Lilly Wood & The Prick en promenade

Une voix, des mélodies, quelques concerts bien remplis, une reprise de Santogold qui a fait parler, puis un Ep digital, il n’en fallait pas plus pour que Lilly Wood & The Prick, nouveau duo de la scène indie folk française, devienne un des groupes en devenir les plus épiés du moment. Après un premier rendez vous manqué le mois dernier, c’est à l’heure des joggeurs de début de soirée, au parc des Buttes-Chaumont dans le nord est parisien, qu’on a finalement pu rencontrer Nili et Benjamin, les deux têtes pensantes du projet alors en pleine préparation du premier album et de leur prestation à Rock En Seine. Inoffensifs pour certains, simplement talentueux pour d’autres, Lilly Wood & The Prick va faire des vagues. La preuve en quelques questions, et en deux titres acoustiques.

L’INTERVIEW EN INTEGRALITE

Pouvez-vous revenir sur le contexte de votre rencontre, ce qui vous a inspiré chez l’autre, et les influences qui vous ont réunies?

Benjamin: La rencontre a été tout ce qu’il y a de plus banale. C’est un ami commun qui nous a mis en relation. Je lui avais dit que j’aimerais faire de la musique avec quelqu’un, et Nili lui avait dit exactement la même chose. On s’est donc retrouvé au Pop-In à Paris, on s’est appelé le surlendemain et on a commencé à jouer. Ça a marché tout de suite, on a rapidement fait quelques morceaux, et on a décidé de s’y mettre à fond.
Nili: On n’est pas du tout pareil lui et moi, on est hyper complémentaires. Il est posé alors que moi je suis plus agitée. Et ça s’entend dans la musique puisqu’elle est assez calme alors que les textes sont plus tourmentés. Et en tant qu’amis, on s’apporte exactement la même chose.

À quoi ressemble votre vie quand il ne s’agit plus de Lilly Wood & The Prick?

B: La débauche… Non, une vie tout à fait normale.
N: Moi, depuis peu, je ne fais vraiment plus que de la musique donc je suis tout le temps dans une espèce d’impatience. Je m’ennuie un peu, j’ai l’impression que ça ne va pas assez vite. Mais, on commence à être de plus en plus occupés donc c’est bien. Après, on sort, on boit, on rigole, on va à des concerts, on mange avec des copains… On est vivants quoi!

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Duo mixte, ouverture musicale à base d’indie folk, soin apporté au visuel… Etes vous d’accord avec la formule, certes raccourcies: The Do + Cocoon = Lilly Wood & The Prick?

B: Absolument pas. Juste sur le nombre de personnes dans le groupe, et encore.
N: C’est juste un duo mixte, point barre, ça n’a rien à voir, ni dans la voix, ni dans la musique, ni dans les sons, ni dans les visuels. Ce n’est pas parce qu’il y a quelques éléments similaires que machin + machin = nous.
B: En tous les cas, ce n’est pas un rapprochement voulu, ce n’est pas recherché.
N: Oui, Cocoon, ils sont mignons, ils sont un peu dans le délire «petit animal», ils sont peut-être un peu plus premier degré. Non? Je ne sais pas… Je ne trouve pas que ça nous ressemble. Moi, j’adore The Do, je trouve qu’ils sont hallucinants, meilleurs que nous musicalement et sur scène. Mais, ça ne nous ressemble vraiment pas. D’après ce que j’en sais en tous les cas, il n’y a pas de sons électroniques dans ce qu’ils font, alors qu’il y a beaucoup de programmations chez nous, de synthé. Enfin voilà, la réponse est: NON.

Êtes vous surpris de ce qui vous arrive finalement?

N: Franchement, il ne nous arrive pas grand-chose. Extérieurement, je ne sais pas de quoi ça a l’air  mais… Là, aujourd’hui on vous voit, on discute avec vous, on a discuté avec d’autres gens avant, mais on n’a pas l’impression qu’il se passe vraiment grand chose au jour le jour. On sait juste qu’on va avoir l’opportunité de faire un album bientôt, on sait qu’on va avoir une maison de disque. On a beaucoup de chance et on en est conscient. Mais ce n’est pas non plus la fête de la popularité. Tu vois, Lilly Wood & The Prick, tu lui demandes à lui (un passant, ndlr)… On est content, mais on n’est pas non plus hyper surexcités, parce que les choses vont lentement et tant mieux… Le but n’est pas non plus de devenir fou parce qu’il se passe trop de trucs. On demande juste que la chance continue de nous suivre.

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Alors l’album arrive. Est-ce que vous pouvez déjà nous en parler? Niveau label, vous devez être courtisés aussi…

N: On a rencontré des gens qui sont assez intéressés. Va falloir qu’on décide ce qui nous correspond le mieux, mais on n’a pas non plus envie d’être dans un truc énorme ou l’on va passer en dernier. En même temps, on aimerait bien être sur un label qui a les moyens de faire quelque chose de bien. Parce qu’enregistrer un album, on peut le faire nous-mêmes. Avec Pierre Guimard, on a fait un Ep qui nous a coûté 2000 euros, et si on signe quelque part, c’est justement pour que l’album soit bien distribué. Mais on le fera en licence puisqu’on est sur un label qui s’appelle Choke, sur lequel on va rester. Au moins pour cet album.
B: On y retrouvera forcément les influences de l’Ep, mais c’est difficile de dire à l’avance s’il va ressembler à ce qu’on vient de faire, ou à quelque chose de tout à fait différent. Après, il y aura toujours la marque identitaire de la voix de Nili, sa manière d’écrire, et la marque identitaire de l’ensemble du groupe. Peut-être qu’on va avoir des idées nouvelles et différentes qui vont nous emmener vers d’autres couleurs. Mais rien est programmé actuellement.
N: On essaye d’avoir un fil conducteur aussi. Plus que sur l’Ep qui était un essai, ou il n’y a pas une chanson qui a vraiment le même style musical que l’autre.  A ce moment-là, on se cherchait, maintenant on s’est un peu trouvé. Donc l’album sera plus en bloc que rafistolé. On a commencé à enregistrer deux morceaux, il y en a un quasi fini, et ça n’a pas l’air trop mal.

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