Rock en Seine 2014 – Mowno vous guide et vous recommande…

Bien que toujours équitablement partagée entre artistes confirmés, révélations et découvertes, la programmation de Rock en Seine est toujours attendue avec autant d’excitation que de crainte. Cette année encore, tout le monde se retrouvera musicalement au sein de ce que le festival a concocté à son public, toujours très présent pour mettre dignement un point final à ses congés d’été avant de repartir pour une année. Comme tous les ans, Mowno trainera ses baskets sur les chemins du Domaine de Saint Cloud, avec une préférence pour certains artistes. Pour marcher d’un même pas, voici ce qu’on vous recommande. Suivez le guide!



THE HIVES – The Hives ont complètement retourné les années 90 avec un rock garage millésimé sixties que les Suédois ont décidé de relancer. Le chanteur Howlin’ Pelle Almqvist a souvent été comparé à Mick Jagger: même gestuelle, même façon de jouer chaque concert comme s’il s’agissait du dernier… Une fois déballé sur scène, le rock de ces gaillards crée une parenthèse euphorique à la morosité de l’époque dans laquelle on se jette avidement.

DIE ANTWOORD – C’est bien de dénonciation dont il s’agit dans le cri urbain et ultra-moderne de Die Antwoord, lancé sur le rythme implacable d’une piste d’auto-tamponneuse, complétant ainsi intelligemment un tableau peu flatteur mais délicieux. Sur scène, le duo régurgite un condensé de ses observations assassines et envoie, dans un grand éclat libérateur, une rafale sonique des plus intenses.

MAC DEMARCO – Il ne faut pas s’étonner que les chansons qui se faufilent entre les dents du bonheur de Mac DeMarco se teintent d’une légèreté joyeuse. Le Canadien personnifie le cool depuis qu’il a émergé sur la scène indé. Avec trois albums et des centaines de concerts au compteur, c’est une croisade pour la joie que mène ce fan de Weezer et de Jonathan Richman, expirant de grandes bouffées d’une pop déglinguée et guillerette.

ROYAL BLOOD – Une guitare basse, des pédales d’effets et une batterie, c’est tout ce qu’il faut pour produire le rock le plus féroce entendu depuis que Led Zeppelin avait mené sa révolution. On devine aisément la parenté de Royal Blood avec certaines reines de l’âge de pierre et autres princes d’un stoner rock qui n’a jamais été aussi vivace. Il faut cependant une sacrée dose d’assurance pour oser prendre d’assaut les scènes en duo.

THE PRODIGY – Si Londres résonne encore des raves géantes qui s’y tenaient au début des années 90, c’est en grande partie dû à un homme, Liam Howlett, et à son groupe The Prodigy. Aux côtés de Fatboy Slim et des Chemical Brothers, les Anglais ont achevé le vingtième siècle d’un beat qualifié de ‘Big’ par la presse britannique. ‘Big’ comme les sound systems qui le propageaient, comme le phénomène ‘The Fat of the Land’, troisième album culte sorti en 1997.

CHEVEU – Maitre garage depuis 2008 en France et aux USA, Cheveu vise carrément la pop avec ‘Bum’, un nouvel album qui prend ses distances avec le joyeux bordel des débuts. Il dégaine des morceaux toujours aussi malsains mais désormais coloriés sans dépasser. Une boite à rythme paranoïaque, une guitare psychotique, et un chant schizophrène pour des concerts dingues, sans filet, brutaux, cathartiques, et échevelés.

QUEENS OF THE STONE AGE – Pour beaucoup, Queens Of The Stone Age est le plus grand groupe de rock actuel. Brutal sans être bourrin, capable de riffs blues lascifs terriblement sensuels, Homme postule à la place ultime d’héritier d’Elvis. QOTSA concentre tous les fantasmes des amateurs des musiques organiques, réunissant en sa cour métalleux comme fans de blues, avec le respect de tous les autres.

WARPAINT – On soupçonne Siouxsie ou les Cocteau Twins d’être pour quelque chose dans l’apparition prodigieuse de cet avatar surdoué d’un rock noir et (bien) hanté. Après ‘The Fool’ en 2010, on appréhendait que les quatre Californiennes ne prennent un repos trop long. La crainte a cessé en fin d’année dernière lorsqu’un nouvel album fut annoncé, donnant lieu là encore à une étourdissante réunion de fées, parmi lesquelles Flood et Nigel Godrich.

PETIT FANTOME – Bordelais qu’on peut voir accompagner Frànçois parmi ses Atlas Mountains ou au sein de la chorale foutraque Crâne Angels, Petit Fantome ne faisait pas qu’un geste noble en offrant sa mixtape ‘Stave’: il dévoilait l’une des meilleures collections de chansons de ces dernières années, entre pop onirique et chanson rêveuse, jamais larmoyante. The Notwist cotoie Grandaddy dans le spectre de ces onze chansons saluées partout pour leur beauté unique.

THURSTON MOORE – Sur un organigramme du rock mondial, nul doute que le nom de Thurston Moore apparaîtrait très proche du milieu. Guitariste et chanteur emblématique de Sonic Youth, le New-Yorkais a collaboré avec tout ce que la planète compte d’avant-gardistes et de musiciens de renom. Ayant payé cent fois sa dette à la cause bruitiste, Moore s’offre en 2011 une excursion paisible du côté d’un son clair, sur une guitare acoustique.

GARY CLARK JR – Il est en même temps l’homme du consensus et l’homme providentiel. Gary Clark Jr est un guitar-hero. Son talent doit un peu relever du super-pouvoir, pour s’attirer autant de bonnes grâces en si peu de temps. Le Texan est considéré unanimement comme le futur du blues. Un blues qui, en s’incarnant dans ce tout récent trentenaire bien de son temps, s’est mâtiné de teintes soul, pop et hip-hop.

TRENTEMOLLER – Du microscopique au macroscopique, de l’infiniment petit à l’universel… Depuis 10 ans Trentemøller donne à ses productions electronica, racées et pointillistes, une portée gigantesque sans équivalent, en assemblant d’infimes éléments. Loin des ambianceurs et de l’urgence, le voici en 2013 accompagné de Low ou de Blonde Redhead sur ‘Lost’, un album porteur de toutes ses caractéristiques du chef d’œuvre.

THEE OH SEES – Tornade américaine en activité depuis 15 ans, stakhanovistes du rock, Thee Oh Sees ne s’arrêtent jamais, boulimiques de kilomètres et d’expériences. Leurs fans, conscients qu’ils suivent le groupe le plus cool du monde, se gavent de concerts débordants d’une énergie toute juvénile, C’est bien avec une âme d’ado que le combo appréhende sa musique, mélangeant tout ce qui a un potentiel jouissif, du rock garage au psychédélisme krautrock.

TRAAMS – Ces trois anglais ont studieusement élaboré un projet pour s’échapper du West Sussex. Le code TRAAMS impliquait pour eux d’additionner la rigueur du krautrock à leurs souvenirs embrumés et fiévreux du samedi soir, soit un rock enlevé et gueulard. Le premier intercité pour la capitale ainsi attrapé avec brio grâce à cette synthèse parfaite des mardis studieux et des samedis bourrés, TRAAMS peut désormais rayonner sur l’Europe entière.

PORTISHEAD – Groupe fondamental, l’union du démiurge Geoff Barrow – batteur et bidouilleur génial – et de la voix ténébreuse de Beth Gibbons a définitivement placé, en un chef d’œuvre inaugural (‘Dummy’), la ville de Bristol sur les cartes, et installé la ‘pop tripante’ comme la bande-son d’un siècle crépusculaire. Vingt ans plus tard, les belles histoires ne s’oublient jamais, et les retrouvailles seront forcément grandioses.

ST VINCENT – Comme David Bowie, alias Ziggy Stardust, avec elle, St Vincent se saisit de la pop et la triture sur sa guitare comme sur nombre d’autres instruments, pour dégommer, avec grâce, les carcans en place. Rien d’étonnant de découvrir la chorale folle Polyphonic Spree ou le génial Sufjan Stevens sur le CV de la belle Américaine, nouvelle madone de tous les fans de musique indé du monde.

BLOOD RED SHOES – Les compositions du duo renferment les bourrasques qui malgré leur ardeur n’entament pas la jetée de Brighton, leur ville d’origine. Les quatre albums de ces Anglais qu’on a quasiment vu grandir ne sont pas aussi inoffensifs. Ce sont des manifestes authentiques d’un son brut et bourré d’énergie, qui rappellent forcément les White Stripes, mais en y ajoutant des rayures de toutes les couleurs.

CLOUD NOTHINGS – Cloud Nothings partage un certain sens de la rébellion crassouille avec la scène de Seattle des années 90. Mais depuis ‘Attack On Memory’ (2012), on est bien forcé d’entendre qu’en plus de chanter faux, Dylan Baldi le fait bien, avec une fureur qui n’avait pas sonné de façon aussi authentique depuis… Kurt Cobain? De facture lo-fi, le garage punk de Cloud Nothings n’est pas dénué d’une certaine sensibilité.

STEPHEN MALKMUS & THE JICKS – Stephen Malkmus est à l’origine de Pavement, groupe culte des années 90, obsédé par une certaine nonchalance et passionné par le lo-fi. A la (presque) fin du groupe au tournant du millénaire, Malkmus s’entoura des Jicks pour poursuivre une aventure qui ne pouvait en rester là. Six albums plus tard, l’aventure Pavement est (presque) derrière lui et c’est désormais des Jicks qu’on attend les plus excitants bourgeons rock.

T.I.T.S – ‘Rien à foutre des moteurs de recherche’, semblent nous dire les mecs de T.I.T.S avec ce nom, qui n’est cependant pas un simple doigt d’honneur. C’est également l’acronyme de ‘Thugs In Trendy Style’, et c’est surtout le projet de membres de Catholic Spray, de The Feeling Of Love, de Pierre & Bastien et de Chimiks, une salade punk-rock-psyché-garage qui joue et crie fort, très relevée en assaisonnement.

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