Interview : Samiam (01-1997)

Samiam est né en 1988. Le groupe est composé de James et Sergie à la guitare, moi au chant, nous sommes tous les trois dans le groupe depuis le début. II y a aussi Aaron à la basse qui a remplacé Martin juste avant « Clumsy », Mark était notre batteur au tout début, mais il a arrêté après le premier album pour continuer ses études à New York. Dave l’a alors remplacé et a quitté le groupe après le troisième album ; Mark est revenu puis est reparti parce qu’il avait un bon boulot. MP est désormais notre batteur.

Parles nous de Berkeley au point de vue musical…

Berkeley est un endroit très plaisant au même titre qu’une île sauf que la ville est entourée de quartiers. Je suis né à San Francisco et je suis parti à Berkeley à l’âge de seize ans. C’est une île parce que les gens là-bas se débrouillent, s’entendent bien. II y a des personnes un peu marginales et tous ceux qui y vivent pensent qu’il n’y àpas un seul endroit au monde comme celui-là. En plus, il y a une scène musicale intéressante, il y règne une atmosphère adéquate pour jouer de la musique. Les gens sont ouverts, respectent ; personne n’est bizarre. Quoique vous fassiez sur scène, on vous regarde, on vous porte une certaine attention.

Comment se sont passés vos premiers pas dans la musique ?

Mon premier groupe s’appelait Isocracy, nous avons sorti un 7″ sur Lookout qui était vraiment terrible. Nous avons fait des concerts sur Gilmann Street et nous jouions quatre morceaux pour la chance devant 30 personnes. C’est comme cela que nous sommes devenus connus, dans notre ville tout du moins. Nous n’avons jamais tourné.

Samiam sonne Samiam et on ne parvient pas à trouver d’influences. Vous, vous êtes une référence qui n’a pas connu le même succès que des groupes tels que Rancid ou Nofx Comment vois tu cela?

Honnêtement, tous les groupes qui parviennent à rester longtemps ensemble, qu’ils soient bons ou non deviennent connus. Si vous êtes uniquement ska, uniquement rock ou uniquement punk, vous réussirez. Mais notre style n’est pas précis. Cela fait un bout de temps que l’on tourne et maintenant les gens attendent nos morceaux rapides ou nos morceaux lents et tristes. Ils aiment certains de nos morceaux, suivant leurs goûts. Beaucoup, également, aimeront tout. Nous, nous voulons faire ce que nous voulons, jouer dans des endroits qui nous sont inconnus ; ce sera dur parce qu’on n’a pas beaucoup d’argent, mais je continue de faire ce que j’aime.

Tu ne rechercher pas le succès ?

J’aime l’argent mais je n’en ai pas, donc…

Vos paroles sont assez tristes mais quand on écoute, on imagine un ciel bleu… Ou trouvez-vous vos idées dans un monde si parfait et si merveilleux (rires, et encore rires…) ?

Je ne sais pas où tu as trouvé cela, mais ce n’est pas l’idée que j’en ai ! J’essaye de ne pas trop m’inspirer de la tristesse et la colère, car je suis heureux parce que je fais quelque chose qui me rend heureux ; et la dernière chose que je ferai ne sera sûrement pas de m’asseoir pour écrire. Je veux continuer à m’amuser. Mais quand tu es triste ou en colère, tu peux avoir envie de l’écrire pour te donner l’impression que tu parles à quelqu’un. Si tu es embarrassé, tu ne le fais pas.

Qui compose ?

Surtout James, Sergie et Aaron ( le bassiste et les deux guitaristes ). MP se pose ensuite dessus et moi, j’arrive en dernier, j’écoute ce qu’ils ont fait et je place mes paroles sur tout cela.

Pourquoi ne jouez-vous pas souvent en France ?

Parce qu’il est difficile d’y trouver des concerts, parce que ça coûte cher de partir régulièrement en tournée. Et puis, nous ne sommes pas très connus en France. Nous jouons aussi souvent que nous le pouvons, mais les tickets d’avion coûtent cher alors on ne peut pas rester très longtemps. Nos tournées européennes commencent en Allemagne et au bout d’un mois, nous retournons aux USA. Avant, c’était différent parce que nous avions tous un travail en dehors du groupe. Nous avons désormais plus de temps donc on le passe dans différents pays.

Travailles-tu en dehors du groupe?

Oui, mais j’ai rien fait pendant les deux dernières années, car j’ai touché de l’argent grâce à Clumsy. C’était super bien car nous avons enchaîné les concerts neuf mois sur douze, j’ai joué avec mon chien mais j’ai grossi ( rire ). Mais après, l’argent m’a fuit alors il a fallu que je recherche du boulot pour vivre et faire face à mes besoins quotidiens. Maintenant le groupe est indépendant et ça change le revenu.

As-tu une petite préférence pour votre dernier album parce que vous avez eu du mal à le sortir ou le mets tu au même niveau que les autres ?

Clumsy a été beaucoup plus difficile à écrire car j’y relatais des expériences ou des opinions personnelles. Nous pensions que le dernier album n’allait jamais sortir : on l’a enregistré pour Atlantic et ils nous ont virés en nous disant qu’il ne le sortirait pas. Nous étions déçus d’avoir fait tout cela pour rien, et quand j’ai enfin pu avoir un exemplaire de l’album entre mes mains j’étais excité comme jamais. Je pense que cet album contient de très bons morceaux et je suis fier du résultat. II y a tellement eu de temps avant que quelqu’un puisse l’écouter.

Ton avis sur les majors a-t-il changé ou relativises tu ?

J’ai vu les deux camps : indépendants et majors. II y a des différences mais en réalité ça ne change pas beaucoup pour un groupe hors mis le fait que tu gagnes plus d’argent. Sur un label indépendant, tu dois avoir un travail qui te promet une rémunération, tu dois gérer ta profession et le groupe au point de vue du temps. Sur une major, ils te donnent de l’argent mais tu dois parler à des centaines de personnes, poser des questions. C’est le côté chiant mais tu y gagnes ta vie. Ca dépend de ce que tu veux faire, du temps dont tu disposes. Si tu es pauvre, signe sur une major si tu peux. Personne n’est là à te botter le cul ou à te surveiller, tout cela n’est que mensonges. Ta seule obligation est de faire un album ; ensuite, ils le sortent et s’ils le vendent, tu es leur meilleur ami, s’ils ne le vendent pas, ils te disent au revoir et recherchent quelqu’un d’autre. Je pense que les labels indés n’ont pas cette capacité à entretenir un groupe. Si un jeune groupe se voit offrir la possibilité de sortir un album sur une major alors qu’il n’a encore rien produit, c’est merveilleux, c’est un miracle. Certains labels comme Revelation ou Burning Heart sont tout de même très bien distribués et ont des encarts publicitaires dans les médias et les fanzines. Ils se débrouillent bien et signer chez Burning Heart est la meilleure chose qui pouvait nous arriver avec le fait de pouvoir sortir l’album et faire une tournée.

Etes-vous distribués aux USA ?

Pas encore et pas avant janvier mais on espère trouver un label américain pour nous distribuer chez nous

Comment s’est passée précisément votre rencontre avec Burning Heart ?

Sergie a rencontré Peter, le boss de BH à un concert de Millencolin et ils ont discuté. Peter a dit qu’il aimait ce que faisait le groupe mais ils n’ont pas parlé de cette possibilité. Puis par la suite, ils se sont revus et Peter nous a proposé de sortir sur son label, il a mené l’affaire auprès d’Atlantic qui a sous-estimé le label suédois. II a finalement réussi à le sortir.

Penses-tu que l’aura de groupes tels que Millencolin ou No Fun At All va vous aider ?

Je ne pense pas parce que ce n’est pas la même chose que Fat Wreck Chords. Tous les groupes du label californien se ressemblent, pas ceux de BH. Nous sonnons comme aucun des groupes Burning Heart.

Etes-vous pour l’instant satisfait du label ?

Oui, beaucoup, nous ne nous plaignons de rien.

Et pour la fin ?

Nous avons un site internet, si vous avez un ordinateur, avec des infos, des photos et des dates de concert. On peut voir les cacahuètes à Sergie sur une des photos.

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