Playlist – Dans la discothèque de Animal Youth…

Playlist – Dans la discothèque de Animal Youth…

Né en 2016 sur les cendres de Siamese Queens, représentant punk noise belge, Animal Youth a sorti un premier Ep en début d’année, dévoilant au passage des influences tout aussi sombres mais nettement plus mélodiques. Marchant sur les traces de My Bloody ValentineThe Jesus & Mary ChainA Place to Bury Strangers, The Cure ou Cocteau Twins, la musique des bruxellois est de celles qui s’appliquent à revitaliser les poncifs scotchés au shoegaze et au post punk, deux genres qui multiplient pourtant les efforts à prouver qu’il ne faut plus forcément remonter trente années pour en goûter la sève. Alors que l’on vous dévoile un nouveau clip, ‘You Don’t Know Love’ à découvrir en avant-première ci-dessous, on a demandé au groupe de faire quelques choix dans sa discothèque, et de les justifier.

AVANT PREMIÈRE VIDÉO
PLAYLIST COMMENTÉE

NADA SURF – ‘Amateur’
Hugo (batterie) : Un titre qui m’a, depuis sa première écoute, jamais lâché. Nostalgique, simple et imparable. Un tube ! Le morceau auquel je reviendrai avec toujours le même plaisir.

AT THE DRIVE IN – ‘Arcarsenal’
Vankou
(basse) : Lorsque j’ai rencontré Guy il y a quelques années, ce groupe a été un de nos gros points communs. J’ai enfin pu les voir en concert l’année passée alors que je ne pensais jamais avoir cette chance. On y est allé avec Guy, putain de concert.

CHET BAKER – ‘Chetty’s Lullaby’
Guy (chant, guitare, synthé) : Chanson produite par Enio Morricone en 1962, le top du lyricisme, un univers à elle toute seule, en italien en plus. J’ai découvert Chet Baker avec l’album ‘Chet is Back’. C’est de cette session que la chanson est tirée, elle ne figure que sur la version cd cependant. Je me suis mis à la trompette en lisant sa biographie. Je crois que je rêve secrètement d’être un Chet Baker moderne. Je conseille aussi vivement le documentaire ‘Let’s Get Lost’ de Bruce Weber. Pour l’anecdote, nous avions composé une chanson qui s’appelait ‘Chet Baker’ il y a un an mais, lors de la session studio du premier EP, cette version n’a hélas pas été gardée.

THE PLOT TO BLOW UP THE EIFFEL TOWER – ‘For Marcus’
Hugo
: Ce groupe de punk noise, incroyable et à l’énergie inégalable, a marqué le début de ma rencontre avec les deux autres. 17 minutes de set sur scène, mais une expérience de fou. On a tous les trois adoré ces mecs, et ils ont été une grosse influence pendant un bon moment pour notre précédent groupe, Siamese Queens.

PAVEMENT – Gold Soundz
Vankou : Avec Hugo, on partage une passion pour pas mal de groupes des 90’s. Je connaissais Pavement vite fait, mais c’est lui qui m’y a vraiment initié. Cette chanson est incroyable en terme de mélodie et de simplicité apparente, tant dans la musique que dans le texte.

COCTEAU TWINS – ‘Pandora’
Guy : Je pense avoir découvert Cocteau Twins sur le ‘B-Sides and Rarities’ de Deftones, ou sur la BO d’un film, je ne sais plus vraiment.
Quand je suis tombé sur ‘Pandora’, j’ai été transcendé, je n’ai rien écouté d’autre que ce morceau pendant des jours. Encore maintenant, je l’écoute au moins une fois par jour. J’ai pu rencontrer Robin Guthrie alors que je faisais le son pour un concert de Françoiz Breut : j’étais comme un enfant, mais j’ai rien osé lui dire de plus que ‘j’adore votre travail‘. Il m’a répondu qu’il était jeune à l’époque, il était un peu gêné, et je ne connais absolument pas sa carrière solo. Ça n’empêche que la première chose que j’ai fait le lendemain, ça a été d’écouter ‘Pandora’.

JESUS LIZARD – ‘Gladiator’
HugoJesus Lizard est une véritable référence pour moi. Ce morceau a tout. La grande classe !

A PLACE TO BURY STRANGERS – ‘We’ve Come so Far’
Vankou : Une ligne de basse efficace, lourde, et hypnotisante. Un son envoûtant et pénétrant. Une influence dans notre approche moderne du son et du live, ainsi qu’une admiration en tant que bassiste.

THE SMASHING PUMPKINS – 1979
Guy : Un des premiers morceaux que j’ai téléchargé de manière illégale, peu de temps après que l’on ait eu internet à la maison. Je téléchargeais des clips au hasard, en tapant les noms de groupes que mon meilleur ami tenaient de son grand frère. ‘1979’ sonnait comme la BO d’un adulte qui se souvient une dernière fois de son adolescence avant de mourir. Elle me donnait déjà cette impression alors que j’avais 13 ou 14 ans. Elle me rendait nostalgique de choses que je ne connaissais que par mon imagination. Je voulais faire les mêmes choses que les kids dans ce vidéo clip. Je n’ai jamais été un fan inconditionnel de Smashing Pumkins, juste quelques chansons, et celle là me fait toujours le même effet. Je me la suis ressortie il y a quelque mois, et je me suis rendu compte que je ne l’avais jamais apprise à la guitare.

DARK DARK DARK – ‘Bright Bright Bright’
Hugo : Peut être le seul morceau qui me parle de toute leur discographie. La mélodie lancinante, la voix, les paroles, le son, cette reverb naturelle et la tristesse permanente… Ça marche tellement bien, c’est vraiment très beau et touchant.

dEUS – ‘Via’
Vankou : Le meilleur groupe de rock belge, en tout cas sur ses trois premiers albums. Mon père écoutait beaucoup dEUS à la maison quand j’étais petit.

THE CURE – ‘Lullaby’
Guy : Je faisais écouter le premier mix de ‘Rainy Day’ à un ami, dans un van en direction d’un concert, je ne sais plus trop où. Je savais qu’il aimait Sonic Youth, et je lui avais vendu comme un ‘morceau à la Sonic Youth’. Il avait le casque et, en pensant parler normalement, a crié : ‘C’EST THE CURE À MORT’. Je n’avais jamais réellement tilté, et c’est à ce moment là que j’ai fait une fixette sur The Cure. Par la suite, beaucoup de gens nous ont comparé à ce groupe, ce qui est plutôt flatteur, bien que je ne connaisse réellement que depuis deux ans. Avant ça, je me cantonnais aux classiques, je n’avais jamais écouté un album dans son intégralité. ‘Lullaby’ est tout simplement magistral, il me rappelle que, peu importe ce qu’on dise, je ne crois pas arriver un jour à un tel niveau ‘d’orchestration pop’. Robert Smith ne fait que murmurer pendant tout le morceau. Je rêve de pouvoir le faire, mais on aurait certainement l’air ridicule. L’album ‘Desintigration’, sur lequel figure ‘Lullaby’, est aussi un de mes albums favoris. Je l’écoute énormément depuis que je l’ai…. offert à ma petite amie.

SONIC YOUTH – ‘Bull in the Heather’
C’est un des premiers titres de Sonic Youth qui m’a mis le pied à l’étrier. Je n’avais jamais rien entendu de tel. Ce morceau est assez dingue je trouve. Depuis, ils sont devenus une véritable référence pour moi.

ETIENNE DAHO – ‘Tombé pour la France’
Tout est dit. La classe.

TOWNES VAN ZANDT – ‘Waitin Around to Die’
Guy : Je possède deux versions du premier album de Townes Van Zandt, ‘The Sake of the Song’ : l’une très soft ou toutes les chansons semblent être des radio edits très produites, et une autre plus intime, plus grave. Je n’ai jamais su le pourquoi du comment. J’ai du le lire quelque part, mais j’ai oublié. Toujours est-il que cette chanson me tire les larmes systématiquement. Elle fait partie de la BO d’un long voyage que j’ai fait il y a quelques années. Je me souviens l’avoir jouée et chantée à mon ex avant de partir. Je ne crois pas qu’elle ait tout compris avec mon accent de l’époque, mais elle s’est mise à pleurer au deuxième couplet. C’est probablement la chanson que je voudrais que l’on joue à mon enterrement. Les Be Good Tanyas en ont fait une reprise fantastique, mais c’est la version interprétée par Townes dans le film ‘Heartworn Highways’, ou ‘Be Here To Love Me’ je ne sais plus très bien, que je préfère. ‘Now I’m out of the prison, I got me friend at last, he don’t steal or cheat or drink or lie, well his name is codeine, he’s the nicest thing I ever seen, and together we gonna wait around to die‘.

Crédits photos : Geert Braekers, Andy Tierce & Olivier Bourgi

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