Rockomotives 2016 – 10 groupes à ne pas manquer

Quand on aime la musique live en France, difficile d’envisager le début de l’automne sans étudier ne serait-ce que la possibilité de passer par Vendôme et ses Rockomotives. Du haut de ses désormais 25 ans, l’événement s’est toujours distingué par son flair, son assiduité à soutenir des artistes de qualité tout en suivant l’actualité, et sa fidélité indéfectible envers un public qui lui a toujours bien rendu. Aucune raison donc que cette édition 2016 ne tienne pas le rythme : avec une programmation aussi diversifiée que cohérente, il y aura une nouvelle fois de quoi faire en Loire et Cher du 22 au 29 octobre prochain. Et si vous ne pouvez pas être partout, tout le temps, Mowno vous aide à ne pas manquer l’essentiel. Pour le reste, toutes les infos sont disponibles sur le site officiel du festival.

FRANCKY GOES TO POINTE A PITRE
Samedi 22 octobre – La Chapelle Saint Jacques – 19h

Si tu t’es toujours dit qu’il manquait un groupe qui alliait la puissance de la noise, des tropiques, un code vestimentaire oral ‘magn que ma chewie’ te permettant autant de couper décaler que de headbanguer, alors ta prière a été entendue. Sinon il te reste à enregistrer un remix de la chanson où Francky Vincent insulte ses anciens employés et l’Urssaf.

GaBLé
Jeudi 27 octobre – La Chapelle – 19h30

En tournant leur pop bricolée vers l’électro, nos normands chéris ont une nouvelle fois réussi à avancer leur pion sur le plateau sans fin de la musique libre, belle et drôle, que trop peu défendent. Mais il vaut mieux encore les voir, secouer nos cœurs soupe au lait sur scène, pour saisir toute la bienveillance qu’ils appliquent pour nos oreilles. Gablé est un tableau d’aveugle gorgé de foie, un groupe qui a totalement conscience de proposer sa musique à défaut de 12 chansons parfaitement rangées.

ODEZENNE
Vendredi 28 octobre – Le Minotaure – 19h30

Qu’est ce que le rap, qu’est ce que la chanson, et surtout est ce qu’on en a encore quelque chose à foutre ? Odezenne délivre des mots sur des notes, lorgnant autant vers le rock alternatif et ses codes de la débrouille que vers le nihilisme du punk avec port de la marinière. Amis d’enfance qui gèrent leur petite entreprise, ils sont aussi tendres que crus, polissons que combatifs, hilares que censés. Ils usent de la langue de Molière de leur shows lancinants et des instrumentations synthétiques pour amener le rap où il n’a jamais osé s’aventurer : à la révolution tranquille, celle du beau bizarre.

C DUNCAN
Samedi 29 octobre – La Chapelle – 15h

Quand la pop se déguise sous des habits d’humilité, souvent on est attrapé en plein vol. Lorsqu’en plus la modernité vient se frotter au classicisme, alors on reste sans voix. C Duncan invoque aussi bien Talk Talk que Sufjan Stevens, sans jamais perdre de vue une sensibilité sauvage, affamée de liberté. Sa pochette représente sa ville de Glasgow vue du ciel, ses chansons témoignant d’une similaire prise de hauteur : contempler les couches de sensibilités sans jamais céder au vertige des infinis de ses symphonies.

FRAGMENTS
Samedi 29 octobre – Le Minotaure – 19h30

Synchroniser ses émotions sur une musique revient vite à singer la bande-son de nos premiers émois. Les Fragments, avec leur post electronica cinématographique, auscultent nos états d’âme sans voyeurisme ni démonstration. Le voyage sonore est empreint de montagnes russes naturelles, des grands espaces à portée d’oreilles, le recueillement de l’immensité. Nous sommes en face d’un trio instrumental qui ouvrira pour Tortoise, attendez vous à un grand concert, on joue toujours mieux sous pression.

THE PATRIOTIC SUNDAY
Samedi 22 octobre – La Chapelle – 19h

Un simple faussaire ne pourra que difficilement émouvoir. Eric Pasquereau lui, compositeur en chef, a l’ADN musical qui transpire autant les Beatles que Leonard Cohen mais surtout l’héritage innovant. De tout cela, il n’en a pas tiré une liste sur Discogs, mais une envie de rendre sa copie. Des collections de chansons, avec autant de strates, de choeurs que de souvenirs magnifiés.

FILIAMOTSA & G.W.SOK
Vendredi 28 octobre – La Chapelle – 15h

Entre Post-Punk, noise et expérimentations bruitistes, le groupe nancéien a bâti un univers pénétrant de mystère, forgé par d’innombrables concerts et collaborations, que ce soit avec Olivier Mellano ou G.W Sok, ancien chanteur du groupe culte The Ex. La formation fut toujours à visage mouvant, et a capturé l’essence du hardcore dans sa manière de faire et d’être. Collaborer, s’autonomiser, être à l’abri des concessions, amenant le violon au cœur de leur formule électrique, les Filiamotsa nous confortent sur l’abolition des styles et des genres.

LA COLONIE DE VACANCES
Vendredi 28 octobre – Le Minotaure – 19h30

Imaginez un orchestre noise réinventant les codes du concert traditionnel, et capable de vous filer la banane jusqu’à oublier totalement vos courbatures du lendemain. 4 groupes jouant aux 4 coins de la salle sur 4 scènes différentes, parfois en simultané, toujours à l’unisson et vous au milieu suivant les musiciens qui dictent la charge. Vous vous trouvez spectateur mouvant de cette maestria, perdant vos repères pour une escapade de concert randonnée. S’il faut vous faire un dessin, pas de soucis : tournez simplement la tête vers le haut (vous la tournerez bien plus pendant le concert).

TORTOISE
Samedi 29 octobre – Le Minotaure – 19h30

Créer un style et exploser tellement ses propres cadres qu’on se doit d’arrêter de l’incarner, est le seul point qui peut rapprocher Tortoise de Jul. Depuis près de 25 ans, ils déjouent les frontières entre rock, jazz et musique électronique, initiant la notion de post à chaque style parcouru. Tortoise est un groupe important dans l’histoire de la musique car il n’a jamais contemplé son influence, traçant un sillage unique entre expérimental et populaire. Nous ne sommes jamais responsables de nos suiveurs, demandez aux Worlds Apart ce qu’ils pensent des One Direction.

NO LAND (Olivier Mellano, Brendan Perry, Bagad Cesson)
Samedi 29 octobre – Le Minotaure – 19h30

Imaginez la rencontre du bagad de Cesson (bombardes, cornemuses, percussions) et celle de Brendan Perry de Dead Can Dance : la nouvelle quête d’Olivier Mellano. Une envie de croiser les fers et énergies de musiques traditionnelles à sa culture rock et contemporaine en se réappropriant les codes de la musique celtique. Tout ceci dans le but d’exploser les genres, de proposer un hymne humaniste et utopiste comme un geste rageur envers toute notion de frontières et d’appartenance.

À lire ou écouter également:

, , , , , , , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire