The Fawn, ramification expérimentale


(c) Brigou

Initié en 2011 par Nathan Baumann, le projet jurassien The Fawn sort ce mois-ci sa huitième publication ‘Branches’ sous le label suisse Hummus Records. Enfant du conservatoire, de l’harmonie et de la théorie musicale, le Monsieur dirige une vingtaine de musiciens, techniciens, photographes, danseurs et graphistes d’une main de maître, tel un véritable chef d’orchestre à mi-chemin entre pop culture américaine et scène expérimentale suisse.

‘Qui est The Fawn? Nous sommes The Fawn’.

On ne sait pas véritablement ce qu’est The Fawn: de la pop collective, de la pop expérimentale ou de la culture pop. C’est avant tout un collectif et un projet global: ‘la continuité du projet n’est pas dans la musique mais dans le processus‘ explique Nathan Baumann. En Suisse, il y a deux scènes musicales aux identités propres: celle du hard, celle de la musique expérimentale. Le musicien et son collectif puisent dans cet univers musical, celui du jazz et de l’improvisation, du saxophone de Lucien Dubuis, et des sons noises psyché de la musique dite populaire de leur enfance.

Après six EP et disques live (The Fawn I, II, III, Who’s The Fawn, Live at Bikini Test, Fours à Chaux), ainsi que les messes méditatives et épurées du premier album ‘Collegium’ enregistré en 2012 dans une collégiale, ‘Branches’ sort après deux ans de travail, étalé sur quatre journées. L’opus a été conçu sur le même procédé que celui adopté par Miles Davis pour les enregistrements de ‘The Cellar Door Sessions’: ‘je peux diriger un composition mais, sans l’énergie des gens, ça ne fonctionne pas. Le fond, c’est travailler avec un ensemble, ménager de l’espace pour une personnalité, et faire jouer quelque chose‘.


(c) Brigou

Baumann choisi de diriger quatre line up pour chacun des morceaux, et pose délicatement sa voix, telle une mélodie suspendue au dessus des sons électriques des instruments. Plus expérimental que l’album qui l’a précédé, ‘Branches’ ne se compose que de quatre compositions qui pourraient apparaître comme quatre singles déposés les uns à côtés des autres, sans véritable ligne directrice. L’oeuvre porte bien son nom: c’est une ramification de chansons qui se lisent et peuvent se relire dans tous les sens. Mais au fil des écoutes, ‘Branches’ est bel et bien une véritable unité, et finit par s’écouter comme une lecture d’un livre de quatre chapitres dont la narration doit rester inchangée.

Work in Progress

‘Branches’ est un huitième document, et une huitième étape dans le projet de composition globale du collectif. The Fawn travaille différemment, ne livre pas un disque et une tournée, mais continue de produire des albums. Du show acoustique au concert électrique, le collectif offre un live différent à chaque passage sur scène, et travaille selon les conséquences en répondant à l’instant et au lieu qui lui est proposé. Singulière et particulière, la musique de Nathan Baumann ne laisse jamais prédire ce qui va se passer par la suite dans chacune de ses futures compositions impulsives.

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