Interview – Jay Jay Johanson, timide incompris

Jay Jay Johanson passait récemment par Madrid. Le concert de l’artiste suédois nous a permis de nous plonger longuement avec lui dans une conversation au sujet de sa carrière, de ses influences, de sa manière d’aborder ses deux derniers disques, de cette mélancolie omniprésente chez lui, mais aussi de dissiper certains malentendus passés…

‘Spellbound’, ton avant dernier album, était très minimal, dénudé, dénué de machines… Du coup, avec ‘Cockroach’, on a la sensation de retrouver le Jay-Jay Johanson originel. Es-tu d’accord avec moi? Ces deux disques ont-il été composé de manières différentes?

Jay-Jay Johanson: Mon processus de songwriting n’a pas changé depuis que je sors des disques… J’ai juste besoin d’un papier et d’un stylo. L’inspiration peut me venir à n’importe quel moment, mais c’est souvent quand je marche seul dans les rues, que je vais faire les courses, que me viennent des idées… Je me mets à siffler une mélodie, une ébauche de texte peut me venir au même moment, j’ai donc besoin d’arrêter ce que je suis en train de faire pour écrire sur un bout de papier. Avant, j’appelais à la maison pour laisser un message sur mon répondeur. Maintenant, je fais ça avec les notes vocales que tu peux enregistrer avec le portable. Dessus, j’ai plein de premières ébauches de démos enregistrées. Une fois à la maison, je m’assois au piano ou je prend la guitare, et je pose des accords qui me servent de base pour accompagner le texte et avoir une indication du tempo voulu. Ensuite, et c’est comme ça depuis le tout début de ma carrière, entre en scène Erik, le pianiste qui m’accompagne depuis toujours. On se pose et on développe l’idée de base pour voir où elle peut nous mener. Je peux aussi apporter une idée de beat grâce à une petite batterie que j’ai à la maison. En studio, mon batteur va mettre sa patte sur le rythme de la chanson et la pousser plus loin.
En ce qui concerne ‘Spellbound’, l’inspiration principale venait de trucs comme ces cassettes que Yoko Ono a retrouvé après la mort de John Lennon, lorsque celui-ci enregistrait des chansons seul au piano avec un simple enregistreur, des premières ébauches de chansons où l’on peut entendre pas mal d’erreurs… Lorsque Nick Drake est mort, sa grand-mère a également trouvé des cassettes pleines de démos qui ont ensuite été publiées. Je trouve qu’il y a quelques chose de fantastique dans ces premières prises. Tu y retrouves l’essence même du songwriting, lorsque les choses se passent dans la tête de celui qui crée… A force d’être répétées, enregistrées et ré-enregistrées, les choses deviennent parfois presque trop parfaites… Pour ‘Spellbound’, je voulais voir s’il était possible d’atteindre cette essence, cette quasi pureté, une matière première dénudée qui peut inclure de petites erreurs puisque l’enregistrement s’est fait quasiment en même temps que l’écriture. 95% du disque a été enregistré dans mon salon, seul. Quand j’amène ensuite les chansons en studio, je leur donne normalement cette touche dont on a parlé un peu avant, mais là je n’en ressentais pas le besoin… Pour certains morceaux du disque, j’ai fait appel à quelques-uns de mes musiciens, mais toujours avec cette intention de capter l’essence de la création… Ils jouaient une première ligne une fois la chanson découverte, et je les enregistrais tout de suite. J’avais besoin de leurs erreurs, de leur improvisation…
Je ne sais pas si tu connais l’album de The Beatles, ‘Let It Be – Naked’. Lorsqu’il est sorti, je l’ai trouvé tellement meilleur que l’original! Toutes ces orchestrations grandiloquentes n’étaient pas forcément nécéssaires pour en faire un grand disque… Lorsque tu entends McCartney chanter ‘The Long And Winding Road’ sans l’accompagnement de cordes, le résultat est tout aussi superbe! C’est ce que je voulais accomplir avec ‘Spellbound’. Mais, au moment de composer ‘Cockroach’, je ne voulais pas répéter cette approche, j’avais cette fois besoin d’être plus généreux, d’habiller les chansons autrement… Quand on a bossé sur ‘Dilemma’ pour ‘Spellbound’, on a amené pas mal d’idées au niveau de la percussion, et on s’est beaucoup amusé pendant l’enregistrement. Je me disais que pour le prochain disque j’aurais sans aucun doute besoin de retrouver l’expérimentation, les machines… Sur ‘Cockroach’, on retrouve donc les synthés qui avait disparu de mes disques depuis ‘Rush’ en 2005. J’avais tendance à utiliser d’autres instruments depuis (la guitare, la basse) pour jouer les idées réalisables au synthé. Mais j’en suis revenu, cela fonctionne pour ma musique. Ce que je n’utilise toujours pas, et apprécie peu, ce sont les programmations. Elles rendent les choses trop parfaites. Je préfère que les choses soient jouées, même si c’est avec des machines. Je préfère les instruments acoustiques pour pouvoir parfois les traiter, les triturer ensuite…

D’où vient la chanson de Gospel ‘Dry Bones’? Un choix curieux, non?

Il n’y a pas vraiment de raison particulière, c’est l’une des chansons de mon enfance dont je me souviens… Mon père écoutait souvent ce disque des années 40. Je l’ai apprise quand j’étais tout jeune, c’est une des rares que je connaisse par coeur… Lorsque je suis en studio avec mes musiciens, et qu’ils font une petite pause pour aller prendre l’air ou boire un café, j’ai l’habitude de rester seul en studio, de profiter de ce moment de solitude pour tester certaines idées. Je joue parfois des reprises, en générale de chansons qui sont dans les charts du moment. Je les enregistre rapidement et les publie sur mon compte Soundcloud comme faisant partie de mes ‘Coffee Break Covers’. Par exemple, j’ai publié une version de ‘Laura’ de Bat For Lashes le jour même où le single est sorti. Ma femme s’appelle Laura, j’ai trouvé cette chanson géniale, et j’ai voulu en faire ma propre version. L’idée derrière les enregistrements ‘coffee break’ était d’enregistrer en une prise, ne jamais retoucher, à peine mixer avec le format piano, voix et parfois un beat d’accompagnement. ‘Dry Bones’ m’est venu à l’esprit à un moment où je n’avais pas de chanson du moment en tête. Je l’ai enregistré en trois ou quatre prises, et quand le reste des musiciens est revenu de pause, je leur ai fait écouter. Ils étaient un peu sur le cul, ils l’ont adorée et m’ont dit de l’inclure dans la tracklist du disque comme pour donner un certain contraste avec le reste. Lorsque je l’ai présenté au label, la réaction a été la même, ils la trouvaient impressionnante, à la fois bizarre et jazzy, ce qui me correspond. C’est devenu la chanson qui fait le pont entre la première et la deuxième partie de ‘Cockroach’ en quelque sorte…

‘Un crooner venu du froid, entre Chet baker et Portishead…’. C’est ainsi que te décrivaient Les Inrockuptibles en 1997… Plutôt flatteur, non? Es-tu toujours d’accord avec ce portrait rapide?

Évidemment, c’était super flatteur que l’on parle de moi en ces termes dès mon premier album… Chet est toujours une inspiration unique pour moi en ce qui concerne la technique vocale, la sensibilité et l’écriture… J’ai plein d’autres influences pour les arrangements et la production, mais quant aux chansons en elles-même, Chet est ma plus grande inspiration depuis que je l’ai vu en concert quand j’avais 15 ou 16 ans. Avant ça, mon truc était plus la musique pop, j’écrivais des chansons pop. Mais quand j’ai eu la chance de le voir, ce fut un moment tellement magique pour moi… Je te dirais que ce concert a changé ma vie… Avant, je pensais que, pour être un chanteur, il était presque impératif d’être extraverti, de chanter haut, fort, avec fierté. Mais lorsque j’ai vu Chet, je me suis rendu compte qu’il était possible de chanter tout en étant d’une timidité presque maladive. Je me rappelle qu’il tournait sa chaise pour se cacher de la lumière et jouer dans l’obscurité. On pouvait s’apercevoir qu’il ne se sentait pas à l’aise sur scène. Malgré tout, il exprimait de telles choses… Plus jeune, j’étais moi-même timide, donc ce fut une sorte de révélation pour moi. Si lui pouvait le faire, pourquoi pas moi! Il a été déterminant.
Lorsque j’ai commencé à mettre en forme les chansons de mon premier disque, celles-ci étaient très orientées jazz. J’ai formé un quartet pour m’accompagner en studio et sur scène mais, alors qu’on répétait, j’avais cette sensation que ce que l’on faisait était trop rétro, trop ennuyeux. J’ai toujours été une personne très intéressée par la musique de son temps. Je nous trouvais chiant… Je me suis donc séparé de ces musiciens et, au début de l’année 1994, j’avais évidemment déjà écouté Massive Attack et ce que publiait MoWax. Mais quand le ‘Dummy’ de Portishead est sorti, j’ai ressenti une nouvelle fois que c’était ce dont j’avais besoin pour avancer dans ma propre musique… J’ai récupéré tous mes disques (principalement des bandes originales de films) et, en studio, j’ai passé les 45t en vitesse 33 tours pour obtenir un rythme plus lent. C’était des b-sides de disques de Francis Lai, Michel Legrand, des BO de James Bond, dont j’ai ensuite samplé certains éléments. J’ai ensuite posé ma voix et mes bases jazzy… Pour moi, ce mélange était bien plus intéressant que ce que j’avais fait auparavant, j’avais la sensation de me rapprocher de ce que je recherchais depuis le début. C’est comme ça que ‘Whisky’ est né…

Pourrait-on donc en conclure que ‘Spellbound’ est ton côté Chet Baker…?

Tu as tout à fait raison. Je crois que ma manière d’écrire aurait pu me permettre de réaliser ce genre de disque auparavant. Les chansons de ‘Long Term Physical Effects’ ou ‘Self Portrait’ pouvaient également se prêter à ce format plus dénudé. En fait, presque tous mes albums auraient pu être abordés de la même manière que le fut ‘Speelbound’, avec des arrangements plus minimalistes… Mais je n’ai pas décidé de faire de ‘Spellbound’ un disque avec des ingrédients à la Chet Baker. Quand tu veux faire un disque avec des arrangement plus minimaux, ça en fait certainement quelque chose de plus intemporel. Comme l’est la musique de Chet Baker selon moi.

Tu m’as dit auparavant que tu pensais ‘Cockroach’ comme un disque avec deux parties bien distinctes… Tu abordes toujours tes disques de cette manière, face A-face B?

Oui, je pense toujours mes albums comme ça, c’est certainement à cause de l’âge (rires)… Le vinyle de ‘Cockroach’ vient de sortir d’ailleurs. Je sais exactement comment mes albums antérieurs auraient du être séparés s’ils étaient sortis en vinyle. Pour celui de ‘Cockroach’, le disque était trop long pour être publié un simple LP, et je ne voulais pas en faire un double. On a donc enlevé deux chansons pour qu’il loge sur un simple. ‘Dry Bones’ et ‘Insomnia’ ny ’apparaissent donc pas.

As-tu la sensation de ne pas avoir été compris à de l’époque ‘Antenna’, malgré son succès commercial? Les gens t’ont associé à une musique up tempo alors que tu étais toujours ce Jay Jay mélancolique…

Oui, je crois qu’il y a eu pas mal d’incompréhensions autour de ce disque. C’est de ma faute, ou plutôt celle de la maison de disque… As-tu écouté la version démo de ‘On The Radio’?

Oui…

À l’origine, ‘On The Radio’ est une chanson triste, sur la solitude… Tous les morceaux de ‘Antenna’ que j’ai écris avant “On The Radio’ (‘Tomorrow’, ‘Cookie’, ‘1994’, ‘Kate’) étaient tous au départ des chansons typiquement Jay Jay Johanson dans ma tête. La seule différence étant que j’avais décidé de travailler avec des producteurs allemands pour leur donner cette touche plus électronique, ce qui était plutôt la tendance du moment… Björk, Radiohead se tournaient tous dans cette direction. La manière dont on a combiné les parties électroniques de Funkstörung, et l’orchestre symphonique enregistré à Stockholm, donnait un résultat génial… La dernière chanson enregistrée était ‘On The Radio’. J’ai décidé de demander à l’un de mes amis de la remixer, un peu comme ce que l’on avait fait sur ‘Tattoo’ avec ‘I Guess I’m Just A Fool’ qui est devenu ensuite ‘Friday At The Rex’, et une version plus up tempo… Cette relecture de la chanson m’a tellement plus que j’ai voulu qu’elle fasse partie intégrante du disque, et même qu’elle l’ouvre!

‘On The Radio’ était la seule chanson up tempo, les autres étaient un mélange d’électronique et d’orchestre symphonique. J’ai présenté la chanson à mon label, et ils étaient super contents du résultat… Vu que je suis sur une major, le label suédois a envoyé le disque aux autre divisions du label dans le monde entier et, pour la première fois, on a eu de bonnes et fortes réactions en provenance des États-Unis. Ils nous ont dit qu’ils voulaient publier le disque là-bas et le travailler… Pour nous, c’était une super opportunité, c’était la première fois que j’avais l’occasion de percer aux USA. Mais l’une des premières choses qu’ils ont demandé était si l’on avait d’autres chansons du style de ‘On The Radio’! Ça nous a pris par surprise à vrai dire… Sur le coup, on a voulu répondre à leur attente, et j’ai donc redemandé aux types qui ont remixé ‘On The Radio’ de proposer d’autres idées. De cette collaboration sont nées ‘Automatic Lover’ et ‘Déjà Vu’… Une fois que les USA ont centré leur attention sur ‘On The Radio’, le reste du monde a suivi, et c’est devenu mon plus gros succès commercial. Mais c’était un peu triste pour moi car ce n’était pas l’idée originale du disque…

On a même vu un changement physique chez toi durant la période ‘Antenna’…

Ce fut un autre malentendu, je crois… Vu que, finalement, ce qui avait le plus plu était mes chansons retravaillées, lorsqu’on a fait la session photo, j’ai laissé les stylistes et photographes me retravailler également… Le coiffeur a fait ce qu’il voulait avec moi, la maquilleuse également, les stylistes et photographe ont décidé de ne pas m’habiller, et le résultat est devenu comme un remix de ma propre personne. Mais éphémère car, deux semaines plus tard, la couleur de cheveux était partie, mes cheveux coupés… C’était un personnage qui a existé pendant deux semaines, rien de plus…

Tu te sens proche de la culture française? Tu as collaboré avec Autour de Lucie, l’un de ses membres a également produit des chansons avec toi sur ‘Rush’, tu a écris la chanson ‘Paris’, ‘Quel Dommage’, la B.O. de ‘La Confusion Des Genres’…

Quand j’étais plus jeune, le seul endroit où je partais en voyage était Londres, j’y allais deux fois par an. Quand ‘Whisky’ est sorti, ce fut d’abord en France… Du coup, c’est devenu un peu mon pays d’adoption artistique. Durant toute ma jeunesse, j’avais été très inspiré par la culture anglaise. Soudain, cet accueil que m’a reservé la France a fait que je me suis intéressé à cette culture complètement nouvelle pour moi. Le seule artiste que je connaissais jusque là était Serge Gainsbourg, en gros le seul chanteur dont on entendait parler en Suède. Aussi, ma fascination pour les bandes originales de film a fait que je connaissais également Francis Lai et Michel Legrand. Mais c’est quand j’ai commencé à venir en France pour la promo ou en tournée que j’ai découvert la richesse incroyable de cette culture. J’ai découvert l’ampleur de l’oeuvre des artistes que je t’ai cité auparavant. A ce moment là, il n’y avait pas de Wikipédia, je ne connaissais finalement que très peu de l’oeuvre de Gainsbourg par exemple. Je me suis donc plongé dans cette culture qui m’a immédiatement inspirée. Mon succès en France pendant les années 90 a fait qu’on a commencé à m’inviter à des diners fantastiques, des évènements géniaux, des vernissages d’artistes, au Festival de Cannes… Cette richesse sociale m’a poussé à m’ installer à Strasbourg. Mais bizarrement, toute cette inspiration que je ressentais n’était pas productive… J’écrivais très peu, j’étais presque trop occupé par cette vie sociale intense et amusante, je ne trouvais plus le moment pour me retrouver seul avec mon stylo devant le papier. Ce fut finalement l’année la moins productive pour moi artistiquement parlant… Je suis donc revenu à Stockholm pour reprendre le travail, tout en voyageant à Paris deux à trois fois par an pour respirer cet air qui m’inspirait tant. Je ne pouvais pas vivre en France, c’était trop bon, trop amusant pour moi… J’avais besoin de retrouver un endroit calme et ennuyant.

Tu as déjà sorti deux best-ofs. Crois-tu qu’il est nécéssaire de compiler régulièrement ta carrière, ou est-ce juste une stratégie marketing de ton label?

‘Prologue’, le premier greatest hits, est juste sorti aux Etats Unis après le succès de ‘Antenna’. En février 2013, un nouveau best-of a été publié. Cette fois, il était destiné au marché suédois, mon pays qui m’ignore depuis 18 ans. Ces deux disques sont donc sortis de manière stratégique par ma maison de disque. Certains pays les ont importé également mais, pour l’instant, je n’ai pas de best-of qui ait été officiellement publié en France par exemple…

J’ai lu que tu prévoyais de jouer avec deux batteurs sur certains concerts de cette tournée de présentation de ‘Cockroach’…

En effet, on a testé ce format en live au printemps dernier. On va le reprendre pour le concert du Trianon le 11 décembre à Paris, pour la date à Lyon également. On a joué en Russie avec deux batteurs, on ira en Turquie avec cette formation aussi. Pour moi, ‘Cockroach’ l’impose…

As-tu déjà pensé faire une série de concerts accompagné d’un orchestre symphonique?

Je me suis posé la question pas mal de fois. C’est quelque chose que j’adorerais pouvoir faire évidemment puisque ma musique se porte parfaitement à ce genre de format. Mais c’est très cher de monter un tel spectacle, et surtout difficile à vendre. On a eu des discussions sur le sujet en Russie. Les orchestres y sont moins chers, bien que de très haut niveau… On a joué à Moscou il y a un mois dans un nouvel endroit merveilleux, un théâtre très grand. On a parlé de cette possibilité pour l’été prochain. J’ai participé à la plupart des écritures des partitions de cordes sur mes albums. Je les ai en ma possession, donc ce serait facile de les envoyer à un chef d’orchestre pour que des musiciens répètent un ou deux jours, jusqu’à ce qu’on se joigne à eux avec les batteurs. Le label russe a même l’idée d’aller plus loin et d’enregistrer un album live pour ce show, ce que je n’ai jamais fait jusque-là… Cet endroit à Moscou serait parfait pour l’enregistrement, mais aussi pour filmer ce moment et le sortir par la suite. On verra si cela prend finalement forme…

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