Rage Against The Machine fête les 25 ans de son premier album

Rage Against The Machine fête les 25 ans de son premier album

Il est primordial de remettre les choses dans leur contexte pour bien peser l’impact que ce premier album de Rage Against The Machine a eu sur toute une génération, faisant de lui un disque plus qu’essentiel. C’est au début des années 90 que le groupe nait sur les cendres de Inside Out et Lock Up, les précédents groupes au sein desquels se distinguaient Zach De La Rocha et Tom Morello. Respectivement fils d’artiste politique chicano et neveu du premier président kenyan, il n’en fallait pas plus pour que, sous leur impulsion, le quatuor prenne d’emblée la voie de l’engagement politique pour cribler l’Amérique, l’impérialisme culturel et l’oppression gouvernementale de rimes, de punchlines et de slogans révolutionnaires sur fond de métal, de hip hop à la Public Enemy ou Beastie Boys, et de punk à la Fugazi. Un mélange d’une efficacité redoutable déjà pratiqué par les hollandais de Urban Dance Squad, mais que les californiens allaient définitivement démocratiser jusqu’à en faire un des courants les plus puissants du rock des années 90.

Rage Against The Machine donne donc son tout premier concert le 23 octobre 1991 (voir vidéo ici), signe chez Sony au grand damn des détracteurs qui ont instantanément remis en cause son discours révolutionnaire. Parmi eux, le groupe Infectious Grooves critiquant l’hypocrisie de la bande de Zach de la Rocha via son titre moqueur ‘Do What I Tell Ya!’ (en écoute ici), ce à quoi répondait Tom Morello : ‘Au sein d’une société capitaliste, l’information se diffuse inévitablement via des canaux capitalistes. Noam Chomsky vend ses livres chez Barnes & Nobles parce que c’est dans ces magasins que les gens achètent des livres. Notre but n’est pas de seulement prêcher les convertis. Jouer dans des squats anarchistes, c’est bien, mais faire passer notre message révolutionnaire de Los Angeles à Stuttgart.

C’est avant cela, le 3 novembre 1992, que le premier album du quatuor voyait le jour. Orné de sa pochette emblématique représentant un moine vietnamien s’immolant en 1963 en guise de protestation contre les meurtres de bouddhistes ordonnés par le pouvoir de l’époque, soutenu par les Etats Unis, le disque dévoile par la même occasion les bombes protestataires interplanétaires que deviendront ‘Bombtrack’, ‘Killing In The Name’ et ‘Bullet In The Head’. Au-delà de son contenu fusionnant pour la première fois avec brio les influences hip hop et métal, ce premier album met surtout en lumière un groupe sans prétention ni artifice, accentuant de fait chacun de ses messages. Sans cesse rabâché depuis sa sortie, le disque a immortalisé une véritable marque de fabrique condamnant beaucoup de contemporains et d’héritiers au rang de suiveurs dès lors qu’ils se risquaient à une pareille fusion. (Enième) écoute intégrale à l’occasion de son 25ème anniversaire.

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