Fugazi fête les 20 ans de ‘End Hits’

Fugazi fête les 20 ans de ‘End Hits’

End Hits. Quand ce titre est apparu dans les colonnes des médias spécialisés au moment d’annoncer le cinquième album de Fugazi, des frissons ont parcouru le dos des fans alors craintifs de voir le groupe de Washington DC sonner là son clap de fin. S’il n’en fût rien, The Argument s’en étant finalement chargé trois ans plus tard, la bande de Ian McKaye, sur la pente ascendante de l’inspiration depuis ses débuts, ne pouvait décemment tout stopper en 1998, alors qu’elle ouvrait une nouvelle porte de son identité en s’enfonçant un peu plus encore dans l’expérimentation studio, goûtée trois ans plus tôt en accouchant de Red Medicine.

Car, au-delà de l’immense maitrise instrumentale affichée tout long de ses treize morceaux, End Hits est avant tout la démonstration qu’il n’y a pas de singularité sans production très personnelle. C’est pourquoi Fugazi appréhendait alors le studio avec une approche totalement inédite pour lui : c’est durant sept mois, à l’ombre de ses chers Inner Ear Studios, que le quatuor s’est enfermé pour aller au bout de chacune de ses compositions, les doter d’arrangements imprévisibles (Floating Boy), et les immortaliser grâce à de nouvelles techniques de prise de son (audibles sur Closed Captioned par exemple).

En résulte un album grâce auquel Fugazi a sans conteste trouvé l’envie et la force de repartir de plus belle après d’incessantes tournées, mais qui n’a pas manquer aussi d’agiter les critiques, à la fois rassurées par les titres parmi les plus agressifs de sa discographie, et désorientées par de nouvelles cordes ajoutées à un arc déjà bien solide. Et non des moindres, car c’est en puisant au plus profond de son inspiration que le groupe a mis la main sur ce qui marquera à jamais le second volet de son oeuvre : le groove, une finesse jusque-là rampante, et une subtilité étincelante traduite à travers une grande diversité d’ambiances.

A contre-pied de tout ce qu’on pouvait alors attendre de lui en termes de tension et d’intensité, et dans la continuité logique de Red Medicine, Fugazi affichait là à bout de bras une maturité définitivement acquise, exprimée via des paroles à la virulence intacte, comme au travers de l’équilibre trouvé entre mélodies, accessibilité, et singularité offerte par une production très personnelle. C’est ainsi que, le 28 avril 1998, Ian McKaye, Guy Picciotto, Brendan Canty et Joe Lally laissaient éclater au grand jour leur immense créativité, et gagnaient pour toujours leur place au panthéon de la musique indé à la force d’une liberté bienfaitrice. Ecoute intégrale pour le vingtième anniversaire de sa sortie.

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