Là, on pousse au perfectionnisme. Car “Audioactivism” ne souffre cependant que de peu de faux-pas et enthousiasmera tous les adeptes d’electro hip hop. Vivement conseillé.

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Dischord Compilation - “20 Years Of Dischord Box Set”

20 Years Of Dischord Box Set[Album]
24/09/2002
(Dischord/Chronowax)

Devenu un label incontournable de la scène rock indépendante américaine et mondiale, Dischord fête aujourd’hui ses vingt ans en sortant une superbe compilation retracant son histoire. Après avoir vu naître des groupes devenus mythiques comme Jawbox, Minor Threat, Fugazi, Youth Brigade, Government Issue, Dag Nasty et d’autres tels que Bluetip, Scream, Rites Of Spring, Soulside, Shudder To Think, Nation Of Ulysses, Hoover et Q And Not U qui marqueront eux aussi l’histoire du rock, Dischord fait figure de monument et continue de dorer son image avec ce bel objet anniversaire

Trois disques composent cette compilation. Les deux premiers regroupent tous les morceaux incontournables de ces dernières vingt années. On y retrouve donc les groupes suscités mais aussi The Teen Iddles, State Of Alert, Void, Iron Cross, Faith, Skewbald, Embrace, Egg Hunt, Ignition, One Last Wish, Happy Go Licky, Lungfish, Severin, Circus Lupus, Branch Manager, Trusty, Smart Went Crazy, The Make Up, Faraquet et j’en passe. 50 morceaux sur ces deux volets qui auront contribué au succès de ce mythique label de Washington DC

Le troisième disque compile des morceaux rares ou inédits de Teen Iddles, The Untouchables, State Of Alert, Minor Threat, Government Issue, Youth Brigade, Void, Scream, Deadline, Faith, Marginal Man, Dag Nasty, Fugazi, Shudder To Think, Circus Lupus, Slant 6. 23 morceaux suivis d’une courte interview et de six clips vidéos ou l’on peut apprécier Void, SOA, The Teen Iddles, Deadline, Faith et The Untouchables en live!!! De quoi ravir les fans de la première heure

Non content de proposer 74 morceaux au total, ces trois volets sont accompagnés d’un livret de 120 pages environ écrit par Henry Rollins. Il retrace brièvement l’histoire du label mais aussi les carrières de chacun des groupes participant à l’aventure. Abondamment illustré, il permet aux anciens et plus jeunes de mettre un visage sur ceux qui hantent nos platines depuis plusieurs années

Un bel objet anniversaire que tous fans de punk hardcore se doit de se procurer. Très complet, il permet aux retardataires de mieux comprendre l’évolution du label, aux autres de complèter leur discographie Dischord et à tous de parfaire sa culture musicale. Plus que conseillé, obligatoire! Un best seller…

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