Interview : Aesop Rock (09-2007)

Il est 16h30 le 13 juillet dernier. Cela fait quelques jours seulement que « None Shall Pass » tourne sur notre platine, et laisse un tel goût en bouche qu’on n’aurait décemment pas pu passer à côté d’une telle rencontre. On avait déjà croisé ce géant de pratiquement deux mètres il y a quelques années, peu bavard à l’époque, laissant même jusqu’à une impression mitigée. Prévus donc en fin d’après midi, et tout dernier de la longue liste d’interviews qui se sont enchainées toute la journée, on s’attendait ni plus ni moins au même sort. Mais, comme il le dit dans cette interview, Aesop Rock a mûri, n’est plus vraiment le même, et pour notre entière satisfaction, a pris ici le temps de développer chacune de ses réponses. Le nouvel album, le passé, sa femme musicienne, New York et San Francisco, ses différents projets, tout y passe en profondeur. C’est long, mais c’est bon…

« None Shall Pass », ton nouvel album, est sur le point de sortir. Peux-tu nous dire dans quel état d’esprit tu l’as abordé par rapport aux précédents?

Aesop Rock

Cette fois, je ne voulais plus vraiment parler de moi directement. Je le fais encore, c’est sûr, mais dans un contexte différent, par le biais d’histoires revenant sur les diverses périodes de la vie d’un homme, que ce soit l’enfance, le lycée, ou l’université. Je ne voulais plus revenir à des textes relatant ce que j’ai pu faire et vivre dans le passé, et ce que je suis aujourd’hui. Tout cela semblait pour moi trop répétitif et j’ai opté pour quelque chose de plus réfléchi. Musicalement aussi, j’ai de nouveau fait confiance à Blockhead, avec qui je forme le noyau producteur, en incorporant cette fois plus d’instruments live. Et nous avons pris beaucoup de plaisir ainsi. Tout cela fait que j’ai vraiment le sentiment de proposer quelque chose de neuf.

Justement, en parlant de Blockhead, vous travaillez ensemble depuis très longtemps. Selon toi, qu’a t-il de plus qu’un autre?

C’est un ami, et nous faisons de la musique ensemble depuis l’âge de 17 ans donc on se connaît très bien. J’ai fait connaissance avec lui avant même qu’il possède un sampler. On a toujours été sur la même longueur d’onde. Beaucoup de producteurs peuvent te livrer une version qui ne s’accorde pas parfaitement avec le Mc, qui soit assez générique si on peut dire. Lui, il te pond quelque chose qui colle avec l’humeur, la vibration, il va chercher des samples de toutes origines, les rassemble au mieux… Bref, tout ce que j’attends de lui, et en plus de cela, c’est toujours créatif, ce n’est jamais cliché, et il représente une vraie source d’inspiration pour moi quand j’arrive au stade de l’écriture. C’est très important, car j’essaye toujours d’écrire des choses très visuelles. Blockhead n’est pas du genre à répéter une boucle pendant tout un morceau, donc il expérimente, compose, et là-dessus nous sommes totalement en accord. Peu sont capables de faire ce qu’il fait.

Ce nouvel album sonne beaucoup plus rock que les précédents mais semble retrouver le groove qui caractérisait « Labor Days ». Etait-ce une manière de sonner plus direct, et de s’écarter un peu de l’étiquette un peu conceptuelle et expérimentale qui colle au catalogue Def Jux?

Non, je n’ai pas essayé de prendre des distances avec quoi que ce soit. Qu’il s’agisse de « Float », « Labor Days » et « Bazooka Tooth« , j’ai toujours essayé de faire une musique qui correspondait à mon état d’esprit du moment. D’ailleurs, mon précédent album sonne un peu différemment du reste car il est arrivé à une période assez trouble et difficile de ma vie. Cette fois, j’ai vraiment voulu raconter quelque chose, tel un vieillard assis en train de conter des histoires aux gens. Le truc, c’est que mon état d’esprit évolue chaque année, et qu’à chaque fois je tente d’aller vers quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant. Cela vient en travaillant dur et en passant par de nombreux titres qui ne valent pas la peine d’être retenus. Et, à force, tu arrives un jour à finir un titre dont tu es totalement satisfait, et dans mon cas, il s’agit souvent de quelque chose de nouveau pour moi. Je ne veux pas sonner comme si j’avais encore 20 ans, parce que j’en ai aujourd’hui 30 et que cela n’aurait pas de sens. Je laisse donc ma musique mûrir naturellement, et à mon rythme.

A mon humble avis, « Bazooka Tooth » n’est pas ton meilleur disque. Avec le recul, comment le juges-tu? Comment as-tu réagi au fait que certains de tes fans ne l’aient pas autant apprécié que les précédents? Te considères-tu comme un producteur plus mature aujourd’hui (ndlr : Aesop Rock s’était alors chargé de la majorité des productions)?

C’est vrai que j’ai été critiqué, mais paradoxalement je n’ai jamais autant vendu de disques. Il y a donc quand même pas mal de gens qui l’ont apprécié. Tu sais, plus tu deviens important, plus les gens t’aiment, plus d’autres ne se retrouvent plus dans ce que tu fais. Je ne fais pas de musique pour plaire aux gens. Avec le recul, ce disque sonne exactement comme ma vie pouvait sonner à ce moment de ma vie. Si c’est plus dur de l’écouter, c’est aussi parce que ce passage de mon existence était aussi difficile à franchir. De toute façon, je ne peux plus écouter aujourd’hui n’importe quel disque de ma discographie, puisqu’à chaque fois, ça me renvoie dans le passé. Que les gens me suivent ou non n’est franchement pas le plus important. Moi, mon but pour chaque nouvel album est de prendre des risques, pas de perdre du temps à analyser ce qui a plus ou non pour servir quelque chose qui, au final, ne serait pas représentatif de ma propre évolution. Je travaille, et une fois que c’est fini, j’espère que le disque plaira, point barre.

Revenons à « None Shall Pass ». Comment devons-nous interpréter la pochette, avec ce mouton, ce loup et cette balance?

Album “None Shall Pass” de Aesop Rock

Le principal thème de ce disque est le jugement, le fait d’être jugé par ses paires, notamment quand tu atteins un certain âge, l’âge des responsabilités. Tu ne peux alors pas échapper au jugement des gens qui sont autour de toi, et tu fais la même chose, même inconsciemment. En gros, sur cette pochette, les animaux sont incarnés par des hommes, et à toi de choisir l’animal qui correspond le mieux à ta personnalité, que tu te considères comme un loup ou comme un mouton. En gros, cela image le genre humain jugeant le genre humain.

Tu t’impliques de plus en plus dans la production. Est-ce quelque chose de rafraîchissant pour toi, et une manière d’améliorer encore tes compétences de Mc?

Bien sûr, il est toujours plus facile d’écrire sur une production sur laquelle tu as toi-même travaillé. C’est aussi pour cela que je collabore avec Blockhead, car on est tellement dans une même optique, que cela revient au même que si je produisais. Je me suis toujours impliqué à ce niveau pour chacun de mes albums, et cela me paraît vraiment naturel puisque j’ai toujours joué d’un instrument. Cela aide beaucoup à construire un morceau, c’est complémentaire et ça t’éclaircie sur la manière d’aborder le chant pour que le titre soit vraiment réussi. Tu sais ainsi combien de temps doit durer ta boucle, ou placer le break. Tout cela vient beaucoup plus facilement quand tu te places des deux côtés de la barrière. Et forcément, plus tu comprends la musique, mieux seront écrits tes textes.

Ta femme est guitariste au sein du groupe Panchman Farm et vient parfois poser quelques notes pour tes productions. Vous inspirez-vous mutuellement?

Oui, totalement. Je ne suis pas vraiment objectif puisqu’elle est ma femme, mais elle est une fantastique guitariste. Et je le pensais même avant que nous soyons ensemble (rires)… J’aurais pu tomber sur une fille qui joue dans un groupe de merde, une guitariste maladroite, mais je la trouve vraiment meilleure que beaucoup de guitaristes que j’ai pu croiser, filles ou garçons. Elle est à la fac, elle joue dans beaucoup de groupes. Panchman Farm n’est plus mais elle a déjà d’autres projets. Pour revenir à ta question, oui, ça aide beaucoup d’avoir quelqu’un comme elle à la maison, surtout que nous avons un studio à domicile pour lequel nous nous chamaillons parfois, une incroyable collection de disques à nous deux, elle a cinq guitares, j’ai une basse et pas mal d’autres équipements. Il m’arrive donc parfois de travailler, de bloquer complètement sur quelque chose, et de faire appel à elle pour avoir son avis et savoir ce qui ne va pas. On se fait vraiment confiance, et c’est très cool, c’est vraiment la première fois que j’ai ce type de relation. Souvent, quand j’ai une idée de guitare pour un titre, je lui demande de jouer la mélodie que j’ai en tête et elle trouve toujours un truc qui colle parfaitement, notamment parce qu’elle a une large culture musicale assez différente de la mienne. Pour moi, c’est un confort incommensurable.

Tu as composé la musique de deux courts-métrages. En quoi est-ce différent de la production de son propre album? Qu’auras-tu retenu de ces expériences?

J’ai vraiment adoré, et j’aimerais en faire plus. C’est marrant, c’est intéressant d’avoir à s’adapter à l’oeuvre de quelqu’un, d’avoir une ligne directrice dés le départ. Quand tu travailles pour toi, tu es totalement libre et c’est ce qu’il y a de mieux, mais à l’occasion, c’est divertissant d’avoir à changer sa manière de travailler, de s’adapter à l’ambiance d’un film. En plus, il y avait une connotation un peu politique, puisqu’il s’agissait d’un documentaire sur la frontière sud californienne et mexicaine, mettant en scène des mecs qui jouaient au volley par-dessus le mur frontalier entre les deux Etats. J’ai donc été amené à faire une musique qui colle sur ce genre d’image insolite, chose que je n’aurais jamais pensé faire. Même chose pour l’autre dont le sujet était un pêcheur parti en quête d’une énorme proie. Et cela profite aussi à mon travail, puisqu’en planchant sur ce genre de projet, il m’arrive de trouver des idées qui ne collent pas mais qui pourraient très bien s’intégrer à un futur album.

Tu as aussi travaillé sur un projet destiné aux enfants avec Jeremy Fish intitulé « The Next Best Thing », et « All Day » un Ipod Mix pour les joggeurs…

Oui, pour « The Next Best Thing », c’est justement en travaillant sur les courts-métrages que l’idée est venue. J’ai trouvé une version qui pouvait coller à ses illustrations, et cela a débouché sur ce projet commun de pseudo comptines. En fait, cela avait seulement la forme d’un livre pour enfants (accompagné d’un 45t), car ni ses dessins ni ma musique ne conviennent vraiment aux mômes. Jeremy est une connaissance de longue date, et j’ai toujours pensé que c’était presque un crime que des artistes de diverses cultures ne collaborent pas. J’ai donc eu envie de faire quelque chose avec lui, qui est aussi l’auteur de la pochette de « None Shall Pass ». Et l’on rééditera cela dans le futur. « All Day« , autre nouveauté pour moi, est un projet qui m’a été commandé par Nike et qui consiste à composer un mix instrumental de 45 minutes pour les sportifs. LCD Soundsystem l’a fait également.

Sais-tu pourquoi ils ont fait appel à toi plutôt qu’à un autre?

Non, je ne sais pas, je suppose qu’ils apprécient ce que je fais. J’ai accepté de le faire malgré que, en tant qu’artiste indépendant, je ne sois pas du genre à me faire imposer des conditions paraissant si strictes. Ils ont réussi à me convaincre en me promettant une totale liberté, en me donnant une direction très vague qui me laissait pas mal de champs libres. Ils voulaient juste quelque chose comme huit minutes correspondant à l’échauffement, une trentaine d’autres allant crescendo, puis sept pour la fin, et un mois pour boucler le tout… Ça m’a semblé tout à fait correct de leur part, tout comme le contrat, et faire une musique qui inspire les joggeurs, c’était tellement original que je n’ai pas pu refuser. Je ne signerai jamais sur une major car je ne veux pas abandonner ma liberté, et quand Nike m’a contacté, je me méfiais d’un piège de ce genre, et ce n’a pas du tout été le cas. Le contexte n’y était pas forcément non plus puisque j’étais en plein dans « None Shall Pass », en train de vraiment me prendre la tête pour faire les choses bien. Et là, quelqu’un me demande de faire en 30 ou 40 jours ce que je m’évertuais à faire en deux ans. Mais j’y ai vu une occasion de prendre un peu de recul, de respirer un peu. Je me suis donc mis totalement dans « All Day », et quand j’ai réécouté ce que j’avais fait pour l’album un mois plus tard, j’avais les idées beaucoup plus claires et un meilleur jugement. Pour Nike, j’avais plus utilisé les instruments que les samples, j’y ai pris goût et quand je suis revenu à l’album, j’ai viré des samples pour les remplacer par des instruments. Du coup, ce qui me paraissait au départ comme un projet peu attrayant, a eu un impact très bénéfique sur « None Shall Pass ».

Du coup, et plus légèrement, on ne doit pas en conclure que tu es fin prêt pour la paternité, et une activité sportive régulière…

Non, non, vraiment pas. Mais c’est drôle parce que ma femme court un peu, et je me suis un peu servi d’elle comme cobaye pour ce projet. Du coup, elle partait avec la musique et me disait à son retour ce que je devais changer (rires).

Comme Jeremy Fish, tu as déménagé de New York à San Francisco. Ce changement a fait l’objet de beaucoup de discussions sur internet. Comment réagis-tu face à ceux qui vont jusqu’à parler de trahison et dire que New York a perdu un de ses artistes les plus représentatifs de la ville?

Ils ne m’ont pas perdu, j’y retourne régulièrement avec ma femme. Tout ce que je connais, c’est New York, j’y ai vécu pendant 29 ans. J’ai bougé à San Francisco parce que je me suis marié et que ma femme ne pouvait pas quitter son travail et son groupe. Moi, je pouvais me le permettre puisque je suis seul avec mon studio. J’ai eu aussi envie de voir quelque chose, découvrir un autre mode de vie puisque c’est très différent de la côte Est. Et j’aime aussi beaucoup San Francisco, c’est une ville très fun.

Penses tu que cette nouvelle ville ait un impact sur ta musique?

Non, je ne pense pas. Le plus gros impact que tout cela ait pu avoir sur moi réside seulement dans le fait que je ne sois plus à New York ou je connais tout, ou j’ai tout mon confort, ainsi que beaucoup de connaissances, et ou je peux faire énormément de choses. Être distrait aussi. À San Francisco, je ne connais personne, je me perd en ville, donc je suis beaucoup plus incité à travailler chez moi. Mais je reste un mec de la côte Est, et j’aime plus que tout le hip hop de New York. Il n’était donc pas question de me mettre au son californien.

Etre musicien n’est pas vraiment chose facile. Peut-être que ça l’est un peu plus pour toi étant donné que tu es de plus en plus connu. Y a t-il encore des difficultés que tu rencontres aujourd’hui?

Je ne suis pas si connu que ça. Je peux payer mon loyer, mais si j’arrêtais, je ne serais pas dans une situation très confortable, et mon banquier ne tarderait pas à m’appeler. C’est difficile, notamment avec tous ces changements dans l’industrie musicale ou l’idée d’enregistrer de la musique passe littéralement par la fenêtre. Les ventes de Cds ne cessent de chuter, plus personne n’achète de musique, donc nous, artistes, devons tourner sans cesse. Moi, j’adore cela, mais tu vas voir un groupe que tu aimes une fois, peut être pas deux. Et tu as l’obligation de retourner composer pour proposer quelque chose de nouveau. Ce qui est dommage, c’est qu’aujourd’hui tu as de meilleures conditions d’enregistrement que dans les années 70, et tout le monde finit par écouter de la musique en MP3 de basse qualité, ce qui n’a absolument rien à voir avec écouter un original sur une bonne chaîne hi-fi. Du coup, tu as le sentiment qu’être perfectionniste comme je le suis ne sert à rien puisqu’une seule chose importe aux kids dorénavant: être le premier du quartier à avoir tel ou tel morceau, ou être le premier à dire sur internet ce qui est bon ou mauvais en termes de musique. Et ils se moquent totalement du reste. C’est une époque difficile et personne ne sait où l’on va, personne ne sait quoi faire. Doit-on continuer à prendre des pubs dans les magazines ou seulement sur internet? Doit-on continuer à sortir des disques ou les proposer uniquement en téléchargement? Quand j’étais jeune, j’achetais un maxi et, s’il me plaisait, je prenais ensuite le risque d’acheter l’album. Aujourd’hui, un gamin peut très bien se dire que je n’ai pas besoin de fric puisque je suis connu, et aller télécharger mon album. C’est un raisonnement incompréhensible. Ce même gamin va t-il dans une pizzeria, se barre t-il sans payer parce que le pizzaïolo enquille toute la journée? Moi, j’essaye tous les jours de préserver mon travail, et ce gamin doit aussi savoir que quand je ne tourne pas et que je prépare un nouveau disque durant deux ans, l’argent ne rentre pas et j’ai besoin de bouffer. Tout le monde essaye de s’adapter, Def Jux me propose même de sortir un maxi uniquement en digital mais je refuse catégoriquement. Ca semblerait ridicule pour moi, mais je serai peut-être amené à le faire dans cinq ou dix ans quand le Cd n’existera plus du tout. C’est dur quand tu as le souci du moindre détail, tant au niveau de la production, que de la couleur de la pochette ou du vynil. Maintenant tu as tous les morceaux en quelques secondes. Et après? La seule chose qu’il ne faut pas oublier, c’est de sortir de vrais et bons disques. Le reste ne fait que te sentir vieux, alors je m’enferme dans mon studio.

Quand tu jettes un oeil au passé, quelles sont les choses que tu ne referais pas ou que tu referais autrement?

Je ne pense pas que je changerais quoi que ce soit. J’étais assez anxieux de quitter New York, mais vu que j’y retourne souvent, je ne suis plus trop préoccupé par ça. Pour être honnête, ces deux dernières années ont peut-être été les plus intéressantes de toute ma vie. Je suis bien mieux moralement, notamment parce que j’ai vraiment le sentiment d’avoir fait là un très bon album. Là, à l’heure ou je te parle, je suis bien dans mes pompes, je pense que j’ai fait du bon boulot même si ça n’empêche pas que je sois un peu tendu la sortie approchant. Depuis « Labor Days », j’étais comme dans une spirale qui me rendait nerveux. Aujourd’hui, je sais ou j’en suis, je suis marié, posé, j’ai vraiment le sentiment d’avoir mûri, bien plus que je ne l’aurais jamais pensé. J’ai pour l’instant vécu une belle expérience, et je pense qu’être parti de New York a fini de provoquer un véritable ouragan, bénéfique dans ma tête et dans ma vie.

Le mot de la fin?

J’ai besoin que vous achetiez tous ce putain de disque…

Ecoutez un extrait ici.

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