Les disques qui ont changé leur vie

Les disques qui ont changé leur vie

Il ne faut parfois pas grand chose pour tracer définitivement votre destinée. Pour les artistes cités ci-dessous à qui on a pu poser la question au fil de nos rencontres, il n’a fallu que quelques sillons parcourus pour que le déclic se fasse, tant artistiquement que d’un point de vue plus personnel. Et c’est toute la magie de la musique : ces sentiments qu’elle procure parfois, de manière totalement imprévisible, et qui vous suivent à vie. Et comme toujours au sein des pages de Mowno, l’occasion est belle de (re)découvrir quelques albums indispensables.

SELECTION

ODEZENNE

Alix : Du Chant à la Une de Gainsbourg. Il n’a pas tant changé ma vie mais plutôt ma perception de la musique. Il m’a pas mal ouvert les yeux sur les mots et leurs sens.
Jaco : L’Âge d’Or de Léo Ferré. A la base, je n’aimais pas du tout, mon père adorait, et c’était limite une punition quand il nous le mettait dans la voiture. Et puis un jour je suis tombé sur un gars qui imitait Ferré, et ça m’a tellement touché que je me suis replongé dans la discographie du mec. Et le premier disque que j’ai écouté a été celui-ci. J’étais jeune, mais ça a déclenché un vrai truc chez moi à partir de là.
Mattia : Pour moi, c’est Kid A de Radiohead. Parce que je l’ai complètement vécu en direct lorsqu’il est sorti, j’étais déjà fan du groupe. Et je me souviens qu’une fois acheté, on s’était calé avec des potes et on l’a écouté deux fois d’affilée, lumière éteinte dans une pièce, c’était dingue. Alors aujourd’hui, certes c’est peut-être l’un des disques du groupe qui a le plus vieilli, mais ça reste quand même celui qui a ouvert le plus de perspectives et de possibilités, en tous cas pour moi, dans ma manière de composer.

SUUNS

Ben Shemie : J’ai découvert les Pixies vers la fin de mon adolescence, via la cassette de Trompe Le Monde que possédait le frère aîné d’un ami. C’était la première fois que j’écoutais quelque chose de plus anguleux et de plus étrange que ce que j’entendais à la radio et dans les CD que j’achetais à l’époque du lycée. Ce disque a construit pour moi les premiers ponts vers une musique alternative. Il y avait toutes ces bonnes idées musicales et ces structures de chansons étranges. Personne autour de moi ne l’aimait beaucoup, mais cela a vraiment résonné en moi. J’ai commencé à fouiller plus profondément dans le catalogue des Pixies, et j’ai trouvé tous leurs disques étonnants. Pour les fans inconditionnels, Trompe Le Monde est un disque étrange, quasiment considéré comme le premier enregistrement solo de Black Francis et probablement comme le moins bon du groupe. Mais pour moi, il possède tellement de bonnes idées qui m’ont inspiré à bien des égards. Même si j’aime les autres disques, celui-ci me ramène à un moment très important de ma vie et a eu une influence considérable sur moi en tant que musicien.

FLAVIEN BERGER

Pour moi c’est Voodoo de D’Angelo. C’est de la soul, mais la manière avec laquelle sont pensées les rythmiques et les arrangements, c’est juste magnifique et incroyablement moderne. Il y a de la dynamique, de la densité, les textes sont très beaux et assez mystiques dans l’ensemble. Je suis très sensible aux harmonies vocales et aux polyphonies, et ce mec a juste une voix de dingue. J’ai compris assez tôt, dans mon adolescence, que je prenais du plaisir à analyser la musique, à la décortiquer pour essayer de comprendre comment est fait ce que je suis en train d’écouter. En général, j’y parviens toujours mais ce disque là, pour le coup, j’ai encore énormément de mal à comprendre comment il est fait. Il a une part de mystères que j’essaye encore de percer aujourd’hui. Je ne m’en lasse pas.

POND

Nick : Je dirais un album de CAN, Tago Mago, car il a considérablement changé ma perception de la musique. Je l’ai découvert à l’époque où Tame Impala et Pond démarraient vraiment, nous habitions tous dans la même maison à l’époque, au 46 Troy Terrace, dans le quartier de Daglish. C’était une colloc assez typique, avec du bordel un peu partout, on avait pour habitude d’y traîner toutes les journées, toutes les nuits, on faisait de la musique tout le temps. Nous n’avions ni téléphone ni internet. A la base, on était à fond dans des groupes comme Cream, Led Zeppelin, Jimi Hendrix, etc… Puis on a découvert CAN, et ça a considérablement changé les choses puisque ça nous a instantanément ouvert des portes : l’abstrait, le funk, le groove, l’intérêt de la répétition plutôt que les solos…

QUENTIN SAUVÉ

Somewhere Along The Highway de Cult Of Luna. C’est un album que j’ai découvert en live, à Rennes. Ça a été une sorte de révélation. Toute la puissance sonore et émotionnelle qui s’en dégage, le son en lui même… C’est une sorte de voyage, un film que j’ai écouté tout seul, avec des proches, à fond en voiture ou au casque allongé dans mon lit, les yeux ouverts ou fermés. Il y a toujours ce moment en tournée, quand il fait nuit ou froid ou brumeux, où je me dit ‘ok, c’est maintenant’.

CANNIBALE

Nicolas : En y réfléchissant bien, je pense que le disque qui a profondément marqué le groupe c’est Forever Dolphin Love de Connan Mockasin. C’est Nicolas Brusq, un bon pote musicien et ingénieur du son avec qui on bosse souvent, qui nous a fait découvrir cet album. On a mis un peu de temps avant de l’aimer et le comprendre, mais maintenant il nous fait voyager à chaque écoute. Ce mec a réussi à faire un truc neuf, ça donne beaucoup de confiance et d’espoir.

COURTNEY BARNETT

J’ai pas mal revisité dernièrement You Are Free de Cat Power. Je crois que j’ai découvert cet album à l’âge de 19 ans environ. On en parlait encore il y a quelques jours, je me souviens avec nostalgie des disques que j’appelle les ‘albums de bains mélancoliques’, c’est à dire des albums que tu écoutes dans ta baignoire. Je crois qu’il était un de ceux-là. J’étais très émotive à l’époque, je l’ai toujours été étant petite, et ce disque m’a vraiment réconforté, je ne sais pas vraiment comment, mais je me suis connectée avec quelque chose en l’écoutant, et ça m’a vraiment fait du bien. Je l’ai réécouté il y a pas si longtemps, je le trouve toujours aussi génial, il contient des idées bizarres de chanson. Je l’adore.

INTERPOL

Daniel Kessler : Le tournant pour moi s’est fait lorsque j’ai émigré à Washington DC, et que j’ai découvert Fugazi. Je citerais probablement In on the Kill Taker, sans doute à cause de certains de ses morceaux. En tant que guitariste, ça a été pour moi une grande influence. Ian MacKaye et Guy Picciotto sont de très bons guitaristes, et c’est sans doute le meilleur groupe que j’ai vu jouer… Mais ils portent davantage d’attention à la sensibilité de leur musique qu’à leurs propres capacités techniques. J’ai aimé qu’ils mettent l’accent non pas sur leur capacité à jouer vite, mais davantage sur l’approche de leurs morceaux… Pour moi, ça a été réellement inspirant, et ça a probablement changé ma vision de la composition.

PARQUET COURTS

Austin: Je dirais Pet Sounds des Beach Boys, parce que cet album m’a fait repenser complètement la manière de composer un morceau, les différents moyens par lesquels les instruments peuvent interagir entre eux, la profondeur dans laquelle l’atmosphère d’un morceau peut te faire plonger… L’importance des arrangements musicaux dans une chanson pop, comment cela peut aider à modifier l’atmosphère d’un morceau, pour en quelque sorte te rapprocher de la sensation que tu as au moment de composer. J’aime cet album car il est très expérimental, mais tu ne distingues pas forcément sa complexité lorsque tu l’écoutes.

EMILY JANE WHITE

Quand j’étais au lycée, j’aimais beaucoup Tori Amos. Little Earthquakes est un album que j’adore ! Elle a été une inspiration énorme à mes débuts. J’écoutais aussi Patsy Cline, des trucs des années 60… C’est ce qui m’a donné l’envie d’écrire des chansons. Je jouais déjà du piano et un peu de guitare, et j’avais besoin de réaliser un projet pour avoir mon diplôme. J’ai choisi songwriting. J’habitais dans une petite ville, avant internet. J’ai découvert la musique punk tardivement, je n’avais pas tellement accès à la musique. Il n’y avait pas vraiment de magasin de disques, il fallait qu’un album ait du succès pour que j’aie une chance de l’attraper.

IDLES

Joe Talbot : Astral Weeks de Van Morrisson. Mon père me l’a donné quand j’étais gosse et ça m’a bouleversé. J’écoutais du hip hop à ce moment là mais il m’a dit : ‘Je sais que tu écoutes du hip hop, mais cet album a changé ma vie, écoute le’. J’ai aimé, il m’en a donné d’autres mais c’est vraiment le meilleur que j’ai eu. Ce disque m’a ouvert les oreilles, m’a réveillé en quelque sorte. Il te fait voyager jusqu’à Belfast ! Dès lors, je suis entré dans un autre univers.

HOUSE OF WOLVES

Rey Villalobos : Le White Album des Beatles. Ce n’était pas simplement des chansons du style couplet-refrain-pont. C’est comme si elles démarraient sans savoir où elles allaient. Elles s’en vont et ne reviennent jamais à leur point d’origine, c’est très expérimental. Je me rappelle surtout de cette chanson que John Lennon a écrite, Happiness is a Warm Gun. J’avais environ sept ans la première fois que je l’ai entendue, et j’ai tout de suite remarqué que c’était différent.

SON LUX

Ryan Lott : Béla Bartok – Music for Strings, Percussions and Celesta joué par Fritz Reiner and the Chicago Symphony Orchestra. C’est la première fois que j’ai réellement su que je devais faire de la musique. Je l’ai entendu à 16 ans, alors que je jouais déjà du piano depuis dix ans. J’étais sérieux, mais seulement un performer qui aurait peut-être fait du jazz ou du classique. Quand j’ai entendu ça, c’était comme si je marchais dans un couloir ennuyeux, et que quelqu’un m’ouvrait une porte derrière laquelle je découvrais la scène la plus incroyable qui soit, un truc impossible à imaginer. C’était étrange, sombre, magnifique, effrayant, prismatique et plein de possibilités. Rien d’autre ne me fait ressentir de telles choses.

CARPENTER BRUT

Je dirais peut-être The Wall de Pink Floyd, avec son côté un peu théâtral. Je devais avoir une douzaine d’années. Quand tu vois le film, tu te demandes ce que c’est que ce bordel. Les marteaux, les gamins… J’ai découvert le film, puis j’ai écouté l’album et j’ai forcément adoré. Et il y a ce truc, je ne sais pas comment ils ont fait à l’époque ; quand tu écoutes l’album sur un truc en mode repeat, il ne s’arrête pas. La dernière chanson et la première sont liées, alors qu’à l’époque c’était sur vinyle. Et la coupure est parfaite ! J’ai découvert ça en l’écoutant sur mon téléphone, j’attendais la fin et en fait ça ne s’arrête pas, c’est impeccable. Il y a tellement de génie dans ce disque et tout le concept qu’il y a autour…

IT IT ANITA

Damien Aresta : Le Blue Album de WeezerJe me souviens avoir entendu Undone pour la première fois sur la radio de la salle de bain, chez mes parents, en 1994. Je devais avoir 15 ans. La petite intro de batterie me rappelait un morceau de Bon Jovi sorti au même moment donc je n’y ai pas trop prêté attention. Puis l’arpège est arrivé et je me suis pris une jolie claque. J’ai découvert le rock avec Nirvana, mais j’ai découvert le reste de la musique avec Weezer. C’était pop, mélodique, bruyant, beau, parfois absurde et dissonant. C’est grâce a cet album que j’ai pu après aller découvrir des groupes comme Pavement, Mogwai... Encore aujourd’hui, je l’écoute deux fois par semaines.

PETER KERNEL

Aris Bassetti : C’est très cliché mais je pense que c’est Nevermind de Nirvana. Quand j’étais petit, je détestais la musique. Avec mes parents, j’écoutais seulement des sketches à la radio, et quand la musique commençait, on éteignait. A la sortie de cet album, j’ai été choqué par l’expression si brute et directe de Nirvana. J’ai beaucoup écouté ce disque, j’ai acheté la cassette… Je crois que c’est le premier que j’ai acheté d’ailleurs. J’ai trouvé dans Nevermind la parfaite représentation de mes émotions de l’époque. Ado, j’étais très timide, et ca m’a donné envie de faire la même chose. Mon rêve était de jouer à l’école de mon village avec la même veste que Kurt Cobain.

BROTHER ALI

It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back de Public Enemy, autant pour le son et les textes. Ce disque a eu un impact énorme, non seulement sur ma musique, mais aussi sur ma vie. Leurs propos révolutionnaires étaient tellement puissants. Chuck D, c’est mon Malcolm X, c’est le Martin Luther King de ma génération. Les Public Enemy sont mes Black Panthers. Cet album-là m’a poussé à lire davantage, à devenir quelqu’un de meilleur, à vouloir changer les choses. Il a contribué à réveiller un esprit révolutionnaire en moi, qui nous incite à nous battre pour un monde meilleur et à ne jamais abandonner, peu importe nos défaites.

BUCK 65

Yo ! Bum Rush The Show de Public Enemy. Il est encore plus puissant que It Takes A Nation... Plus jeune, j’appréciais surtout la musique qui faisait travailler mon intellect, et je crois que rien n’a jamais été aussi fort que cet album. Pas seulement à cause des textes, mais aussi de la musique telle qu’elle était composée. Aucune autre ne m’a jamais donné un tel sentiment lorsque je l’ai entendue pour la première fois. Je me souviens de l’espèce de sirène qui parcourait le morceau Public Enemy No 1 du début à la fin. Quand j’ai entendu ça, mon cerveau a explosé. Ce disque m’a ouvert les yeux sur ce que la musique pouvait être.

CHOKEBORE

Troy Von Balthazar : Fulfillingness’ First Finale de Stevie Wonder. Parce que… J’étais en train de faire l’amour à une fille, elle faisait tourner ce disque en fond sonore dans une autre pièce, et j’ai arrêté… Je suis allé dans la pièce à côté et je me suis juste posé pour écouter l’album en entier. C’était tellement merveilleux. Ca a juste instantanément changé ma perception de la musique. La fille ne m’aimait plus beaucoup après ça! (rires)

DANGERMOUSE

Wish You Were Here de Pink Floyd. Simplement parce que je l’ai entendu pour la première fois à 18 ans alors qu’il était sorti l’année de ma naissance. Je me suis donc obligatoirement demandé pourquoi j’avais mis si longtemps à l’écouter. Là, j’ai réalisé à quel point les tendances peuvent te faire passer à côté de belles choses. J’ai trouvé ça tellement magnifique… C’est même pas mon album préféré de Pink Floyd, mais ça m’a quand même fait évoluer…

EDAN

Straight Outta Compton de NWA m’a beaucoup marqué. Je ne l’écouterais plus, mais à l’époque j’avais dix ans, et j’ai été fasciné par sa vulgarité, sa violence. Je suis désolé, c’est une réponse ennuyeuse et décevante car ce n’est pas l’un de mes disques préférés.

EZ3KIEL

Stéphane : Aenima de Tool. C’est une pure merveille de créativité et d’innovation en termes de construction rythmique. Sur cet aspect, ce disque est une mine d’idées toutes plus tordues les unes que les autres. C’est ce qui me fascine encore dans cet album.

GENERAL ELEKTRIKS

Innervisions de Stevie Wonder qui, à plein de points de vue, est une bible incroyable. Au niveau des claviers, c’est insensé: la virtuosité du jeu, les textures sont dingues. Et puis, c’est un enregistrement un peu comme les enregistrements de home-studio actuels. Si le contexte n’était pas le même, c’est dans la façon de faire qu’il y a une analogie. Dans le fait de tout jouer aux claviers, hormis certaines batteries et certaines basses. Et puis l’écriture mélodique est sensationnelle.

GHINZU

John Stargasm : Chocolate & Cheese de Ween. Il y a énormément de disques que je consomme, que j’écoute deux ou trois semaines. Deux écoutes et je passe à autre chose. Les albums qui restent sont extrêmement rares. Qu’ils soient bons ou mauvais, ce sont ceux qui m’ont touché. Il y en a quelques-uns comme ça, et le Ween en fait partie. Mais il n’a rien à voir avec mon désir de faire de la musique. Il est seulement resté très longtemps dans mon player…

HOCUS POCUS

20Syl : Like Water For Chocolate de Common, parce que j’ai changé de style de hip hop à ce moment là. Je n’étais pas un gros fan de Jay Dee avant ça, mais là j’ai vraiment pris une baffe. A cette époque, j’étais beaucoup plus de hip hop new-yorkais. A partir de Like Water For Chocolate, je me suis mis à écouter D’Angelo, beaucoup de nu soul, de jazz, et j’ai fini par revenir à des groupes comme Tribe Called Quest et De La Soul. J’aurais aussi pu dire Moment Of Truth de Gang Starr, je l’ai écouté en boucle et je le connais par coeur, mais Like Water For Chocolate m’a beaucoup plus inspiré par la suite.

JAMES MERCER (THE SHINS)

Dark Side Of The Moon de Pink Floyd, et il n’était même pas à moi. C’est mon voisin du dessus qui l’avait. On écoutait ça en jouant à Donjons & Dragons… J’étais assez jeune, j’avais sûrement 10 ou 11 ans alors que lui devait en avoir 12 ou 13. Il m’apprenait à jouer à ce jeu, et il passait toujours ce disque. Je me souviens que, au début, je trouvais ça flippant avec les battements de cœur, les chants déglingués, les crashs, tous ces sons étranges… Mais c’est un vrai disque avant gardiste qui m’a fait réaliser à quel point un album pouvait voir large. Et puis il y a beaucoup d’influences pop sur ce disque.

JAWBOX

Bill Barbot : Le premier album de Rites Of Spring. Ca a été le premier disque avec lequel j’ai été émotionnellement connecté. Pas grâce aux chansons en elles mêmes, mais à travers le fait que ce disque ait été fait par des mecs comme moi, qui habitaient à côté de chez moi, et qui le sortaient sur un label de ma ville. J’ai adoré beaucoup de disques Dischord, comme ceux d’autres labels locaux avant, mais aucun n’a eu autant d’impact émotionnel, vicéral et brutal, que celui là.

MARVIN

Greg : Futureworld de Trans Am. C’est la première fois que je me suis mis à vraiment aimer le synthé dans le rock.
Emilie : Clone Theory de Six Finger Satellite m’a le plus influencé dans ce groupe. Parce que Trans Am, on l’avait bien digéré. Là, c’était vraiment une découverte qui nous a donné envie de faire quelque chose de pêchu.
Fred : Rock Bottom de Robert Wyatt, je l’écoute depuis vingt ans.

MASSIVE ATTACK

Daddy G : Doggystyle de Snoop Dogg, au même titre que The Chronic de Dr Dre. En construisant le disque comme une seule et même histoire, il a eu beaucoup d’influence. Il a su parfaitement développer ce côté storytelling. En l’écoutant, j’avais l’impression de m’entendre conter une histoire, c’était quelque chose d’incroyable, tu pouvais fermer les yeux et t’imaginer vivre ce qu’il raconte !

MAYER HAWTHORNE

Sans hésitation, Fantastic Vol. 2 de Slum Village. Aucun album ne m’a autant bouleversé que celui-là. J’ai halluciné la première fois que je l’ai écouté, je n’avais jamais entendu quoi que ce soit de semblable auparavant, je n’arrivais même pas à le comprendre en fait. Il est clair qu’aucun disque n’est resté aussi longtemps sur mes platines que celui-ci. Il a révolutionné le hip hop.

MIKE LADD

My Melody de Eric B & Rakim. Ce sont des amis du Bronx qui m’ont fait découvrir ça la première fois que je suis allé à New York sans mes parents. J’avais 14 ans. En arrivant dans ce quartier, et en écoutant ce son, c’était la première fois que j’entendais quelque chose qui sonnait exactement comme ce que j’étais en train de voir. C’est aussi la première fois qu’un groupe hip hop faisait quelque chose d’un peu psychédélique.

MOGWAI

Dominic Aitchison : En tant qu’adolescent, il y avait toujours des albums qui sortaient et qui me rendaient vraiment dingue. Mais c’est évident que quand tu écoutes notre musique, c’est Spiderland de Slint. Je n’arrivais pas à croire à ce disque quand je l’ai entendu pour la première fois. C’était juste les dynamiques incroyables, le fait que la musique était assez austère, épurée. J’ai peté un cable quand j’ai entendu ça.

PAPIER TIGRE

Pierre Antoine : Dirty de Sonic Youth qui est le premier disque que j’ai eu, que ma soeur m’a offert, et que j’ai beaucoup écouté en boucle. Avant cela, je pourrais citer Nirvana ou Pixies qui, quand tu es gamin, te montrent une manière surprenante de faire de la musique.
Eric : Soit un album de Dylan, soit Pet Sounds des Beach Boys, un grand classique de pop qui a été une découverte vraiment personnelle. C’était mon univers et je suis vraiment allé le chercher moi-même, dans le passé.  Pour ça, il a été important, pas forcément musicalement, mais au moins pour mon développement personnel.

P.O.S.

The Shape Of Punk To Come de Refused, parce que c’est le premier disque hardcore que j’ai jamais entendu. Sans se justifier, ils ont pioché dans tous les styles musicaux, les ont incorporés à leur musique pour l’améliorer. Et cela, sans faire le moindre compromis sur ce qu’ils étaient et faisaient déjà. Ce n’est peut-être pas mon album préféré de tous les temps, mais vu ce qu’il a fait pour la musique agressive en général, c’est le premier exemple dont je me souvienne d’un groupe qui n’a pas changé son style, mais a réussi à vraiment le faire évoluer sans le compromettre. Et ça, c’est cool, ça m’impressionne.

TORTOISE

Jeff Parker: Donuts de JDilla. Je pense que j’ai écouté cet album une bonne centaine de fois et je l’écoute toujours en boucle. La première écoute m’a laissé assez perplexe, je ne savais pas trop quoi en penser, et je ne l’ai pas vraiment aimé à vrai dire. Et puis j’ai pris le temps de le réécouter. Ce disque est majestueux, techniquement parlant c’est tout à fait incroyable, je ne vois pas du tout comment il a pu réussir à faire 90% de la musique avec des samples…

WAX TAILOR

Fear Of A Black Planet de Public Enemy. Quand je suis retourné à la fac il y a quelques années, j’avais un module de psychanalyse de l’art et un prof super ouvert qui m’a permis de faire un micro-mémoire sur cet album. J’ai vraiment kiffé faire ça, et je me suis rendu compte à quel point ce disque avait changé ma vie. Il est arrivé à un moment précis, j’avais 14/15 ans, c’est le moment où je suis passé de passif à actif. J’écoutais du rap, et d’un coup je me suis dis: je vais en faire.


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