Playlist – Paul Thomas Saunders en 10 titres

Un petit EP – « Lilac & Wisteria » sorti en juillet dernier – aura suffit à Paul Thomas Saunders, jusqu’alors inconnu au bataillon, pour changer la couleur de notre papier peint quotidien. De l’émotion à revendre à la tonne, des orchestrations grandioses, et une voix qui provoque des frissons rémanents, même dix minutes après l’écoute de chansons magistrales comme « Appointment In Samarra » ou « Good Time Rags And Requiems »… Assez pour faire du britannique un espoir confirmé de cette année 2011, nous donnant envie d’en savoir plus sur ses influences. Et malgré son jeune âge, le rookie compte de nombreuses vieilleries dans sa discothèque idéale. Petit aperçu d’un top ten compilé avec les tripes.

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Vangelis – « Cosmos »

Cette pièce est le thème de la série « Cosmos » de Carl Sagan, les synthétiseurs analogues sonnent comme des constellations au clair de Lune… Vangelis avait une approche très intéressante pour enregistrer ses morceaux. II allait sans doute de clavier en clavier dans son studio pour en capturer le maximum en une seule prise. Parfois on entre sur scène avec cette musique, c’est comme jouer derrière la meilleure première partie que tu puisses imaginer, cela installe un décor propice pour commencer.

The La’s – « I Am The Key »

Au début de mon adolescence, j’ai acheté d’occasion leur seul album studio sur cassette. Je pense avoir écrit des dizaines de chansons en essayant de les imiter quand j’ai commencé à écrire. Une version définitive de « I Am The Key » n’a jamais figuré sur un album mais j’aurais adoré savoir comment Lee Mavers l’aurait enregistrée et comment il l’aurait faite sonner.

The Tornadoes – « Telstar »

J’aime penser que l’âme de Joe Meeks vit à travers ma musique, il a massivement influencé mes arrangements et notre production, et je lui dois beaucoup, pour tous les disques sur lesquels il a travaillé. La guitare sur ce disque sonne comme si elle était revêtue d’argent, elle scintille au dessus d’un million de couches d’harmonies.

John Leyton – « Johnny Remember Me »

Joe Meek a également produit ça. C’est écrit comme une chanson d’amour qui vient du fond de la tombe, presque comme si le spectre du dernier amour d’un jeune homme lui faisait une sérénade. C’est une pièce musicale magnifiquement envoûtante, je ne connais rien de semblable.

Pink Floyd – « Arnold Lane »

Je ne pense pas qu’il existe de premier album plus intrépide que « Piper At the Gates Of Dawn ». Il se distingue encore aujourd’hui. Je pense qu’il s’agit de leur premier single après avoir signé chez Columbia. C’est peut être plus concis que n’importe quel autre titre de l’album, mais c’est tout aussi évocateur et audacieux. C’est naturellement idiosyncratique, un trait de caractère enviable, surtout pour un songwriter.

Cocteau Twins – « Heaven Or Las Vegas »

Pratiquement chaque mot de cette chanson est incompréhensible, mais il y a quelque chose de si lucide qui se dégage de la phrase « am I in Heaven or Las Vegas », un sentiment d’expressionnisme. En plus d’être noyé dans son propre mystère, ce morceau possède des arrangements riches typiques des Cocteau Twins. Le seul mot et le plus approprié auquel je pense pour le décrire est « Technicolor ». Si j’étais atteint de synesthésie, j’imagine que je verrais des arcs-en-ciel en écoutant cette chanson.

The Cure – « Plainsong »

« Disintegration » est l’un de mes albums préférés des Cure. C’est la première chanson, et c’est immédiatement rempli de personnalité et de nuances venues d’un autre monde. Comme la plupart des grands groupes, The Cure semble occuper une place inébranlable dans la pop music. C’est le groupe parfait selon moi!

Van Morrison – « Astral Weeks »

Celui là est un autre morceau d’ouverture d’un merveilleux album. C’est une chanson très pure et, pour moi, ça a toujours sonné comme si Van Morrison avait commencé à jouer, et que son modeste orchestre l’aurait juste rejoint à sa guise, lorsqu’il sentait monter la mélodie. J’imagine que ça n’était pas le cas, mais il y a un sens réconfortant de libération et de spontanéité. Tu sens comme si ta créativité se déployait en toi à cet instant. C’est un disque très précieux. Ça me paraît inimaginable qu’ils parviennent à capturer ce genre de performance une fois de plus.

Simon and Garfunkel – « Sound of Silence »

J’étais au Rock and Roll Hall of Fame à Londres, aujourd’hui fermé, quand j’avais sept ou huit ans. Il y avait une statue de cire, une pâle reproduction de Simon and Garfunkel derrière deux paires d’écouteurs. J’ai mis les écouteurs et j’ai écouté cet extrait de 30 secondes de « Sound Of Silence » encore et encore… C’est la première fois que j’ai été complètement chamboulé par une chanson. Ça devait être à un niveau primitif, mais cette chanson est un vrai mélodrame, et encore aujourd’hui je trouve. C’est sans doute mon premier souvenir musical.

Billy Bragg – « Help Save the Youth of America »

La première fois que j’ai entendu Billy Bragg, c’était avec cette chanson. Un ami, qui joue dans un groupe appelé Woe, en a fait une reprise quand j’avais seize ou dix-sept ans. Il l’a jouée avec autant d’agressivité que sur la version de l’album « Talking with the Taxman about Poetry », c’était une très bonne ré-interprétation. J’ai rencontré Billy Bragg avec le même pote à Glastonbury environ un an plus tard. Il nous a serré dans ses bras et a dit « solidarity brother » à mon ami. Mais quand c’est moi qui raconte l’histoire, c’est à moi qu’il a dit ça. Un pieux mensonge.

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