1997-2017, ces increvables sont toujours là eux aussi

1997-2017, ces increvables sont toujours là eux aussi

Il y a vingt ans, Mowno débutait sa grande aventure, assoiffé de nouveautés musicales et motivé comme jamais à relayer l’actualité des musiques qu’il aimait. Depuis, beaucoup de groupes ont raccroché les guitares, plus encore sont nés pour continuer de nous faire vibrer. D’autres ne nous ont jamais quittés. C’est sur ceux-là que l’on s’attarde aujourd’hui. Ils n’ont jamais baissé la garde malgré toutes les sollicitations qui auraient pu les faire dévier de leur route, pas mal d’entre eux ont même redoublé d’efforts pour sans cesse se remettre en question et ainsi rester parmi les artistes les plus influents de leur génération. Pour quelques-uns, on n’aurait pas donné cher de leur peau en 1997. Pourtant, ils sont toujours là, plus inspirés que jamais, élevés au rang de groupes cultes pour la majorité d’entre eux. Certes, la liste aurait pu être plus longue encore si l’exercice du clip avait été plus répandue à l’époque, si on était allé piocher aussi au delà de notre ligne éditoriale, et si on avait pris en compte ceux – nombreux au final – qui ont jeté l’éponge pour mieux revenir et entrer dans la ronde des incessantes reformations. Mais priorité aux plus tenaces. Retour donc sur des parcours exemplaires, vidéos à l’appui histoire que l’image parle elle aussi, puis par le biais d’une playlist audio sans restriction ou, pour chacun, 1997 affronte 2017. A vous d’en tirez les conclusions que vous voulez.

VIDEOS

AESOP ROCK

Alors qu’il a fait ses premiers pas dans le hip hop au début des années 90, ce n’est qu’en 1997 qu’Aesop Rock donne le départ de sa longue carrière avec ‘Music For Earthworms’, un premier album autoproduit vendu à 300 exemplaires. Déjà, Blockhead y signait une production. 20 ans plus tard, le MC a déménagé de New York a Los Angeles, et alors qu’il est désormais considéré comme un des artistes hip hop au vocabulaire le plus large, il vient de signer son septième album ‘The Impossible Kid‘.

COMMON

A la sortie de ‘One Day It’ll All Make Sense’, Common n’a plus rien à prouver. Auréolé par le succès rencontré par ‘Resurrection’, son précédent album, le natif de Chicago incarne alors le rap conscient, au même titre que The Roots, Mos Def et Talib Kweli. En 2000, il sortira le monumental ‘Like Water For Chocolate’, puis lancera sa carrière d’acteur, une nouvelle activité qui soufflera le chaud et le froid sur la suite de sa discographie, au point que l’on s’interroge sur sa réelle motivation à la poursuivre. Artiste engagé, il a sorti l’an passé un dernier album intitulé ‘Black America Again’, particulièrement bien accueilli par les critiques, pour volontairement s’élever durant une campagne électorale américaine dont on connait désormais l’issue.

DEERHOOF

C’est très exactement en 1997 que Deerhoof voyait le jour avec, sous le bras, son premier album intitulé ‘The Man, The King, The Girl’. Depuis, treize ont suivi, dont le tout dernier ‘Mountain Moves’ qui voit ses auteurs une nouvelle fois applaudis pour l’approche avant gardiste de leur noise pop. En 20 ans de carrière, Deerhoof est devenu une des formations les plus influentes du circuit, et donc parmi les plus acclamées par les critiques indépendantes, séduites par l’imprévisibilité constante de son répertoire qui s’amuse sans cesse à brinquebaler la pop et le punk sur des terrains expérimentaux.

DEFTONES

Difficile de courir constamment après ses premiers succès. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le parcours de Deftones qui, en 1997, pondait un des albums les plus influents du rock, ‘Around The Fur’. Six albums plus tard, ponctué par quelques galères personnelles de Chino Moreno mais surtout par le décès du guitariste Chi Cheng qui l’a longtemps affecté, le chemin du clan de Sacramento reste sans embûche, grâce notamment à un effort perpétuel de renouvellement, mais surtout à des prestations live lors desquelles il continue d’exceller.

DINOSAUR JR

Parce qu’il est resté inactif de 1997 à 2007, on aurait pu ne pas faire figurer Dinosaur Jr dans cette liste. Mais cela serait revenu à beaucoup trop minimiser l’influence du groupe de J Mascis qui, en laissant son public sur ‘Hand It Over’, dernier album sorti en major, alimentait les débats quant à l’impact néfaste du music business sur les figures du rock indépendant des années 90. Heureusement, en 2007, le trio réunit revenait plus inspiré que jamais, comme l’a prouvé ‘Give a Glimpse Of What Yer Not‘, dernier disque sorti l’an dernier.

EELS

S’il n’est peut être que pour certains une légende de la musique contemporaine, Mark Oliver Everett a su marquer toutes ces années de son empreinte. Lancé en 1996 par ‘Beautiful Freak’ et son tube ‘Novocaine for the Soul’, Eels a laissé son oeuvre s’alimenter des troubles psychologiques de son leader qui, malgré quelques années de vache maigre, a su retrouver le chemin du succès en 2009 avec ‘Hombre Lobo‘, premier volume d’une trilogie achevée l’année suivante. De nouveau sur de bons rails après un dernier disque sorti en 2014, Eels ne devrait plus tarder à refaire parler de lui.

FOO FIGHTERS

Que l’on aime ou non les Foo Fighters, qu’on idolâtre Dave Grohl ou qu’on le trouve agaçant au possible, difficile de trouver meilleur exemple de stabilité durant ces 20 dernières années. En 1997, trois ans après le suicide de Kurt Cobain, le batteur de Nirvana sortait ‘The Colour And The Shape’, deuxième album de sa nouvelle vie. Sans pareil quand il s’agit de composer des hymnes de rock de stade, le frontman n’a cessé de surfer sur une popularité grandissante au rythme d’un album tous les trois ans. ‘Concrete & Gold’, le neuvième de la discographie Foo Fighters, sortira le 15 septembre prochain.

THE HIVES

L’air scandinave reste peut être le plus rajeunissant à en croire les quelques groupes increvables venus de Suède. A voir leur énergie débordante sur scène, comme la qualité quasi constante de leur discographie, The Hives finissent d’éteindre les derniers doutes. Résolument punk en 1998 à la sortie de leur Ep ‘A.k.a I-D-I-O-T’, le combo a quelque peu levé le pied depuis mais continue de bluffer par sa capacité naturelle à écrire des hymnes garage punk parmi les plus fédérateurs.

JIMMY EAT WORLD

En tant que précurseur de l’émo pop qui a déferlé sur le rock à la fin des années 90 comme au début des années 2000, tout laissait penser que Jimmy Eat World – comme beaucoup de ses concurrents – partirait en poussières en même temps que la scène qu’il incarnait disparaissait plus ou moins des radars. Que dalle. Comme infatigable, parfois à la limite de l’adolescent attardé un peu pathétique, le groupe a tenu bon, allant jusqu’à reprendre du poil de la bête il y a un an à la sortie de son dernier album ‘Integrity Blues‘. Pour combien de temps encore ?

NADA SURF

En démarrant sur les chapeaux de roue avec ‘High/Low’, premier album porté par le tube planétaire ‘Popular’, Nada Surf avait toutes les chances de se bruler les ailes, de n’être qu’un one shot au pays des groupes de rock de lycée. 20 ans plus tard, le constat est tout autre : avec dix LP au compteur, dont deux albums live, et même si elle a un peu levé le pied niveau rythme, la bande de Matthew Caws n’a rien perdu de sa science mélodique, et continue de remporter tous les suffrages chez les amoureux de pop music.

RADIOHEAD

On vous l’accorde : étant donné l’énorme succès rencontré par ‘Ok Computer’, leur troisième album sorti en 1997, il y avait quand même peu de chances que les anglais ne poursuivent pas sur leur lancée durant quelques décennies. Le disque offrait déjà un avant-goût de la capacité de Radiohead à se remettre en question à chaque album, chose qu’il n’a jamais cessé de faire depuis, avec ‘Kid A’ et ‘Amnesiac’ comme apogées expérimentales. L’an dernier, ‘A Moon Shaped Pool‘ dévoilait un groupe en phase avec l’équilibre qui était le sien au plus haut de sa carrière.

RANCID

On le sait, la longévité est souvent de mise au sein du circuit punk rock. Mais connaissant les démons auxquels Tim Armstrong a du faire face pour garder Rancid sur de bons rails, la survie de ces punks de Berkeley relève du miracle. En pleine médiatisation, alors que Green Day et Offspring popularisaient le genre outre mesure, le quatuor sortait ‘And Out Come The Wolves’ en 1995, suivi trois ans plus tard d’un ‘Life Won’t Wait’ aux influences ouvertement jamaicaines. Depuis, les californiens ont ajouté six albums à leur oeuvre, dont le dernier ‘Trouble Maker’ (2017), respectueux en tous points des basiques punk. Imperturbable, Rancid ne change pas d’un iota. Un bien pour les vieux fans, un regret pour ceux partis en route.

THE ROOTS

Il y a vingt ans, entre deux albums devenus mythiques (‘Illadelph Halflife’ et ‘Things Fall Apart’), The Roots comptaient sur leur formation instrumentale pour tenir la dragée haute à tout ce que le hip hop pouvait voir éclore à l’époque. Incroyablement productif, bien qu’un peu ralenti ces dernières années par sa participation quotidienne à l’émission télé de Jimmy Fallon, le crew de Philadelphie nous a depuis gratifiés d’un album tous les deux ans environ, pour le meilleur comme parfois pour le passable. ‘End Game’, le prochain, est annoncé pour cette année, et ne devrait donc plus tarder à livrer les réponses aux questions que les fans se posent.

UNSANE

A la sortie de ‘Occupational Hazard’ en 1998, Unsane était déjà un des fers de lance les plus solides de la scène noise rock mondiale. Pourtant, après que Chris Spencer se fasse agresser en tournée en Autriche et doive se faire opérer d’une hémorragie interne, le groupe annonçait son hiatus en 2000. Il durera 3 ans, et la reformation du trio se concrétisera en 2005 à la sortie de ‘Blood Run’. Depuis, les new yorkais ont signé deux autres albums, et s’apprêtent à remettre le couvert avec ‘Sterilize’ à venir le 29 septembre, à la veille d’une nouvelle tournée française. Parce que sur scène comme sur disque, Unsane n’a pas pris une ride.

WEEZER

On est un peu d’accord avec vous sur ce coup là : Weezer a beaucoup de mal à vieillir. Proclamés rois de la power pop à la fin des années 90, à la force deux albums monumentaux (le blue album et ‘Pinkerton‘), les californiens ont peu à peu pris des allures d’ados attardés, signant des coups de génie comme d’autres disques laissant les fans presque indifférents. Alors que Rivers Cuomo et sa bande annoncent la sortie de ‘Pacific Daydream’ en octobre prochain, les premiers extraits ne sont pas des plus rassurants. Mais Weezer est toujours là, trainant derrière lui une horde de fans prêts à mordre dès qu’on daigne penser descendre le groupe de son trône.

WU TANG CLAN

Vingt ans après la sortie de ‘Wu Tang Forever’, le collectif new yorkais est toujours là. Mais à quel prix ? Somme de personnalités aussi talentueuses qu’ingérables, le groupe a tout connu depuis, du décès de Ol’Dirty Bastard aux albums passables, en passant par un line up fortement remanié et l’épisode du petit enculé de Martin Shkreli, tête à claques multi millionnaire et seul détenteur d’un album unique. Tout ça pour dire que le temps a fait son oeuvre à Staten Island, pas forcément en bien. Mais le trait n’est toujours pas tiré sur le Wu Tang : la preuve, un nouvel album intitulé ‘Wu Tang : The Saga Continues’ déboulera dans les bacs le 13 octobre.

PLAYLIST

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