Naive New Beaters, interview Wallace

Invités à se produire dans le cadre du festival Rock ‘n Solex, les Naïve New Beaters n’ont laissé personne indifférent avec leurs hymnes “pop/rap” imparables, mélange improbable de synthés et de ponchos aussi efficace sur disque que sur scène. Rencontre avec le trio avant la sortie de son premier album, “Wallace”, bande-son idéale d’un été passé au bord de l’eau, quelque part entre Los Angeles et Saint-Lô.

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Vous pouvez nous présenter les membres du groupe?

David Boring: Moi c’est David Boring, chanteur américain, le mec qui vient de partir faire pipi c’est Eurobelix, l’homme-machines, et là c’est Martin Luther BB King qui joue de la guitare.

Quel a été votre parcours depuis le CQFD organisé en 2007 par les Inrocks?

DB: Après le CQFD, on a sorti notre premier maxi “Bang Bang” avec deux remixes de Yuksek et d’Ajax, dans la foulée on a tourné le clip qui a un peu fait parler de lui, on a sorti le maxi “Live Good” () avec un remix de Bloody Beetroots, on a tourné le clip du morceau et finalement on a signé chez Cinq7, un label qui appartient à Wagram. Sachant qu’entre temps, on s’est aussi rapproché d’un tourneur qui nous a fait jouer en province.

Comment Yuksek s’est retrouvé à poser un remix sur votre premier maxi?

Eurobelix: Ça doit faire deux ou trois ans maintenant qu’on l’a rencontré sur le festival “Sous La Plage”. A l’époque, on aimait déjà ce qu’il faisait, du coup on lui a donné une de nos démos et il nous a rappelé la semaine suivante pour nous proposer quelque chose.
DB: C’est pour ça qu’on l’a invité à jouer pour la release party de “Live Good”. Pour ça, et aussi parce que c’est grave un beau gosse.

Vous vous êtes aussi retrouvés en première partie de groupes comme les Kills ou Cassius, c’est le genre d’expériences qui vous ont servi dans la réalisation de “Wallace”?

E: En fait, on leur a appris quelques trucs pendant les concerts.
DB: C’est vrai qu’ils se sont beaucoup plus nourris de nous que l’inverse. On a pas grand chose à apprendre d’eux.
Martin Luther BB King: Pour ce qui est des Kills, on a commencé par faire huit dates de leurs concerts en France. Comme ça s’est bien passé, ils nous ont invités à jouer venir jouer avec eux à L’Astoria de Londres, en première partie bonus en quelque sorte. Les gens de là-bas sont réputés être un peu durs mais ça s’est super bien passé. Les anglais ont beau être plus critiques, ils sont aussi plus ouverts.
DB: Je crois qu’on les a bien cernés là, belle analyse.

Le mixage de l’album avec Nick Terry a aussi dû pas mal aider…

DB: On est resté deux semaines avec lui dans son studio “Strong Room” à Londres. C’est un studio complètement psychédélique avec plein de peintures et une orientation spéciale des chakras.
MLBBK: Souvent, les gens arrivent chez lui avec des maquettes brutes et réenregistrent tout en studio. Avec nous, ça a été un peu différent, on avait déjà poussé le truc assez loin avec notre producteur, Clive Martin, du coup on est allé voir Nick Terry uniquement pour le mixage final, c’est à dire pour tout remettre à sa place et rendre l’ensemble homogène en terme de fréquences. A la différence de l’enregistrement au cours duquel t’es actif et t’as ton mot à dire, là c’est vraiment une question de confiance. C’était la première fois qu’on faisait appel à quelqu’un de vraiment extérieur, et on a pas été déçu du résultat.

Le côté “pop” de l’album, qu’on retrouve notamment dans le soin apporté aux refrains et aux mélodies, faisait parti de vos objectifs de départ?

DB: On n’a pas recherché le côté “pop” intentionnellement mais disons qu’on aime quand ça sonne bien.
E
: Et puis c’est plus facile de faire passer des mélanges quand tu gardes une forme que les gens connaissent.
MLBBK
: On aime quand c’est “off” pendant le couplet et “on” pendant le refrain.

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Au delà de vos goûts vestimentaires, on vous sent aussi nostalgique d’une certaine époque, c’est le cas?

DB: On est toujours un peu nostalgique de quand on est petit.
E: Moi je suis amnésique et nostalgique d’il y a deux semaines, je m’en rappelle plus.
DB: C’est vrai que c’est embêtant, on ne partage pas beaucoup de souvenirs avec Eurobelix. Mais pour ce qui est des fringues, on s’inspire du passé pour créer du futur. C’est une sorte de retour vers le futur bizarre, comme dans une caverne avec des spotlights.

Comment se déroule la composition d’un morceau?

DB: En général, c’est un petit bout d’instru qui se balade et sur lequel on construit quelque chose.
E: Ça commence un peu comme un truc Hip-Hop, une boucle ou un esprit qu’on aime bien et sur lequel David va venir chanter. Après, le boulot c’est de construire un morceau qui ait un minimum de structure.
DB: Une fois qu’on a une instru qui sent bon, on essaie tout un tas de trucs dessus, notamment les refrains…
E: Et souvent, les textes sont écrits avant que la musique ne soit terminée. Donc en gros ça commence par un peu de musique, les textes sont écrits dans la foulée et après on retravaille le tout. Tout s’influence en fait.

Le communiqué de presse compare votre démarche à celle de groupes comme Phoenix ou les Daft Punk. Ce sont des influences que vous revendiquez également?

DB: Même si on ne marche pas encore aussi bien qu’eux, disons qu’on s’en rapproche dans le sens où on est un groupe français qui joue à l’international. Après, pour ce qui est des groupes qui nous influencent au niveau de la thune, on trouve que Mickael Jackson a pas mal assuré.
E: Pour en revenir au Daft, un jour on est passé dans le XXIIe arrondissement de Paris et quelqu’un nous a montré leur maison. C’est un énorme truc dans une impasse assez classe, en tout cas c’est ce qu’on m’a dit.
DB: Mais ceci dit, c’est pas très original pour un groupe de commencer en se disant “je veux être connu dans le monde entier”.

Au delà du terme “pop/rap” qu’on emploie pour qualifier ce que vous faites, comment décririez-vous  “Wallace” à des gens qui n’ont jamais entendu parler de NNBS?

DB: Pop/rap c’est bien, même si parfois on l’affine en parlant de “pop rappée avec des sentiments chaloupés”. Quand on fait la phrase un peu plus longue on se dit que ça correspond bien.

D’où vient l’intérêt que vous semblez porter à l’aspect visuel du groupe?

DB: On s’en occupe depuis qu’on a commencé en fait, même quand on faisait des maxis en auto-prod on voulait faire le clip en même temps.
E: La seule différence, c’est qu’au début on était contraint de tout faire par nous mêmes. Mais maintenant qu’on est signé, on aime toujours participer à cet aspect là des choses.
DB: C’est pareil pour les concerts, on s’est dit qu’on ne ferait pas un concert “normal” mais un show à l’américaine avec des tenues de soirée un peu chic, élégantes et qui en jettent.

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Vous avez donc bossé la tournée qui vous ménera en Angleterre, en Espagne, en Russie…

DB: On travaille tout mon pote! Notamment les déhanchés parce que je conseille à personne de le faire à froid à la maison, c’est des trucs que tu peux faire mal. Mais en ce moment, on se dit qu’on aimerait bien se produire avec le gros truc gonflable qu’on voit sur la pochette, ça illustre bien notre musique donc c’est le genre de choses auxquelles on pense.
MLBBK: David Boring étant très doué pour les langues, avant chaque concert il apprend quelques mots qui lui permettent de communiquer plus facilement. Et pour ce qui est de l’aspect visuel, on envisage de retourner à Saint-Lô, en Normandie, pour bosser ça.
E: D’ailleurs à Saint-Lô, il y a un très bon bar qui s’appelle “le QG” et dans lequel il y a un mec qu’on ne connait pas mais qui a gagné une émission de télé, et qui sort avec une meuf qu’on ne connait pas non plus mais qui a aussi gagné une émission de télé…
DB: C’est Koh Lanta et la Star Ac’, mais on ne se rappelle plus des prénoms. Enfin bref, c’est un peu people et c’est ce qui nous faut. Tout ça pour dire qu’on va faire un gros show avec des effets pyrotechniques.

Pour finir, vous pouvez nous éclairer sur le “Wallace” qui donne son titre à l’album?

E: C’est une référence à mon grand-père qui est mort.
DB: Nan mais par exemple, là, t’es en train de rouler une wallace et c’est parce qu’on t’apprécie qu’on s’allume une wallace ensemble. C’est une bonne ambiance quoi.
E: Par exemple Martin est à moitié wallace….
DB: Et il est aussi assis sur une wallace et c’est ce qui le rend cool.

Lire la chronique de « Wallace« 

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4 réponses à Naive New Beaters, interview Wallace

  1. trok 15 juin 2009 à 15 h 56 min #

    Quel merde…

  2. Peter 2 juillet 2009 à 10 h 01 min #

    NNB ici? Quelle déception !!!
    Et ne venez pas me dire « ns sommes ouvert, bla bla ». Je crois que je regrette déjà Bokson.

  3. matthieu 2 juillet 2009 à 11 h 14 min #

    Ah les goûts et les couleurs… Pour te rassurer, ou pas, tu les aurais aussi retrouvés sur Bokson parce qu’il y en a aussi à qui ca plait…

  4. Bobby 5 novembre 2009 à 19 h 48 min #

    Et même que des fois, ça plait tellement que ça donne sa :
    http://www.nnbs-fan.com/forum
    Merci mec !

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