dDamage, du singe au dragon

Quel est le concept, l’histoire qui se cache derrière dDamage? On a aperçu deux personnages (Dr Agueev et APE) dans des clips et sur la pochette de l’album précédent. Sur la cover de « Shimmy Shimmy Blade », le singe semble s’être transformé en dragon. Éclairez nous…

JB: Depuis la création de nos personnages, nous prenons plaisir à les faire évoluer au même titre que notre musique. Si bien que pour nos trois derniers disques, ces personnages (symbolisant mon frère et moi) avancent au travers d’épisodes à suivre. Pour résumer, « Radio Ape » mettait en scène un scientifique, « Dr Agueev » (mon frère), et un singe « Ape » (moi-même) ou plutôt un être humain ayant fait le choix de vivre enfermé dans son costume de singe. Cet homme singe très violent s’est souvent emporté dans des excès de rage et de confusion créatrice à la fois positive et négative, allant jusqu’à détruire les instruments de musique en studio. Pour notre nouvel album, nous avons considéré les rappeurs comme de la matière sonore brute. Ce qui revient à dire que ces rappeurs étaient donc vus par le singe comme des instruments de musique. Raison pour laquelle ses excès de violence se sont reportés sur ces dits rappeurs. Les scènes de violence allant de mal en pis, le Docteur Agueev s’est souvent retrouvé pris de panique face à la force créatrice du singe lors de ces sessions d’enregistrement (tournant parfois en de véritables lynchages pour les rappeurs). C’est pour sauver la vie de Subtitle qu’Agueev a donc pris la lourde décision de flinguer son « frère homme-singe » à coup de balles dans le crâne. Gisant au sol, aux côtés du corps de Subtitle oscillant entre vie et mort, le cadavre de Ape a soudain libéré l’âme de ce personnage. Un singe-dragon fantomatique que nous avons baptisé « Snakpe », qui poursuit désormais Agueev comme une ombre, une malédiction, un éternel souvenir de la raison d’être de dDamage: la violence de l’amour prenant axe sur la tendresse intrinsèque à la haine.

FRED: Tout est expliqué à l’intérieur du livret de l’album dans de plus amples détails. On prépare de nouveaux clips aussi avec de nouveaux personnages, des nouvelles histoires. On va bientôt se balader dans le temps, réveiller les morts, jouer à la roulette russe avec David Lynch, fumer du PCP avec MF Doom, partir dans l’espace et revenir sur terre en voyageant par sms, se retrouver dans des jeux vidéos pixellisés subitement matérialisés en papier découpé, réactiver les procédés de fausse 3D du film Tron, construire une armée de robots singes nazis, se réincarner 300 fois dans un cauchemar prenant place au sein d’un rêve dans le cauchemar… On brouille les pistes à coup de jets de couleurs, sombres et luminescentes à la fois. Tu sais ces couleurs qui te font tripper lorsque tu bloques sur ta propre image reflétée dans une flaque d’essence après avoir fumé au beau milieu d’une station-service. Au bout de 30 minutes, tu redescends et tu te demandes ce que tu fous là. Nos personnages ne savent jamais où ils se trouvent vraiment. Nous non plus.

Le fait que Fred ait une forte culture hip hop n’est pas vraiment un secret. À quel moment a eu lieu le déclic electro et pourquoi?

FRED: JB possède également une grande culture hip-hop. Son seul problème étant qu’il est resté bloqué en 1992. Bon… Certains journalistes ont l’image toute faite de « JB fan d’indie rock et FRED fan de hip-hop », avec une réconciliation des deux frère en terrain électro. C’est de la connerie. Déjà, il n’y a jamais eu de « déclic » électro, ni pour lui ni pour moi. L’électro a toujours été là, avant même notre naissance. Imagines nous il y a quinze ans dans notre chambre, à vouloir produire nos premiers instrus avec un vieil Atari tout pété, à chercher pendant des heures comment faire un sample et le mettre en boucle. Vu qu’on a jamais été des rappeurs (et qu’on a jamais tenté de le devenir), une fois avoir appris à sampler on s’est vite retrouvés avec des longs instrus basiques du type « un sample, un rythme, trois blocages et basta ». Ça nous a rapidement fait chier. Alors très vite on a commencé à broder, à faire des arrangements, à faire des structures plus élaborées… Progressivement ça a commencé à ressembler à ce qu’on peut appeler de l' »électro ». On n’a pas attendu de découvrir Warp pour faire ça. À l’époque, on s’influençait déjà de Bomb The Bass, S-Express, Coldcut, M/A/R/S et plein de trucs de chez Rhythm King… Et puis on ne va pas reparler des block parties, de Afrikaa Bambataa Kraftwerk et tout le bordel…

JB: Attends, moi j’ai toujours trouvé que Coldcut c’était intégralement de la merde. Même ce qu’ils font aujourd’hui.

Vous en êtes déjà à votre quatrième album, certains sont sortis sur des labels bien installés. Comment expliquez vous que dDamage commence seulement à se faire connaître aujourd’hui?

JB: Je pense que nous continuons à nous faire connaître. Notre réseau de fans s’étend lentement mais sûrement. Le véritable déclic a eu lieu en 2004, lorsque nous avons tour à tour sorti un split avec TTC puis un album sur Planet-Mu dans la foulée. Depuis les choses avancent dans le bon sens effectivement. Les tournées nous aident énormément à nous faire connaître également. On a tourné comme des fous à partir de 2003. Japon, Angleterre, USA, Canada, Italie, Suisse, Belgique, Hollande… Aussi bien dans des soirées ou festivals rock, qu’électro ou hip-hop. Du coup, le spectre d’audience s’élargit petit à petit.

FRED: En France, par exemple on commence à se faire connaître aujourd’hui je crois. Mais par exemple, en Angleterre et au Japon, nous avons une bonne assise. Mais c’est vraiment bien d’avoir de la reconnaissance, ne serait-ce qu’un petit peu. Ce qui nous intéresse c’est d’avancer. Si on continue à pouvoir faire des concerts à l’étranger, et que le public Français nous boude, on ne va pas chialer, on s’en carre les noix.

Pour « Radio Ape », vous avez souvent dit que pas mal de ventes étaient dues à la bonne réputation du label Planet-Mu. Pourquoi l’avoir quitté alors?

JB: Nous n’avons jamais quitté Planet-Mu, un prochain album nous a d’ores et déjà été commandé pour ce label, fin 2007. Mais son agenda peut changer. J’espère pouvoir concrétiser ce projet. Nous avons actuellement pas mal de demandes et de commandes. Il nous est très difficile de tout honorer. Nous ne voulons en aucun cas faire les choses à la va-vite afin de pouvoir poser notre blaze un maximum aux quatre coins de la planète. Ce n’est pas notre stratégie. Nous cherchons avant tout à faire de la musique de qualité tout en restant dans notre lignée évolutive…

FRED: Une ligne évolutive qui part dans tous les sens, raison pour laquelle il est très bon pour nous d’être sur plusieurs labels à la fois.

JB: Pour ce qui est de Planet-Mu, je dirais simplement que ce label (prestigieux et artistiquement exemplaire au demeurant) n’avait clairement pas les armes pour travailler un album de hip-hop avec tout ces mc’s. On aurait pu effectivement le sortir chez eux, mais le disque aurait été travaillé par le biais de leur réseau qui n’est absolument pas adapté. En gros quand on a décroché des mecs comme Bigg Jus ou MF Doom, on a sauté au plafond. Ce n’était pas le cas de Muziq aka Mike Paradinas (boss du label). Ce qui laisse donc présumer que le disque n’aurait pas été super bien bossé. Dans ces cas-là, autant ne pas se brouiller et aller voir ailleurs. Raison pour laquelle nous avons choisi de le sortir sur notre propre label, avec notre manager Reiko Underwater. Ce qui nous a permis de gérer et contrôler notre propre plan de promotion et de décrocher un deal de distribution en or avec Discograph. Avec Planet-Mu, la distribution aurait été moindre.

FRED: Planet Mu, les seuls trucs se rapprochant du rap qu’ils sortent, ce sont des disques de grime pas vraiment convaincants. De plus, le label a fermé ses portes pendant trois mois en raison de problèmes internes, et je pense que si on avait dû attendre Mu où même Tigerbeat6, on aurait sorti cet album en 2007/2008, et on n’avait pas du tout envie de se retrouver à galérer. On pense déjà aux albums à venir. Et puis Tsunami-Addiction c’est notre famille, et on est sur la même longueur d’onde avec Reiko Underwater, notre manager et amie de très longue date. C’est la famille.

Le côté déjanté de votre musique reflète-t-il ses géniteurs? Avez-vous une anecdote qui résume parfaitement la personnalité du duo dDamage?

JB: il y a trois jours, je me suis éclaté une bouteille de bière sur le crâne en plein concert à Montpellier et je l’ai terminé la gueule en sang. Il y a quelques semaines, j’ai interrompu celui d’Otto Von Schirach à Paris en montant sur scène pour me battre avec lui (il n’était pas au courant, c’était une surprise pour lui dire bonjour car je suis arrivé en retard à son concert). Soit dit en passant, il m’a botté le derche, laisses tomber. Durant un concert de dDamage à Carpentras, mon frère m’a donné un coup de poing derrière la tête. Du coup, ma bouche a heurté violemment le micro et je me suis retrouvé avec les dents de devant pétées; je me suis tellement énervé que je lui ai foncé dans le lard comme un taureau tête baissée, son corps est rentré dans les enceintes de retour se cassant toute la gueule les unes après les autres. Une fois relevé, Fred a pris une chaise pour me la jeter à la tronche. Je l’ai évitée de quelques centimètres et elle a valdingué dans le public pour assommer un gars. Fin du concert, standing ovation. C’était un bon concert. Ah ouais, sinon, quand on avait respectivement 4 et 9 ans, on rentrait de colonies de vacances. Mon frère avait acheté deux jus de fruits, un aux raisins pour moi et un aux pommes pour lui. J’ai bu mon jus de raisin tranquillos, au début du voyage (parce que j’ai jamais su attendre). Fred est tombé malade en plein milieu du trajet et a été vomir au-devant du bus. Dans un sac en papier marron, tu vois? Il est revenu une vingtaine de minutes plus tard avec une soif pas possible et une putain d’envie de boire son jus de pomme.Mais moi, tu vois, j’étais un peu autiste à l’époque (je mangeais les bonbons avec le papier) et je n’avais pas compris, je croyais que les deux étaient pour moi. Donc j’avais bu son de jus de pomme, Fred était super dégoutté. Il m’en a toujours voulu. Il m’en reparle très souvent, cette histoire est à la source de tous nos conflits. Y compris dans dDamage.

FRED: Surtout dans dDamage en fait.

Est-il facile de travailler et tourner avec son frère?

JB: Je me permettrais de prendre cette question à l’envers et de te répondre qu’il est vraiment chiant comme la mort de tourner seul. Travailler seul, j’y arrive de moins en moins.

FRED: Pour cette question, toutes mes réponses prennent base dans l’histoire du jus de fruit racontée précédemment.

En quoi « Radio Ape » et « Shimmy Shimmy Blade » sont-ils différents selon vous, hormis, bien sur, les collaborations?

JB: L’apport de voix humaines prédominantes nous a permis de créer une balance et de faire un album aux instrumentaux beaucoup plus synthétiques que tous nos précédents travaux. Il y a pas mal de jeux de synthés aussi bien influencés par New Order que des vieux Klaus Schultze ou Giorgio Moroder. Musicalement parlant, nous n’aurions jamais osé faire un tel album sans les voix. Ça aurait été un album totalement déséquilibré. Il y a un jeu de balance « humain – désincarné » dans « Shimmy Shimmy Blade », véritablement poussée à l’extrême de ce que nous n’avions jamais fait auparavant.

La pochette de « Shimmy Shimmy Blade » est une réplique de celle du « Into The Dragon » de Bomb The Bass. Pourquoi ce choix?

JB: « Into The Dragon » est l’album le plus important de ma vie, un album extrêmement important pour mon frère également. L’idée de cette pochette a germé dans nos esprits, il y a plus d’un an maintenant. J’ai donc pris la décision d’écrire une lettre à Tim Simenon (producteur de Bomb The Bass) afin de lui raconter l’histoire nous liant à cet album et lui demander la permission de recréer la pochette de son disque. Cette lettre est reproduite à l’identique à l’intérieur du livret de notre disque. Tim Simenon est extrêmement fier de cette référence. À notre plus grand bonheur. Il a écouté nos sons et vraiment trippé sur certains morceaux. C’est un producteur de légende à nos yeux qui, de plus, est un homme constitué à 50% de haine et 50% d’humanité profonde. Nous nous sentons naturellement très proches de lui.

Beaucoup d’artistes apparaissent sur l’album. Comment s’est fait le choix? Lequel a été le plus dur à convaincre?

FRED: Le choix s’est fait par le biais de rencontres. Nous avons privilégié le travail en studio, voire sortir en soirée avec les gars la veille de notre séance d’enregistrement, pour se fracturer le crâne ensemble et se marrer toute la nuit. Ça influe énormément sur ce qui se dégage des séances en studio le lendemain. On privilégie beaucoup le contact humain, on aime travailler avec des gens qu’on apprécie, qui nous apprécient. Et je parle là aussi bien de qualités humaines qu’artistiques. Tu vois, par exemple, on a rencontré Beans qui était intéressé pour travailler avec nous et il nous a fait une phase du genre « ça serait bien que vous envoyiez vos beats à mon manager », et là t’as un gros gars blanc à côté de lui qui te regarde bizarrement et qui te tend sa carte de visite. On ne veut pas de trucs comme ça. Ça pue, ça sent l’enveloppe à bulles en mode chèque vacances et la collaboration par email à plein nez. Avec en option un gros casse couille de manager qui vient t’emmerder sur les problèmes d’édition. Bref, le choix s’est établi aussi bien sur la qualité artistique de chacun des rappeurs, que sur les rapports d’amitié qui se sont créés ou encore les possibilités au niveau timing (par exemple, nous n’avons pas réussi à avoir Mc Paul Barman et Edan pour des raisons d’emploi du temps).

JB: Le plus dur à convaincre, ça a été MF Doom. Pour des raisons obscures de labels, la situation est restée au point mort pendant presque un an et demi. Nous avions totalement perdu espoir; si bien que les premiers disques promos de l’album qui ont circulé ne comportent même pas le morceau en question. Nous avons décroché la permission d’utiliser la voix de Doom seulement deux semaines avant l’envoi en fabrication du disque à l’usine. N’importe quel producteur te dira qu’il est suicidaire d’entamer le travail sur un morceau de dernière minute à ce niveau du parcours. On n’a pas dormi pendant une semaine pour faire le morceau, le mix s’est fait sans notre ingé son qui n’était pas disponible, puis je suis revenu pour la quinzième fois en mastering (ouais ouais) avec mes gros sabots du genre « Hey tu vois là mon album que je t’ai demandé de retoucher quinze fois depuis trois mois, bon bah là j’ai un morceau surprise de dernière minute, faut qu’on retourne en mastering, on peut faire ça dans la nuit parce que ça part à l’usine demain? ». Bon, en gros, pour résumer, ce titre avec lui m’a fait perdre cinq kilos. Mf Doom est pour l’instant toujours immigré clandestin aux Etats-Unis et il ne peut sortir du territoire (sous peine de ne plus jamais pouvoir y retourner). Mon frère a beaucoup parlé avec lui par téléphone. Il est très lié à Bigg Jus également, ce qui a facilité les choses. C’est peut-être pour ça que ce morceau est le plus fantomatique de l’album, nuages de poussière et plantes vénéneuses. Mais au final, je suis super content, un track de ce type manquait vraiment: simple et ouvertement mélodique, qui va droit au but parce qu’il a été composé dans l’urgence; et qui prend à contre-pied les compositions adjacentes aux arrangements armés de fusils à pompes et de grillz qui te transforment les dents en couteaux à dents.

Certains sont moins connus par le public Français du hip hop indé. Je pense à SIN notamment. Qui est-il au juste? Est ce vrai qu’il est affilié aux Mcs de Dipset (Diplomats, Juelz Santana etc.)?

FRED: Au niveau de la composition de l’équipe, nous avons deux ou trois détails qui nous tenaient vraiment à coeur. Comme, par exemple, avoir une grosse tête d’affiche comme MF Doom, ce qui n’était pas gagné d’avance. Nous souhaitions aussi un morceau en français sur le disque. Puis il nous fallait également un gros contre-balancement à tout ce côté « rap indé », dans lequel nous ne nous reconnaissons que très moyennement, mais qui allait à coup sûr nous coller à la peau.

JB: Il n’y a qu’à voir les premières chroniques qui tombent sur ce disque, on est direct affilié à une scène dont nous ne faisons pas partie.

FRED: Donc voilà, nous avons trouvé la possibilité de créer ce contre-balancement avec Sin, ambiance râtelier et vente de poudre au kilo. On a réussi à l’avoir par le biais de nos connexions serbes à Paris, merci a Nemanja. Sin est effectivement affilié à Dipset et compagnie (il a fait pas mal de morceaux avec Juelz Santana, Cam’Ron, Tom Gist ou Don Bishop Agallah), mais il bosse également avec Dj Vlad (actuel dj de The Game) ou des gars comme Freeway, Young Jeezy, Tech N9ne… Il est surtout proche des seconds couteaux de Dipset/Diplomats, il apparaît notamment sur les tapes de Hell Rell et Jim Jones. Pas sur les albums pour l’instant. Il touche un gros marché lui. On est plus dans le rap « indé electro spé mes couilles », les ventes se chiffrent en dizaines de milliers et ça touche un putain de spectre ultra large niveau public. Ajoutes à ça que le style du mec est dur et nous fait kiffer et qu’on s’entend bien, bref… C’est tellement du lourd qu’on s’est lâché et on a placé 182 samples de détonation de fusil à pompe dans le morceau. Au début il a été déstabilisé, puis au bout de plusieurs écoutes il a vraiment apprécié et imprimé notre univers. Depuis il nous a demandé un remix et quelques prods. On compte continuer de bosser avec lui à l’avenir. Sin est connecté avec les Dipset tout simplement parce qu’il couvre une partie de la mafia de Vancouver avec ses serbes (www.sizzerb.com). C’est comme Heenok avec les gars de Queensbridge et les rappeurs américains type Raekwon. Ils arrivent au Canada pour faire des concerts et ces mecs les accueillent avec des sacs de coke, des armes, des putes et des studios neufs. Donc voilà les connexions se font facilement pour ces mecs-là…

Quels sont les sujets principaux des paroles de cet album?

JB: Ce truc de reflet de ma personne dans une flaque d’essence, j’aime vraiment bien. S’il ne fallait dire qu’une seule réponse, je choisirais celle-ci. Sinon, ça parle aussi bien de Bagdad que de toxicos, quelques commentaires politiques mais pas trop parce qu’on ne veut pas s’étouffer dans notre propre vomi… Ça brasse beaucoup de singes aussi, des histoires tortueuses mêlant la nouvelle version de « La Planète des Singes » avec Marky Mark et les rapports implicites du premier film avec l’actuel leader du lobby des armes à feu aux Etats-Unis: Charleton Heston. Les TTC ont écrit des paroles de désaxés, Doseone tombe amoureux d’une femme morte et boit du sable, Sin vend un kilo de blanche par jour, Blanche Neige qui nage avec des Dauphins, Crunc Tesla balance des coups de feu et suffoque sur des violons disco… Les paroles brassent vraiment plein de thèmes dans tous les sens, c’est difficile de tout englober en une seule réponse. Disons que nous avons absolument tenu à nous écarter du délire « brille brille » et puis aussi l’album ne parle pas de cul. Bon, nous, tu vois, on n’est pas contre, mais on aimerait plus faire un truc genre sur les gros culs. Ça nous fait plus kiffer les gros culs, comme dans le morceau « Baby Got Back » de Sir Mix A Lot.

FRED: Quand j’ai rencontré les Beatnuts, on a parlé du cul de Jennifer Lopez pendant des heures.

Vous avez beaucoup travaillé là-dessus avec vos invités. Dans quelle mesure avez-vous influé sur leurs paroles?

FRED: Ouais, comme on disait plus tôt, on a beaucoup privilégié le travail en studio avec les rappeurs. On écoutait des beats en boucle avec eux pour leur permettre de choisir. Et pendant ces séances d’écoute, on entretenait des discussions sur les thèmes abordés. Une fois l’axe principal des paroles trouvé, on leur donnait des idées, parfois même quelques punchlines qu’ils incrustaient dans leurs paroles.

Tes est, de loin, le plus présent. Pourquoi?

FRED: On s’apprécie énormément, on a fait plein de morceaux ensemble qui ne sont jamais sortis; et surtout, nous voulions d’une manière ou d’une autre mettre New York à l’honneur sur notre album. On est à fond sur New York depuis presque vingt ans.

TTC est le seul invité français sur ce nouvel album et a déjà collaboré avec vous sur le Ep « Trop Singe ». C’est donc une histoire qui dure… Qu’est ce qui vous lie à ces artistes à la démarche radicalement opposée à la vôtre?

JB: Le morceau avec TTC est la continuité directe de nos précédents travaux avec eux (le « Trop Singe EP » ainsi que « Boyz Wanna Have Fun » que nous avions produit pour Tekilatex). Ce titre est à la base de ce nouvel album, dans le sens où ce fut le tout premier que nous avons enregistré pour « Shimmy Shimmy Blade ». Il y a deux ans, bien avant la sortie du « Bâtards Sensibles ». Quelque part, je suis très heureux d’avoir réussi à faire chanter Tekilatex dans des tonalités aussi alambiquées. Il s’agit d’un instrumental aux patterns rythmiques en 7/8, extrêmement difficiles à capturer pour un rappeur. J’aime le fait que cette complexité ne soit pas une évidence à l’oreille, je trouve que le morceau sonne très naturel et absolument pas « exercice de style technique », c’est très important à nos yeux. Nous avons réussi et ce n’était pas sans difficulté. Sans le vouloir, nous avons donc enregistré un morceau qui est littéralement à contre-pied du travail actuel de TTC. C’est en grande part lié au fait que l’album a mis une éternité à être produit et qu’il sort seulement aujourd’hui… Quelque part, ce n’est pas plus mal comme ça, il s’agit probablement du chapitre final des collaborations entre dDamage et TTC, vu qu’ils sont aujourd’hui dans un délire totalement différent du nôtre. En ce sens, je suis assez fier d’avoir produit ce morceau qui est de très loin le plus expérimental de leur carrière.

FRED: Au niveau des liens qui nous unissent à ces artistes, il faut aussi dire que Tekilatex nous a beaucoup épaulé pour lancer ce projet, il nous a par exemple présenté et conseillé a quelques-uns des rappeurs qui sont présents sur l’album. Doseone ou Tes par exemple. En ce qui concerne leur évolution, ils suivent leur parcours. Nous nous sommes rencontrés artistiquement et humainement. Ça a beaucoup bouillonné sur tous les plans. Disons que nos chemins mutuels évoluaient en oblique et ont fini par se croiser, pour un moment, pour ensuite se séparer. Comme beaucoup d’histoires de collaborations artistiques finalement…

Que pensez vous de leur évolution en groupe et/ou en solo?

JB: J’aime beaucoup le maxi « Hotel Acapulco », surtout un morceau dancefloor présent en face-B que je place régulièrement dans mes sets de mix. Concernant Cuizinier, je dois t’avouer ne pas avoir vraiment bien écouté. J’attends vraiment de voir ce qu’il va donner sur son album solo. Je pense vraiment que c’est là que tu juges ce qu’un artiste a dans le ventre. Je suis pas du genre à me faire une idée à partir d’un simple maxi ou d’une street-tape. Ça c’est juste de la mise en bouche. Sinon pour Teki, j’attends son album de pied ferme. Il y a maintenant des années de cela, nous étions les premiers à lui foutre des coups de pied au cul afin qu’il range sa timidité à la poubelle. Mon frère et moi, on était là à lui dire « Mais vas-y bordel de merde, fait de la pop, espèce d’enfoiré mental ! Chante en anglais, t’es capable de pondre des tubes et de t’envoler vers les étoiles ». Ça correspond à l’époque durant laquelle nous avions produit cette reprise de Cyndi Lauper rebaptisée « Boyz Wanna Have Fun » avec Tekilatex au chant. Bref, en ce qui me concerne, disons donc que ça fait maintenant presque cinq ans que j’attends son album solo. J’espère ne pas être déçu.

FRED: J’aimerais bien que Tido Berman sorte sa mixtape aussi, mais il fume trop de weed, je pense qu’elle sortira en 2009. Mais préparez vous, ça va être du lourd.

Vous avez sorti un magazine, « Fake Real », pour la sortie de ce nouveau disque. C’est un élément promotionnel assez inhabituel car coûteux. Comment est venue l’idée?

FRED: Il y a beaucoup de choses à dire sur notre nouvel album, bien au-delà des interviews et des articles de presse. Notamment les rapports que nous entretenons avec les artistes avec qui nous travaillons. Nous voulions également donner la parole à plusieurs artistes comme Christ (Boards of Canada), Jason Forrest / Donna Summer, Subtitle, Les Gourmets ou Otto Von Schirach, des gens avec qui nous travaillons également… Voilà, et il y avait aussi cette volonté de la part de notre manager Reiko Underwater de faire un bel objet, qui aille bien au-delà de la simple brochure de presse que les gens feuillettent et foutent à la poubelle la semaine suivante. C’est un superbe magazine imprimé sur du papier de qualité, avec un travail de design vraiment recherché (assuré par even10). En gros, il est quasi épuisé au bout de trois semaines, ce truc est devenu un collector.

JB: La fabrication fut effectivement coûteuse, mais nous n’avons pas dépensé un rond. À l’occasion de la sortie de notre nouvel album, nous avons eu un partenariat avec Nike, qui nous a proposé de poser pour des pages publicitaires. Plusieurs espaces publicitaires furent également vendus à des annonceurs moindres. Cela a généré beaucoup d’argent et tout a été ré-injécté dans la fabrication du Fake_Magazine. Tout ce projet a été mené d’un bout à l’autre par Reiko Underwater, boss de Tsunami-Addiction.

FRED: En gros, au lieu de prendre un gros paquet d’euros de chez Nike dans nos poches, on a investi dans ce mag et on a eu des pairs de Air Force One et des tas de fringues Nike gratos. C’est un deal que Nike fait avec tout type d’artiste, du moment que le projet leur convient. Je crois qu’ils ont collaboré avec Grem’s aussi pour son dernier opus. Ils donnent de la tune en petite quantité à des artistes indé. C’est déjà pas mal.

Vous y dites que « Shimmy Shimmy Blade » servait de décor à une bataille menée contre, ou avec les Mcs. Qui a gagné?

FRED: nous.

Ou qui, ou quoi, avez-vous vaincu ensemble?

JB: nous.

Quelles sont les qualités humaines que dDamage apprécie particulièrement en général?

JB: On apprécie la franchise, l’honnêteté, les relations d’amitiés durables, les relations d’amour durables, le rire lorsqu’il est sincère, les gens qui font de la bonne musique sans pour autant adopter une attitude prétentieuse, les gens qui vendent beaucoup et qui possèdent une prise de recul sur leur carrière, ceux qui gardent la tête froide, les histoires d’affaire qui se déroulent sans accroc, les prises de risque, les ingénieurs du son qui comprennent notre musique, le franc-parler, l’humilité, l’insouciance, la force de caractère, le professionnalisme lorsqu’il ne se fait pas écraser par des ambitions carriéristes, la considération pour ceux qui le méritent vraiment, les gens qui vont droit au but, le crédit qu’on doit apporter aux jeunes et aux nouveaux arrivants, le respect des anciens, la confiance, ceux qui connaissent la valeur de la ferraille, les rapports non intéressés, la profondeur d’âme…

FRED: Bref, que des trucs qui sont quasiment inexistants dans le milieu de la musique. En gros, on connaît la valeur de la ferraille, par rapport à ce qu’on touche, ce qu’on fait, ce qu’on graille. On aime parler des choses graves avec un soupçon d’humour. On ne plaide jamais coupable. Inviolables mentalement. On collectionne les cicatrices depuis garnements. On aime avoir le dernier mot, on reste humbles malgré tout. On aime la femme ou la flamme qu’allument nos deux feuilles. On n’aime pas l’Etat, on aime leurs sous et leurs femmes, glou glou et bang bang avec… On se met en rogne pour des broutilles, on aime les concerts. On a les bras toujours ouverts pour les potes et les lames pour les ennemis. Moi j’aime fumer à me mettre à l’envers comme dans le grand 8. On se fout du monde avec amour en général, ce n’est pas méchant.

« dDamage Président » résonne parfois dans les rues de Paris. Quel serait votre programme électoral? Lors de quel meeting aura t-on l’occasion de vous croiser?

JB: Je ne sais pas, on ne doit probablement pas traîner dans les mêmes quartiers de Paris. Tu sais, à notre niveau, l’influence que pourrait porter un discours politique est finalement quasi nulle. Nous ne sommes pas des figures médiatiques. Alors mis à part pour faire les malins, ça ne nous servirait pas à grand chose d’étaler nos idées politiques en interview. On n’est pas un groupe militant non plus. Nos idées politiques sont naturellement omniprésentes au sein de nos vies respectives, nos vies de citoyens. Mais il s’agit là de nous et non de dDamage. Faut pas tout mélanger. Quand je vois un morceau de Modeselektor qui s’appelle « Vote or Die » je me demande si c’est sérieux ou si c’est du second degré, ça te résume donc bien le peu d’impact que ça peut avoir sur ma personne… Après, pour savoir vraiment quelle est leur intention, il a fallu que je leur demande en personne. On en revient donc au dialogue entre citoyens, et non entre musiciens.

FRED: je pense aller au meeting de Monsieur Olivier de Besancenot pour lui dire que je ne suis pas content des services de la Poste. C’est vrai, tu vas à la poste, tu vois toujours au moins deux personnes du personnel qui ne sont pas là, sur cinq. Il fout quoi Besancenot? Avant d’essayer de devenir Président, il devrait essayer de nous faire parvenir notre courrier. Autrement Arlette Laguillier je la trouve hyper à la mode, je pense qu’elle peut baiser le score cette année.

Que pensez vous d’ailleurs du regain de conscience politique en banlieue, médiatisé notamment grâce à Joey Starr ou Diams?

FRED: je préfère les démarches politiques de mecs comme Ekoué, Despo Rutti, Nessbeal, Kroqmitten (Menage à 3), Express D, Odji Ramirez, Sefyu, Jean Gab1… En fait, il faudrait un président noir ou arabe pour calmer tout le monde. C’est vrai, tu mates le journal de TF1 présenté par un noir et ça fait de l’audimat, les gens sont contents. Donc il faut plus d’arabes et de noirs au Sénat. Les choses changent, il faut une femme ou un noir à l’Elysée pour le nouveau millénaire je crois. Depuis 1983, on n’a jamais vu un truc aussi incroyable, ce regain de tension qui vient de tous les côtés. On ne peut pas passer à coté des élections mars 2007 c’est clair. J’irais voter, je ne sais pas qui, parce que pour l’instant, tout ce dont j’ai envie c’est de fabriquer des cocktails molotov pour préparer l’anniversaire des émeutes 2005.

JB: Et 1995.

Vous avez, paraît-il, passé un peu de temps avec Roi Heenok au Canada. Je suppose que vous avez dû ramener des palettes d’anecdotes…

FRED: Heenok est un gangster et un gentleman. Tout ce qu’il dit est difficile à croire mais la grande majorité de ses histoires sont véridiques. Il vient d’enregistrer un morceau avec Raekwon, puis The Game est venu poser aussi pour son album prévu en 2007. Beaucoup d’artistes viennent faire des concerts à Montréal. Étant donné qu’il a une grosse organisation mafieuse, il s’arrange toujours pour passer en force. Le mieux c’est de l’interviewer directement.

Roi Heenok et JB (dDamage)

Les voyages ne manquent plus à dDamage. Quel est votre souvenir de tournée le plus mémorable?

JB: En juin 2003, nous avons fait un concert dans la banlieue Sud de Londres. Un truc énorme organisé par Kraked, regroupant plus de 60 musiciens (Kid606, tous les Japonais de 19-T, des musiciens Adaadat, Jason Forrest, tous les dj de Rephlex, Kifehandshop, Shitmat, Chevron, Hellfish, Justin Broadwick…). Une Squatt Party totalement illégale, dont le lieu fut tenu secret jusqu’à la dernière minute. Les musiciens eux-mêmes avaient rendez-vous dans un grand pub aux alentours, quelques heures auparavant. Mais nous ne connaissions pas l’info. Au bout de trois heures d’attente, je vais voir l’organisateur pour lui demander si le concert est bien maintenu, malgré tout ce retard. Le gars me répond très calmement que l’entrée du lieu a été murée par la police, et que la soirée commencera avec du retard. Et là il me regarde avec un sourire pour me dire « mais, ne t’inquiètes pas, on avait prévu le coup, nous avons loué un bulldozer pour forcer le passage ».

FRED: Une demi-heure plus tard, on se retrouve dans l’endroit en question. Il s’agissait d’un supermarché, fermé depuis quelques semaines, mais encore rempli de marchandises. La première heure fut réservée aux musiciens, qui ont commencé le cambriolage. On a vraiment tout défoncé, on volait tout ce qu’on avait envie de prendre. Des jouets, du parfum, de l’alcool, des vêtements, tout ce que tu peux trouver dans un supermarché quoi. On était avec notre petite soeur et notre manager, on ressentait un sentiment de liberté absolue que je n’ai jamais éprouvé depuis. Un truc indéfinissable, façon Albert Spaggiari.

JB: Notre concert s’est déroulé près du stand des jouets de Noël, on a volé des costumes de Père Noël et installé des sapins sur notre stand. On a fait un concert de dingues qui s’est terminé en bataille de boules de Noël avec le public. Des boules de Noël par milliers, c’était comme dans un rêve.

FRED: Je me souviens que les Japonais de 19-T on construit un gigantesque circuit de rallye avec diverses boites en carton pour organiser des courses de voitures télécommandées. Ils ont organisé un championnat et l’un d’entre eux faisait le bookmaker pour toutes sortes de paris, dont les gains étaient aussi bien de l’argent que de la drogue, des vêtements ou de l’alcool.

JB: Les rayons de bouffe ont été pillés. Avec les articles du rayon Camping, ils ont monté un stand cuisine et ont fait des plats cuisinés toute la nuit. Les mecs de Kraked ont volé tout l’alcool pour monter des buvettes et vendre les boissons aux spectateurs. Je me souviens ivre mort avoir assisté à un concert de Donna Summer /Jason Forrest avec des Japonais qui dansaient nus sur scène. Bon, voilà, c’était l’anarchie totale.

FRED: Nous sommes partis à 7H du matin, les flics et les pompiers sont arrivés à 7H30. Nous les avons croisés sur la route, un convoi interminable de voitures aux sirènes qui te cassent la tête. On marchait tranquillement sur le bord de la route, notre petite soeur (qui habitait Londres à l’époque) avait volé une brouette de jardinage qu’elle avait remplie à ras bord, genre elle n’a pas fait ses courses pendant les deux mois qui ont suivi. La soirée s’est terminée en apothéose, par l’intervention d’un pyromane qui est venu foutre le feu au supermarché. Ça s’est terminé dans les flammes et tout le monde a été évacué. Les organisateurs de Kraked se sont seulement pris quelques jours de prison ferme, puis ont été relâchés faute de preuves. Les flics n’ont jamais réussi vraiment à prouver qui étaient les organisateurs.

Quels sont vos projets pour les mois à venir?

FRED: Suite au maxi qui sort chez Tigerbeat6 en décembre 2006, nous avons un nouveau vinyle en cours de préparation. Également, un projet de mixtape qui sortira en édition limitée sur Tigerbass, une subdivision du même label. Un split vinyle avec The Doubtful Guest vient de nous être commandé par Seed Records, label anglais. Un projet de split vinyle avec O.lamm nous a récemment été commandé par un jeune label français, un autre split vinyle avec Thavius Beck aka Adlib est censé sortir un jour sur un autre label. On travaille avec des gros labels, mais on continue toujours à faire des trucs à droite à gauche sur des petits labels, parce qu’on a plein de trucs à exprimer et qu’on apprécie vraiment le fait de sortir des vinyles et surtout travailler avec tout plein de gens d’horizons différents. J’aimerais continuer à bosser avec des gars comme Krikor, Krazy Baldhead, Hypo et tout un tas de personnes qui ont du talent à revendre à la louche russe.

JB: Un nouvel album pour Planet-Mu nous a été demandé. C’est un projet qui nous tient énormément à coeur, car nous sommes liés à ce label autant d’un point de vue professionnel que d’un point de vue humain. Sinon, nous devons également plancher sur des remixes pour divers artistes comme Sin, Kid 606, France Copland, Les Gourmets, Radioinactive… On travaille toujours avec beaucoup de rappeurs, nous avons enregistré de nouveaux morceaux avec Tes, Radioinactive, Bigg Jus, Crunc Tesla, on prévoit de continuer de bosser avec MF Doom, faire un groupe a grosses guitares avec Existereo… Enfin voilà, comme d’habitude on fera la moitié de ce qu’on annonce, parce que la pile des projets va encore s’alourdir et qu’on va partir dans plein d’autres directions. Y’a que comme ça qu’on fonctionne et on ne s’arrêtera jamais. Apes are moving like fluids.

Les frères Hanak sont-ils inséparables?

Oui.

L’un vient du hip hop, l’autre plutôt du punk/hardcore. Envisagez vous à l’avenir de sortir un album de dDamage avec des collaborations de ce genre?

JB: Tu sais, je viens du rock indé, j’ai pas vraiment écouté de punk hardcore dans ma vie. Quelques trucs de-ci de-là bien sûr, pour savoir, pour tester, mais qui ne représentent guère ma culture musicale… Pour ce qui est de ta question, la réponse est oui, naturellement. Mais on ne sait pas trop si ça sera possible un jour. Tout est question de connexions, de rencontres ou de connaissances. On aimerait vraiment bien travailler avec des gens comme Sonic Youth, Dinosaur Jr ou Tom Waits. Des gens qui nous passionnent depuis une quinzaine d’année, dont l’oeuvre est intensément profonde, aux disques immortels, que tu peux réécouter et réécouter des années durant sans que ça s’épuise pour autant. Des artistes dont l’oeuvre sera encore écoutée dans des dizaines d’années.

FRED: j’aimerais un jour sortir un disque de dDamage produit par Steve Albini.

Le mot de la fin… Autrement dit, lâchez vous, no censure… ou presque…

JB: Un putain de remerciement à Christophe « The Brain » Leroy. L’ingénieur du son sans qui cet album n’aurait jamais sonné aussi bien. J’ai maintes fois vidé toutes les bières de son frigo et je recommencerai. Pour bosser avec des gars comme nous, tu peux être sûr qu’il a une patience sans limites.

FRED: Je voulais remercier Sandy Lakdar qui nous a beaucoup aidé pour nos démarches professionnelles et pour finaliser notre deal sur cet album. On prépare aussi un DVD pour 2007 et plein de surprises de gitans à venir. À bientôt et merci.

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