Interview : Zenzile (01-1998)

On s’appelle Zenzile, on vient d’Angers et on joue du dub sans restriction. Nous sommes cinq musiciens, deux techniciens: basse, batterie, guitare, clavier, percus, saxophone et flûte. Les sonorisateurs se chargent des effets.

Pour ces effets, utilisez-vous des machines ?

Absolument pas. En tous les cas, pas de digital, que de l’organique et de l’analogique et tous les effets habituels tels que la reverb. On utilise un mini-disc pour sampler des voix isolées de la musique.

Vous reconnaissez-vous des influences ?

Elles sont très variées. On vient d’horizons musicaux différents et on s’est retrouvé en phase sur le reggae et le dub. Surtout le dub, parce que dans le groupe, il y en a qui ne supportent pas Bob Marley, par exemple. On a aussi des influences hardcore, jazz, hip hop voire même rock.

Qu’avez-vous produit jusqu’à maintenant ?

On a fait trois démos sachant que la dernière n’a pas été diffusé. On l’a juste fait pour bosser des nouvelles compositions. Et puis, il s’est avéré que le son était correct et que l’on pouvait en faire quelque chose, c’est à dire un CD promotionnel à la base. On a isolé quatre titres de cette démo pour faire 1000 CDs autoproduits de A à Z. On en prend 600 pour la promo et le reste à la vente.

Quels sont vos projets ?

On a la vision d’une vie de groupe à peu près identique à n’importe qui, qui a envie de faire sa musique et d’en vivre avec la restriction que le groupe ne fait vivre personne. Chacun se débrouille et on parvient à répéter et à faire des concerts …. On va à notre rythme.

Qu’en est-il de l’aide du Chabada ?

II y a une espèce de partenariat qui s’est fait depuis la rentrée parce qu’eux ont l’obligation dans leur cahier des charges d’aider les groupes locaux. Ils ont pris Zenzile, la Ruda, les Farfadas… Leur aide se cantonne à mille cartes postales qu’ils nous ont faites et quelques envois grâce à leurs soins qui n’ont pas été très loin. On pouvait profiter aussi de conditions de répétitions superbes mais on ne l’a pas fait. On a toujours eu la volonté de faire les choses par nous-mêmes, donc on n’a pas eu vraiment besoin de ce qu’ils nous proposaient. Ceci dit, le quatre titres a été enregistré là-bas mais on n’a pas utilisé le matériel de la salle.

Avez-vous cherché à travailler des choses comme l’éclairage… ?

Les sonorisateurs avec nous sont membres du groupe à part entière. Yann et Tanguy font partie de Zenzile. Quand Yann a commencé à bosser avec nous, on bossait déjà avec Bruno, et vu qu’il avait de bonnes idées d’éclairage, qu’il ne pouvait pas nous suivre sur la tournée, on ne s’est pas pris la tête là-dessus. On donne priorité au résultat sonore. Par contre, on voudrait réunir des disciplines comme la musique, la danse, le cinéma. On doit faire un concert avec deux danseurs d’Angers. On verra le résultat mais on veut vivre cette expérience.

El Zone Busta a un peu la même vision des choses sur Angers…

C’est différent, ils viennent d’une association qui est pluridisciplinaire au départ, donc ils mélangent plein de choses : danse, graph, jongleries, musique… Sur scène, ils mélangent des personnes qui viennent faire leur performance. Nous, c’est vraiment en tant que bande sonore que l’on veut le faire, mais c’est exceptionnel. On aime le côté performance live. Ce n’est pas que l’on se situe contre la nouvelle tendance machine, moi j’aime bien sur disque mais le problème c’est que sur scène, ça manque de chaleur et d’humanité. II y a des groupes qui ont tout sur machine et qui ramènent quelques musiciens comme ça. II n y a pas beaucoup de prises de risque. Des musiques comme le dub, tu peux vraiment tout faire chez toi. J’aime l’esprit club sur scène que les anglais ont toujours eu mais que nous on n’a pas au niveau culture en France. Cela doit vraiment s’adapter aux petites salles. A partir du moment ou il y a des musiciens, c’est un concert pas un club.

Comment se porte la scène dub française ?

II y a les Improvisator Dub à Bordeaux, les High Tone… On a fait quelques concerts avec eux, on s’est connecté et on a découvert que ces groupes-là existaient. Ils font eux aussi du dub avec instruments et ce n’est plutôt pas mal. Nous, on fait de la musique, du dub mais si on veut faire de la disco ou du funk on le fait. Les scènes sont de plus en plus restreintes à cause du fait que les groupes sont systématiquement étiquetés. Notre but n’est pas de copier, j’apprécie le dub et on ne veut pas sonner comme mais sonner nous, avoir une identité propre. Nos morceaux ne sont pas vraiment structurés et peuvent durer autant de temps que nous le voulons. On veut faire du dub vivant. Ce qui nous a branché, c’est de faire une musique simple mais qui se joue avec le feeling. On tente d’installer une certaine cohésion entre nous et ensuite on le procurera au public en live. On est également conscient qu’en studio, il est difficile de retranscrire la chaleur live de cette musique

Tout faire vous-mêmes concerne également la production ? Cherchez-vous à vous connecter avec des labels ?

Tu sais j’ai vécu le courant alternatif aux concerts, j’ai vu toutes les illusions qu’avaient les gens, comment ça s’est passé, que le business a tout rattrapé. Maintenant, ce serait vraiment cracher dans la soupe que de dire je ferai tout tout seul. Tu as une fierté, tu as un résultat, c’est ton boulot qui a été en cause, tu sais là où tu as merdé et réussi. Ca, c’est une fierté et il n’y a personne qui vient se sucrer sur ton dos en en branlant pas une. Mais, si on a l’occasion de bosser avec des gens motivés et pas forcément thunés qui veulent faire avancer le truc avec nous, il n’y a pas de problème, au contraire. On n’a pas de principe. Au stade ou on en est, on diffuse notre musique.

Vous avez déjà des contacts avec des labels ?

On a quelques contacts mais que de distribution. On verra ça plus tard, si les 1000 que l’on a fait marchent. En ce moment, on a pas mal de contacts pour des compilations françaises et anglaises. Pour l’instant, on n’a pas trop le temps de refaire le répertoire, de bosser des morceaux. On est presque à court.

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