D-I-S-C-O

« Turn The Beat Around: l’histoire secrète de la disco »
(Editions Allia)
Peter Shapiro, traduit de l’anglais par Etienne Menu
23/10/2008

turn3

Encore un bon point à mettre au crédit des Editions Allia: après la publication du très documenté « Can’t Stop Won’t Stop » signé Jeff Chang, l’éditeur refait parler de lui avec la traduction toute fraîche du « Turn The Beat Around » de Peter Shapiro. Sous-titré « L’Histoire secrète de la Disco », l’ouvrage retrace avec force détails les arcanes d’un genre musical largement dénigré, des premiers collages de Tom Moulton aux millions de copies débitées par Chic.

Flash-back obligé, donc, sur le début des années 70 et le climat délétère qui règne alors à New York, berceau d’une disco largement inspirée de l’état d’esprit des « Zazous » parisiens, et qui aura su profiter jusqu’au bout de l’essor grandissant des discothèques outre-atlantique. De la débauche des clubs gays comme le Mineshaft (qualifié de « Mont Rushmore du vice ») aux excentricités soigneusement entretenues par des tenanciers aussi célèbres que David Mancuso (« The Loft ») et Nicky Siano (« The Gallery »), l’auteur nous rappelle que la disco, au-delà du « hustle » immortalisé par « La Fièvre Du Samedi Soir », fut également la bande-son d’une génération post-droits civiques largement stigmatisée sous l’ère Reagan. C’est donc le portrait en creux d’une société en pleine gueule de bois que nous dresse Peter Shapiro, à travers le succès aussi fulgurant qu’éphémère d’un courant musical réduit par beaucoup à un sous produit de la Soul originelle, dénué de toute « l’humanité de la musique noire ». Si l’ouvrage n’hésite pas à multiplier les références (on déplore par moment l’absence d’un CD sampler illustrant le propos) et les digressions extramusicales, « Turn The Beat Around » n’a pourtant rien d’assommant, au contraire, qui manie l’humour et multiplie les anecdotes autour des mythes indépassables de l’époque, des coulisses du Studio 54 en pleine gloire aux soirs de beuverie à l’origine de tubes comme « Le Freak », aujourd’hui encore le disque le plus rentable de l’histoire… Une visite guidée agréable, recommandée aux curieux souhaitant percer à jour cet amas de strass et de paillettes.

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire